Pr Andrea Ferrero : Une psychothérapie modulée sur le fonctionnement psychopathologique

Pr Andrea Ferrero : Une psychothérapie modulée sur le fonctionnement psychopathologique

Présentation du livre du Pr Andrea Ferrero

En marge de la Conférence Internationale de Psychologie Individuelle qui s’est tenue le 19 Novembre 2018 à Vienne, le Pr Andrea Ferrero de l’Université de Turin, également formateur invité à l’Institut Alfred Adler de Paris, a présenté la version anglaise de son livre « Une psychothérapie modulée sur le fonctionnement psychopathologique. Le modèle sur-mesure de la psychothérapie psychodynamique adlérienne. »

Cet ouvrage est paru dans sa version française en 2014 aux éditions l’Harmattan, Paris, préfacé par Madame Alessandra Zambelli, Directrice des formations et Responsable des Relations Internationales de l’Institut Aldred Adler de Paris.

Pr Andrea Ferrero

Psychiatre, Psychothérapeute

L’auteur, Andrea Ferrero est depuis bientôt 40 ans un médecin psychiatre reconnu. Il est également psychothérapeute adlérien, psychanalyste, superviseur et ancien professeur d’université à Turin en Italie. Grand spécialiste d’Alfred Adler, il est depuis 1999, président de la Section Internationale Theory & Research de l’IAIP (International Association of Individual Psychology). Il est également président du CA et superviseur de l’Adlerian Psychodynamic Psychotherapies, training & research center à Turin.
Il est l’auteur de plusieurs livres et a publié plus de 100 articles dans de nombreuses revues scientifiques en Italie, en Europe et aux États-Unis.

La psychologie individuelle :

3 paradigmes théoriques

L’unité psycho-somatique de l’individu

Tous les individus éprouvent un sentiment d’infériorité inconscient, qui est enraciné et exprimé à la fois dans les traits biologiques du tempérament et dans les traits psycho-sociaux du caractère.
Les individus essaient d’y faire face par des compensations psychiques ou somatiques, selon deux méthodes différentes: accroître leurs compétences (aspiration vers la supériorité) et développer leur capacité d’inclusion et de coopération (sentiment social) ou utiliser les deux.

La régulation du moi

La possibilité pour un individu de construire, dès son plus jeune âge, une image de soi cohérente et une identité stable est liée à la satisfaction des besoins en amour et en la tendresse première des parents.
L’individu développe ses propres stratégies conscientes et inconscientes pour faire face aux difficultés de la vie de manière cohérente avec l’image de lui-même qu’il s’est développée.
Le style de vie unique et irremplaçable décrit la manière spécifique dont il réagit et s’adapte aux événements de la vie et à ses propres expériences intérieures.

Les modules relationnels

Le sens psychologique des manifestations humaines ne peut être séparé des interactions que chaque individu vit avec ses semblables.
Les modalités selon lesquelles ces relations significatives sont enregistrées et intériorisées, même inconsciemment, constituent les « images guides » qui vont conditionner comment s’orienter dans la vie (fictions).
En ce sens, les modules relationnels représentent également le fil rouge symbolique qui relie les éléments du style de vie, qu’ils soient en accord ou en contradiction.

Que sont

les APP ?

Au-delà des symptômes, le contexte psychopathologique

Les APP sont des psychothérapies basées sur une lecture psychopathologique-dynamique de la pathologie, spécifiquement orientée selon la reconnaissance des différents Niveaux de Fonctionnement Psychopathologique (PFL) du patient.

Le diagnostic catégoriel, basé sur une évaluation exclusivement symptomatique, ne fournit pas, en effet, d’indications suffisantes pour guider le projet clinique et le cadre technique de la psychothérapie. Une évaluation des éléments dysfonctionnels à la base du trouble est indispensable.

L’Echelle d’Evaluation des Niveaux de Fonctionnement Psychopatologique (PFL-RS) est un outil visant à identifier, sur 7 niveaux de gravité, le fonctionnement du patient dans 5 domaines :

  • Identité (ID), à savoir l’identification des aspects de déficit de la structure primaire du soi et/ou de dérèglements conflictuels
  • Compréhension (CO), à savoir les diverses capacités de mentalisation et d’orientation de l’attention exécutive dans le sens du projet
  • Émotions négatives (EM), à savoir la qualité, la différenciation, la stabilité et la conformité des émotions négatives
  • Action/Régulation des comportements (RA), à savoir la détection de toute tendance à l’inhibition du comportement ou à l’impulsivité auto/hétéro, et la tendance à mettre en action les vécus psychiques
  • Les compétences sociales (SS), à savoir les problèmes de qualité et de constance des relations sociales et les difficultés de modulation de la distance relationnelle.

La possibilité d’identifier les forces du patient et les zones de dysfonctionnements plus importants permet de façonner des interventions thérapeutiques «sur mesure» pour le patient. Les objectifs cliniques visent à modifier non seulement les symptômes, mais également d’importants aspects du fonctionnement du patient, tout en soutenant et en renforçant ses ressources les plus adaptatives.

