INCONSCIENT

(das Unbewusste)

Fidèle à son penchant holiste (Goldstein), Adler n’envisage pas une structure psychique qui voit la conscience en opposition à un inconscient, et pour autant il sait que l’homme n’est pas ‘maître chez soi’. Dans le Livre de la santé pour le métier de tailleur de 1898, la notion de cette ‘entité’ n’apparaît même pas, ni dans les articles d’avant 1904. D’ailleurs, dès 1912, avec l’introduction du système fictionnel, conscience et inconscience ne divergent pas comme deux pôles antagonistes mais tendent à converger au plan d’une même fiction directrice. Entre-temps, le concept d’inconscient évolue parallèlement à l’éloignement d’Adler de Freud : au lieu d’indiquer principalement une topique déterminée, il vise chez Adler une dimension non accessible aux fonctions cognitives, donc désigne plutôt une différence entre connaissance et non-connaissance. La référence à un différent concept de conscience, plus ‘élargie’, fait diverger l’idée d’inconscient adlérien par rapport au freudien. De cela l’introduction tardive (1933) du terme ‘incompris’, en témoigne et vient prendre la relève de l’Unbewusste. Par le paradigme holiste, Adler conçoit l’inconscient comme une fonction de la psyché et non une partie. Il est ‘l’artifice’ par lequel s’installe la rigidité des fictions qui dépendent du sentiment d’infériorité. Mais les fictions en soi – théoriquement – ne demandent pas cet artifice qui est l’inconscient.
J’ai souligné dans le livre le sens pragmatique de ce terme ‘incompris’, pour indiquer le dynamisme psychique comme passage de l’inconscient – fiction tendancieuse – à la conscience – fiction directrice – car en thérapie adlérienne l’inconscient est cliniquement le même que pour toute la psychanalyse et la psychothérapie.

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