REGRESSION

Il n’y a pas vraiment d’espace pour la régression au sens spécifique freudien dans l’évaluation des causes de la pathologie mentale du système adlérien. La régression comme telle est un fait normal qui forme la base de l’activité et de la pensée humaines. Ce qui « fournit le point de départ à l’évolution d’une névrose – pour Adler – c’est le sentiment menaçant d’insécurité et d’infériorité, sentiment qui engendre le désir irrésistible de trouver un but susceptible de rendre la vie supportable, en lui assurant une direction, source de calme et de sécurité » («  Le sens de la Vie« , op. cit. p 16). Dans ce sens fictionnel il n’y a pas régression : il y a fiction tendancieuse plus ou moins manifeste, plus ou moins du côté ‘utile’ ou ‘inutile’ (adaptation efficace ou inefficace) de la vie.
Les fictions reposent sur les expériences anciennes et par ailleurs composent aussi le sens adlérien de ‘régression’ qui fait référence aux couches fictionnelles que l’enfant a su développer. Toujours actuelles, elles sont cristallisées dans son ‘style de vie’. La Psychologie Individuelle ne considère pas la régression comme faisant partie d’une évolution en phases ou en étapes que l’enfant peut ‘récupérer’ par stratégies défensives inconscientes dans certains moments de difficulté. La régression est normale et quotidienne du moment qu’elle représente la force et l’effet des fictions, qui peuvent être plus ou moins rigidifiées, et produire par conséquence un ‘style de vie’ constamment reproducteur de lui-même ou, au contraire plus ouvert.

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