Le modèle des PPA prévoit donc la possibilité de configurer des traitements avec un cadre thérapeutique différencié, sans limite de temps ou dans un temps imparti.

Les interventions limitées dans le temps sont codées selon des modules de 10, 15 ou 24 sessions hebdomadaires (B-APP: Brief Adlerian Psychodynamic Psychotherapy) ou en modules séquentiels de 40 sessions hebdomadaires (SB-APP: Sequential Brief Adlerian Psychothérapie psychodynamique), praticables notamment dans le contexte du service public, en ambulatoire ou même en résidentiel.

Les APP limitées dans le temps ont également fait leurs preuves dans le traitement des troubles anxieux et des troubles mineurs de l’humeur, des troubles alimentaires et des troubles de la personnalité.

Week-end des 10 & 11 Novembre 2018

Week-end des 10 & 11 Novembre 2018

Samedi 10 & Dimanche 11 Novembre 2018

Formation Psychanalyste FOAD (Formation Ouverte & à Distance)

4ème Session, Année 2

Samedi 10 Novembre :

Journée Scientifique Interdisciplinaire, cours ouvert au public.

Jeu & Ludique, du virtuel au social

Nous aborderons cette journée avec la perspective de différencier jeu et ludique pour comprendre comment la dimension ludique est une énergie essentielle au pouvoir créateur, et comment le nouveau paradigme du virtuel redéfinit les représentations symboliques et la participation de l’imaginaire fictionnel à la
construction de la réalité.

Accès : Sessions ouvertes à tous les adhérents IAAP
Horaires : de 09:00 à 18:00
Adresse : Salle F (Pavillon de l’Horloge) de l’Hôpital Sainte-Anne, 1 Bis rue Cabanis, 75014 Paris

Accès : Sessions filmées réservées aux élèves inscrits (présentiel et/ou streaming)
Horaires : de 09:00 à 14:00
Adresse : Salle F, Pavillon de l’Horloge, Hôpital Sainte-Anne, 14 rue Cabanis, 75014 Paris

Jeu & Ludique : une exploitation de la violence symbolique du monde virtuel au monde social ? Ou vice-versa ?

Du défi phylogénétique de l’homme face à l’infosphère et à l’anthropocène, au combat ontogénétique dans le relationnel quotidien.

La trame virtuelle de la perception, le système fictionnel et téléologique du psychisme, le monde virtuel géopolitique :
Quel cadre ontologique pour l’existence corporelle de l’homme ?
Quel impact socio-économique sur le psychisme ?

Quel est le rôle du psychothérapeute et de sa discipline dans ce monde en vertigineux changement ?
Quelle culture pour une sauvegarde du symbolique psychique face au virtuel consumériste social?
Quelle protection pour que l’homme ne soit pas diminué par les passions tristes?

réalité virtuelle

Lorsqu’en 1985, Jaron Lanier emploie le terme oxymore de «réalité virtuelle» pour désigner la nouvelle technologie informatique qui permet la simulation de l’expérience physique, cognitive et sensorielle d’un environnement généré par des logiciels, le monde du virtuel, numérique et immatériel, n’était pas encore devenu ce qu’il est aujourd’hui : un mode de fonctionnement et d’organisation du monde, ancré dans la réalité quotidienne.
Prenons le smartphone, notre objet préféré, devenu à la place de notre cher doudou, l’objet fétiche puissant qui s’est substitué à «l’objet transitionnel». Il ne «transitionne» plus, il reste allumé en permanence et vit de lui-même. Il est là pour rester, s’infiltrer, s’imposer. A l’époque de la TV, on avait encore le choix, mais notre monde est désormais organisé dans cet espace parallèle virtuel ; qui ne l’est donc plus, si l’on fait référence au sens étymologique médiéval de virtuel, dérivé de virtus, qui signifie force, faculté,

une qualité intérieure pas nécessairement exprimée, celle qu’Aristote conceptualisait par le dunaton pour désigner l’être en puissance, animé par cette dunamis susceptible de se mettre en mouvement, de s’exprimer pour devenir à un moment précis «puissance en acte».

Le concret du virtuel peut-il donc être un avantage ? Dans ce cas, qu’est ce qui le rend si dangereux ? Il semble que ce soit son alliance avec cette autre importante dimension qui le constitue : le symbolique, et ses représentations entre imaginaire fictionnel et réalité sociétale.
Ce monde virtuel apparaît plein de confusions : une appli qui me permet d’acheter rapidement mon billet de train sans me déplacer à la gare parait pratique et ancrée dans le réel, mais celle qui me permet de poster des photos privées, sans prendre conscience que je partage mon intimité avec des inconnus à l’autre bout de la planète et sans garder le pouvoir sur leur utilisation ou leur suppression ultérieures, qu’en est-il ? Quelles conséquences pour mon psychisme ? Ce n’est plus du virtuel, mais bien de l’actuel, du concret, qui ne prend pas le sens du vrai réel. Mon smartphone, «objet du virtuel», est bien un «robot-gate» sur le symbolique, mais un symbolique prisonnier du virtuel, lui-même prisonnier de l’actuel. Quelle confusion !

Que sont en fait le symbolique et le virtuel ? Sont-ils forgés de la même chair ?
Nous enquêterons, décrirons, analyserons ce labyrinthe autant pragmatique qu’incorporel, à travers différents prismes :
. Les prismes philosophique et psychologique pour poser les points cardinaux de notre boussole qui nous aidera à maintenir la direction où la vision s’offusquera.
. Les prismes clinique et psychothérapeutique pour vérifier les hypothèses sur l’impact de ce nouveau monde sur le psychisme en évolution, tout particulièrement celui des adolescents et sa problématique identitaire centrale.

. Le prisme sociologique pour découvrir ce qui déjà se pervertit dans l’espace politique : la communication et les relations interpersonnelles dans la gestion du pouvoir.
. Le prisme technique pour dénicher l’algorithme qui transforme le virtuel en actuel, où l’outil technologique s’installe non plus comme «media», intermédiaire entre soi et l’autre, mais peut s’enraciner sous une forme addictive en lieu et place de l’expérience relationnelle.
. Le prisme du paradigme adlérien qui cherche à comprendre la souffrance humaine à partir de l’hypothèse d’un inconscient structuré entre le pôle du sentiment d’infériorité et le pôle du sentiment d’appartenance, à partir d’une chair fictionnelle et téléologique où le pouvoir créateur a statut de dunaton mais l’exigence et la responsabilité de sa dunamis.
La perspective de cette Journée de différencier Jeu et Ludique, défiant le sens étymologique et en consonance avec l’histoire de sa praxis, indique une voie de sortie de cette confusion par la récupération perceptive et la revalorisation ontologique d’une dimension intersubjective fondamentale, s’appuyant sur le paradigme bio-psycho-social adlérien.

Nous l’aborderons aussi depuis la vision du phénoménologue Eugen Fink qui donne à cette liberté le statut d’essence de la vie : la nécessité pour l’homme de s’exercer à l’existence, de ne pas se laisser fixer rigidement dans un but final, d’ouvrir son dunaton à sa dunamis, jamais achevée, dans un moment présent où il peut vivre l’actuel et le potentiel avec la dimension ludique du «comme si».
Finalement perdre cette dimension, expression d’une exigence fondamentale, signifie augmenter la souffrance de l’être humain par la perte du plaisir essentiel, par la perte de l’énergie associée à l’intégration de son esprit à son corps et son milieu.

Jour 1 – Samedi 10 Novembre – Journée Scientifique Interdisciplinaire

Session ouverte aux élèves et aux adhérents IAAP

Formation I Axe Théorique, Axe II Psychodiagnostique et Axe V Clinique

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9:00 – 9:30

Sainte-Anne

Présentation

Par Alessandra Zambelli, Responsable Formation

Accueil et présentation

Accueil des élèves et des participants. Madame Zambelli présente l’Institut Alfred Adler de Paris, la thématique de cette journée scientifique et la Formation Triennale de Psychanalyste Adlérien.

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09:30 – 10:00

Sainte-Anne

Flash Formation

Par Morgane Pidoux, Responsable de la Revue

Le cerveau, un organe ludique

Le monde réel nous envoie chaque secondes des milliers d’informations de distance, d’espace, de sons, de volumes, de vitesse, de pression et de positions que le cerveau intègre naturellement, qu’en est-il lorsque le virtuel envahit notre réalité quotidienne ?

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10:00 – 11:30

Sainte-Anne

Première Session

Alessandra Zambelli, Philosophe, Psychothérapeute, Psychanalyste, Responsable Formation IAAP

La perte du ludique dans notre vie contemporaine

« La perte du ludique dans notre vie contemporaine ». Une analyse philosophique et clinique de la dimension ludique dans la fonction symbolique et son adaptation évolutive à la vie technologique et virtuelle.

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11:45 – 13:00

Sainte-Anne

Deuxième Session

Pr Filippo Rutto, Psychologue, Maître de conférences à l’Université de Turin

Le virtuel et les ados

« Dépendance aux réseaux sociaux et aux relations virtuelles à l’adolescence. Pour cette génération, l’impact est décisif ».

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14:45 – 16:15

Sainte-Anne

Troisième Session

Hervé Etienne, Psychanalyste Existentiel, Sociologue, Superviseur, Formateur, Conférencier

Espace potentiel et jeu social

« Espace potentiel et jeu social. Comment la confusion s’installe »

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16:30 – 17:45

Sainte-Anne

Quatrième Session

Basile Cossade, Psychanalyste

"Identité et virtuel"

“ »Identité et Virtuel. Sexualité et Rapport à l’Autre par l’univers virtuel”. L’outil technologique n’est plus seulement media, moyen de transmission entre soi et l’autre, mais vient se substituer à l’expérience de l’autre.

Téléchargez le programme complet

Jour 2 – Dimanche 11 Novembre – Atelier présentiel ou streaming vidéo

Session réservée aux élèves inscrits

Formation Axe II Psychodiagnostique, Axe III Technique et Axe V Clinique

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09:00 – 11:15

Sainte-Anne

Première Session

Par Barbara Simonelli

Atelier pratique

Le cadre thérapeutique de la psychothérapie adlérienne

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11:45 – 14:00

Sainte-Anne

Deuxième Session

Par Pr Filippo Rutto

Etude de cas cliniques

Cas cliniques : structuration du parcours psychothérapeutique (suivant le même schéma que celui précédemment proposé par la collègue pour l’analyse de cas clinique).

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Quand l’enfant nous dérange et nous éclaire

Quand l’enfant nous dérange et nous éclaire

Quand l’enfant nous dérange et nous éclaire

L’enfant qui n’entre pas dans le
moule est bien souvent
le révélateur d’un dysfonctionnement,
en exprimant à travers
son symptôme des conflits familiaux inconscients.

 

“Voici un ouvrage à faire découvrir à tous les parents: il permet une vraie remise en question de notre rôle, sur notre manière de fonctionner avec nos enfants, à comprendre leurs petits et grands maux.”

Line

Blog, 2petitsloulous

“Un livre qui ne laisse pas indifférent tant il pousse le questionnement. L’enfant perçu comme difficile, comme l’enfant qui « rentre dans le moule » peut avoir quelque chose à dire de par son comportement.”

Maman Chameau

blog, seveilleretsepanouir

Virginie Megglé

Psychanalyste

Virginie Megglé est psychanalyste en région parisienne, spécialisée dans les dépendances affectives et les troubles de l’enfance et de l’adolescence. Elle est également Superviseur Adlérienne IAAP et Professeur à la SFU (Branche Française de la Sigmund Freud Université, Vienne). Sa pratique s’étend aux constellations familiales, à la psychanalyse transgénérationnelle et à la psychosomatique. Elle est notamment l’auteur de : Le bonheur d’être responsable: vivre sans culpabiliser (Odile Jacob 2014), Les séparations douloureuses, guérir de nos dépendances affectives (Eyrolles 2015), Frères, sœurs : guérir de ses blessures d’enfance (Leduc 2015), Face à l’anorexie : Le visible et l’invisible (Eyrolles 2006). Elle est également fondatrice de l’association et animatrice du site Psychanalyse en mouvement

.

Dans ce dernier ouvrage, Quand l’enfant nous dérange et nous éclaire, Virginie Megglé nous montre qu’en redonnant du sens aux maux, en comprenant les interdépendances systémiques ou transgénérationnelles, le symptôme chez l’enfant peut être l’occasion pour une famille de grandir et pour chacun de retrouver sa juste place.

… le courage que confère une intime connaissance de soi.

Extrait de

l’avant-propos

Il existe des enfants joyeux, mais rares sont ceux qui n’ont jamais fait l’expérience de la souffrance… Ne serait-ce que celle de se sentir obligés de rendre leurs parents heureux ! De s’efforcer à être sages plus que de raison en s’adonnant à d’extraordinaires mais invisibles contorsions mentales pour ne procurer aucun désagrément… La réponse à la prière implicite qu’on leur adresse de rester charmants comme au premier jour n’est pas une sinécure.

Il existe aussi des enfants heureux, très heureux qui nous comblent de leur bonheur, jusqu’à ce que survienne un signal, une contradiction, un doute, un accident… parfois un drame. C’est alors que surgira, non plus des bobos, mais l’ombre de traumas passés inaperçus. Leur reviviscence énigmatique à travers des cris et des expressions de douleurs inattendus en révélera les traces et l’empreinte profonde, éprouvante, au-delà de toute imagination.

L’enfance est généreuse et le désir la pousse à minimiser la souffrance une fois les difficultés surmontées et à pardonner aux adultes dont la volonté se fait parfois trop arbitraire ou coercitive.

Mais la pratique nous enseigne qu’une souffrance continue à agir en nous, si ce qui la produit n’est pas élucidé. Et, paradoxalement, que la manifestation d’une souffrance peut nous enseigner la joie par l’attention qu’on lui porte. Il n’est de souffrance anodine ni de difficulté méprisable. Il n’en est qui ne fassent sens quand nous les interrogeons. La vie secrète qu’elles recèlent est un trésor à l’égal de celle des arbres et des forêts. Une mine d’or et d’ingéniosité, un monde souterrain éclairant qui nous permet de redécouvrir le nôtre, de mieux entrer en contact avec notre vérité.

Les enfants sont naturellement disposés à apprendre, à aimer, à participer, à se sentir utiles, ils le sont aussi pour nous apprendre à aimer. Leur bienveillance est innée avant d’être mise en question par un climat excluant la considération de ce qui peine et laissant peu de voies à l’empathie.

Leurs difficultés, celles que nous rencontrons à leur contact, sont celles dont nous parlent les fictions. Pourquoi ne pas y porter la même attention que celle que nous portons aux chapitres d’un roman ou aux épisodes d’une série, pour mieux les connaître et se connaître, mieux se comprendre et les comprendre, mieux aimer ?

En nous ouvrant à l’enfantine souffrance, en refusant de la négliger, nous nous donnons les moyens de la transformer en une fiction heureuse. Tout en se dissipant, elle cesse dès lors de sembler inutile. Son écoute aura permis de réinsuffler du sens à la vie. Si la joie est à l’origine de la vie, elle est aussi un point d’arrivée une fois pris en compte sincèrement ce qui la contrarie.

Ce que nous percevons de nous-mêmes et du monde, au quotidien, n’est qu’une infime part de ce qui nous anime… En ouvrant notre perception au-delà du visible, nous nous offrons les moyens de transformer ce qui nous perturbe et d’optimiser notre puissance bien plus que si nous cherchions à agir directement dessus.

C’est une petite fenêtre sur ce vaste monde qu’est l’inconscient que je propose ici d’ouvrir, afin de dégager à travers un certain regard de nouvelles perspectives d’avenir.

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Adresse de l'Institut :
93 rue Beliard
75018 Paris

Tel : +33 (0)7 66 07 41 68

email:
contact(at)iaap.fr

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Week-end des 15 & 16 Septembre 2018

Week-end des 15 & 16 Septembre 2018

Samedi 15 & Dimanche 16 Septembre 2018

Formation Psychanalyste FOAD (Formation Ouverte & à Distance)

2ème Session, Année 2

Samedi 15 Septembre :

Journée Scientifique Interdisciplinaire, cours ouvert au public.

Attachement et Psychosomatique au cabinet médical

Nous aborderons la perspective psychosomatique de ce mécanisme puissant du rapport entre soma et psyché, à partir du paradigme biopsychosocial adlérien, concrétisé aujourd’hui de manière cohérente et scientifique par la théorie de l’attachement.

Accès : Sessions ouvertes à tous les adhérents IAAP
Horaires : de 09:00 à 18:00
Adresse : Salle F (Pavillon de l’Horloge) de l’Hôpital Sainte-Anne, 1 Bis rue Cabanis, 75014 Paris
Accès : Sessions filmées réservées aux élèves inscrits (présentiel et/ou streaming)
Horaires : de 09:00 à 14:00
Adresse : Salle F, Pavillon de l’Horloge, Hôpital Sainte-Anne, 14 rue Cabanis, 75014 Paris

La médecine Psychosomatique

La médecine psychosomatique – fondée sur la thèse que l’esprit peut être impliqué dans les symptômes somatiques – a émergé au début du XXe siècle, en réaction à une vision mécaniste du vivant qui avait envahi la médecine. Son concept avait été déjà posé au début du siècle précédent par le psychiatre Heinroth, professeur à l’Université de Leipzig, et avait vu évoluer sa structure épistémologique selon différents paradigmes.

Adler élabore, avec beaucoup de courage et non sans difficulté pour sa carrière professionnelle, une nouvelle conception médicale qui considère la liaison esprit-corps d’une façon directe et spécifique, anticipant de beaucoup les principes contemporains en matière de psychosomatique. Cette nouvelle conception médicale est déjà exposée en 1907 dans « La compensation psychique de l’état d’infériorité des organes ». Il démontre que, dans la sphère psychique, l’infériorité organique donne lieu à une tension, à une focalisation axée sur le domaine de l’organe déficient, qui conduit à une surcompensation par une action vicariante parfois imparfaite, sur laquelle le psychisme construira un sentiment, le plus souvent d’infériorité.

Adler observera ce sentiment, même en l’absence d’une infériorité organique. Ainsi il affirme que la maladie est un « comportement » qui investit l’organisme dans son unité. Cette définition implique que la relation d’adaptation entre un organisme et son milieu est centrale : l’organisme est toujours considéré dans son contexte.

Adler appelle ainsi les troubles somatiques “le dialecte ou jargon des organes”, puisque ces organes révèlent dans leur langage très expressif l’intention de l’individu, conçu comme organisme en situation.

L’intervention de Mme Chiara Mazzarino nous permettra d’approfondir ce concept théorique et technique.

La vision adlérienne n’était pas une conception totalement étrangère dans la pensée de certains psychanalystes. Si Freud entrevit seulement une vague possibilité d’une vraie pensée psychosomatique au-delà de la conversion hystérique, les pionniers psychosomaticiens tels Georg Groddeck, Smith Ely Jelliffe et Felix Deutsch, mais aussi l’exclu Wilhelm Reich, se repèrent parmi l’armée freudienne.

Nous explorerons avec M. Jacquy Chemouni l’évolution des modèles de pensée en psychosomatique, avec une toute particulière attention au paradigme posé par Pierre Marty dans ses deux ouvrages fondamentaux Les mouvements individuels de vie et de mort (1976) et L’ordre psychosomatique (1980), dans la poursuite de la réflexion psychosomatique inaugurée par l’Ecole de Paris.

La pensée psychosomatique est aujourd’hui un paradigme et une thérapie complémentaire à la psychothérapie, qui a su évoluer sur l’entrecroisement disciplinaire, notamment à partir des années 90, où l’on établit la connexion entre le système neurologique et le système immunitaire.

Nous aborderons cette évolution avec la conférence de M. Philippe Bobola.

La théorie de l’attachement

La théorie de l’attachement, développée par John Bowlby, en parallèle aux travaux de Donald Winnicott, a changé radicalement la perspective d’observation de l’enfant en psychanalyse freudienne.

Adler avait déjà souligné l’importance pour le développement psychique, du milieu extérieur, relationnel et d’hygiène, et insisté sur le rôle déterminant joué par la mère dans sa capacité d’entrer en contact avec son enfant, en lui apportant les soins nécessaires, dont sa tendresse, pour satisfaire son Zärtlichkeitsbedürfnis (besoin de tendresse) prodromique au Gemeinschaftsgefühl, (sentiment d’appartenance) qui ouvre et fonde le sentiment social comme principe équilibrant du psychisme.

Ces principes ont été développés de manière autonome, continue et spécialisée depuis les années 1950 par la théorie de l’attachement, devenue aujourd’hui un paradigme à part entière, et comme tel développé de manière intégrative par de multiples techniques et écoles de pensée, comme nous le verrons avec la conférence du Dr Andrea Ferrero.

relation attachement

 

La théorie de l’attachement peut ainsi constituer une aide complémentaire aux outils médicaux du médecin généraliste face à la crise psychopathologique débutante et insidieuse, lorsque le patient adulte, autant que l’enfant ou le bébé, souffre sans comprendre et exprime cette souffrance par un comportement dysfonctionnel et/ou par le corps qui psychosomatise.

Lors de cette Journée Scientifique Interdisciplinaire, nous chercherons à repérer et éclairer la perspective psychosomatique de ce mécanisme puissant et encore obscur du rapport entre soma et psyché, à partir du paradigme biopsychosocial adlérien que la théorie de l’attachement concrétise et relève aujourd’hui de manière cohérente et scientifique.

Jour 1 – Samedi 15 Septembre – Journée Scientifique Interdisciplinaire

Session ouverte aux élèves et aux adhérents IAAP

Formation I Axe Théorique, II Axe Psychodiagnostique,  Axe III Technique et Axe V Clinique

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9:00 – 9:30

Sainte-Anne

Présentation

Par Alessandra Zambelli, Responsable Formation

Accueil et présentation

Accueil des élèves et des participants pour cette journée très spéciale . Madame Zambelli présente l’Institut Alfred Adler de Paris et la Formation Triennale de Psychanalyste Adlérien.

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09:30 – 10:00

Sainte-Anne

Flash Formation

Par Morgane Pidoux, Responsable de la Revue

Le corps innervé

“Le corps innervé : neurophysiologie des interactions somatiques »

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10:00 – 11:30

Sainte-Anne

Première Session

Pr. Jacquy CHEMOUNI, Psychologue, Psychanalyste, Professeur de Psychopathologie

Pensée psychosomatique: histoire et paradigmes

“La pensée psychosomatique : Histoire et paradigmes”. Les rapports qu’entretiennent le corps et l’esprit sont au centre du questionnement de la psychosomatique qui replace l’humain au cœur du processus d’apparition de la pathologie.

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11:45 – 13:00

Sainte-Anne

Deuxième Session

Chiara MAZZARINO, Psychologue, Psychothérapeute

Le corps et son jargon

“Le corps et son jargon dans la relation médecin-patient et en psychothérapie”. (Traduction assurée par Alexandra Zambelli)

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14:45 – 16:15

Sainte-Anne

Troisième Session

Dr. Andrea Ferrero, Psychiatre, Psychothérapeute, Psychanalyste

L'attachement dans la relation thérapeutique

“Comment les perspectives biologiques et relationnelles de l’attachement se reflètent dans la relation entre médecin (ou psychologue) et patient ?”. Réflexions psychologiques, à partir d’Adler, sur les théories de Bowlby et Ainsworth jusqu’à Fonagy aujourd’hui. (Traduction assurée par Alexandra Zambelli)

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16:30 – 17:45

Sainte-Anne

Quatrième Session

Philippe Bobola, Docteur en chimie-physique, Biologiste, Professeur d’anthropologie

"Le psychosomatisme revisité"

“Nouvelles bases pour une psychobiologie du XXI siècle. Le psychosomatisme revisité”

Téléchargez le programme complet

Jour 2 – Dimanche 16 Septembre – Atelier présentiel ou streaming vidéo

Session réservée aux élèves inscrits

Formation II Axe Psychodiagnostique,  Axe III Technique et Axe V Clinique

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09:00 – 11:15

Sainte-Anne

Première Session

Par Barbara Simonelli

Atelier pratique

L’alliance thérapeutique selon une perspective adlérienne

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11:45 – 14:00

Sainte-Anne

Deuxième Session

Par Chiara Mazzarino

Etude de cas cliniques

Cas cliniques : structuration du parcours psychothérapeutique (suivant le même schéma que celui précédemment proposé par la collègue pour l’analyse de cas clinique).

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Adolescence, violence et terrorisme : la genèse de la haine

Adolescence, violence et terrorisme : la genèse de la haine

Interdisciplinarité par le dialogue entre psychologie et sociologie

Collaboration d'Alessandra Zambelli, Responsable Formation de l'Institut, à la Revue OT (OSSERVATORIO TERRORISMO) de l'ANSSAIF*

*Association Nationale Italienne des Spécialistes de Sécurité et Agence d’Intermédiation Financière

L’ébauche d’un dialogue interdisciplinaire tel que l’encourage l’IAAP dans sa volonté d’une épistémologie d’ouverture et d’interrelations théoriques et pratiques.

Journée Scientifique 3/6/2017

Journée Scientifique 3/6/2017

(Clic sur l'image pour accéder à l'archive)

« C’est avec un enthousiasme rigoureux que je me permets de souligner l’accueil rare et fin de M. Pietro Blengino, Rédacteur en Chef de la Newsletter OT Osservatorio sul Terrorismo (Observatoire sur le Terrorisme), membre du Conseil Directif de l’ A.N.S.S.A.I.F. (la plus importante association italienne d’experts de sécurité bancaire et financière), et membre du Comité de Pilotage OSSIF – A.B.I. (Association Bancaire Italienne).
En m’écrivant pour me remercier, ainsi que l’Institut Alfred Adler de Paris, pour la brève mais riche réflexion sur ”la genèse de la haine“, publié sur la Newsletter n° 8 de l’Osservatorio Terrorismo (OT – Observatoire du Terrorisme), M. Blengino a su mettre en évidence l’efficacité de l’interdisciplinarité, en particulier sur des sujets très concrets comme la sûreté et le terrorisme.
Cette affinité méthodologique spontanée (et quelque peu insolite) est précieuse, car de ses perspectives diversifiées, est née une coopération de recherche scientifique, afin d’approfondir et publier sur ces thématiques de violence et d’adolescence. Thématiques que nous abordons dans le cadre de nos formations, par le biais de journées scientifiques (comme celle du 3 Juin 2017) ou de modules spécifiques (comme le module « Ado, violence et terrorisme » inclus dans notre nouvelle formation à l’accompagnement adlérien qui débute à l’automne 2018).

Avec leur aimable autorisation, nous publions ici la traduction des textes en italien extraits de l’Editorial et de l’Introduction de la Newsletter n° 8 de l’Osservatorio Terrorismo, rédigés par le Rédacteur en chef M. Pietro Blengino. Nous publions à la suite notre article « j’ai failli devenir terroriste ». »

Mme Alessandra Zambelli
Responsable Formation IAAP

Editoriale Revue OT

NOTA DELLA REDAZIONE

In questa newsletter, raccogliamo alcune recensioni redatte da colleghi che hanno aderito all’Osservatorio. Noi continueremo nel recensire testi di possibile interesse degli iscritti, e a proporre temi per stimolare il dibattito. Attendiamo i vostri contributi!

Osservatorio Terrorismo – Newsletter numero 8

Editoriale Osservatorio Terrorismo 8

Pietro Blengino (Caporedattore),
ANSSAIF, Associazione culturale

Editorial de la Revue OT

NOTE DE LA REDACTION

Dans ce bulletin, nous présentons des contributions rédigées par des collègues ayant rejoint l’Observatoire. Nous continuerons d’examiner les textes susceptibles d’intéresser les membres et de proposer des thèmes pour stimuler le débat. Nous attendons vos contributions!

Observatoire du terrorisme – Newsletter numéro 8

Editorial du Bulletin de l'Observatoire du Terrorisme, numéro 8

Pietro Blengino (Rédacteur en Chef),
ANSSAIF, Association Culturelle

Introduzione alla newsletter n.8

INTRODUZIONE ALLA NEWSLETTER N 8 DI OT

Partendo dalle riflessioni introdotte nell’editoriale, abbiamo voluto costruire l’ottavo numero della newsletter OT cercando di ampliare gli orizzonti del nostro lavoro analizzando alcuni aspetti sociali, culturali ed economici che dobbiamo imparare a leggere anche come campanelli di allarme. Proprio a supporto di questo ambizioso traguardo ci siamo soffermati su aspetti internazionali che hanno avuto lo “svantaggio” di provare prima di noi, e sulla loro pelle, il confronto con il nuovo modello terroristico.

Osservatorio Terrorismo – Newsletter numero 8

Introduzione alla newsletter n.8

Pietro Blengino (Caporedattore)
ANSSAIF, Associazione culturale

Introduction à la newsletter n.8

INTRODUCTION A LA NEWSLETTER N 8 DE L’OT

A partir des réflexions introduites dans l’éditorial, nous avons voulu construire ce huitième numéro de la newsletter OT en cherchant à élargir l’horizon de nos travaux par l’analyse des aspects sociaux, culturels et économiques que nous devons apprendre à lire aussi comme des signaux d’alarme. Pour soutenir précisément cet objectif ambitieux, nous nous sommes concentrés sur les aspects internationaux, qui ont eu le “désavantage” d’expérimenter avant nous, et donc directement ‘dans leur peau’, la comparaison avec le nouveau modèle terroriste.

Observatoire du Terrorisme – Newsletter numéro 8

Introduction du Bulletin de l'Observatoire du Terrorisme, numéro 8

Pietro Blengino (Rédacteur en Chef),
ANSSAIF, Association Culturelle

J’ai failli devenir terroriste !

Réflexion brève, sur la nature socioéconomique et psychique de la matrice terroriste.

«Vous savez, Madame, j’ai failli devenir terroriste!»

Ces mots lourds, lucides, et apparemment sans appel, ont démarré une séance avec un patient dans mon cabinet du département 93: le Bronx de Paris. Un homme jeune, dont les yeux montraient une dureté plus mature.

Des mots qui étaient le signe d’un grand danger et, en même temps, la ligne de démarcation d’une vraie prise de conscience, d’un risque passé d’une façon ou d’une autre ainsi je me sentais de l’affronter avec une certaine sérénité.

«J’aurais voulu faire payer ma souffrance, ma rage, dans un monde où j’aurais répondu à l’injustice par la vengeance – continuait Ahmed (nom changé par respect pour l’intimité du patient) – tentant de se libérer du poids de la violence dans laquelle il avait grandi – cette société se fonde sur l’injustice, sur le principe de laisser les derniers toujours en dernier, de ne jamais donner la possibilité de se racheter, alors on devient victime de soi-même et la moindre des choses que tu peux faire est de t’abandonner. Il y en a qui le font par les drogues, d’autres avec l’alcool, moi, comme musulman, je le fais par la nourriture, en mangeant dans un très court laps de temps 1 kilo d’épinards surgelés et 8 hamburgers de premier prix».

Voilà le portrait de l’homme que j’avais devant moi, un homme en souffrance qui avait fait le choix le plus important de sa vie : se tenir devant un thérapeute pour trouver le bon moyen de sortir de sa haine et de son mal-être.

Il l’avait fait avec conviction, en choisissant un professionnel privé plutôt qu’une structure sociale publique ; un élément qui en soi reflétait à la fois une importante détermination et un manque de confiance dans la société et dans sa capacité à lui pouvoir l’aider.

Ahmed n’avait pas eu l’opportunité de poursuivre ses études, et, comme beaucoup d’enfants d’immigrés de la 3ième génération, bien que né en France, il vit encore entre deux mondes séparés par une profonde fracture culturelle.

Il eut une enfance désorganisée et difficile, avec des parents eux-mêmes enfants d’émigrés maghrébins ayant vécu l’important décalage culturel et social des deux sociétés d’appartenance comme un trauma banalisé, une évidence, qui vivaient ce sentiment de malaise comme une maltraitance sociale qu’ils déversaient inexorablement en famille.

Ainsi, sans s’en rendre compte, il s’est retrouvé sur un chemin où la haine n’est que la manifestation finale d’une rage accumulée au fil des jours, copieusement nourrie par les injustices familiales et sociales quotidiennes et par un contexte vide d’appartenance : un malaise transgénérationnel.

Un autre de ses mots m’a marqué, qui exprimait l’effort énorme et la force extraordinaire que ce grand garçon utilisait dans un des parcours évolutifs les plus complexe, celui du changement : «Madame, il est difficile d’évoluer seul, tellement injuste d’être toujours attaqué, de ne pas réussir à s’exprimer soi-même, d’être dans la contrainte quotidien de devoir lutter contre une société qui élève constamment le niveau de difficulté, où la bureaucratie complique tout et où on se fatigue au point que les principes… ne me parlent plus, même plus ceux du Coran !»

A cet instant, toutes ses blessures me sont apparues : «Ahmed, vous m’enseignez, et avec le Coran, que cette dureté, cette fatigue peut se transformer en orgueil, qui n’est que le déguisement du sentiment d’infériorité, paradoxalement imaginaire et relationnel à la fois, parce que sollicité concrètement par votre famille, par le milieu où vous travaillez, par la société toute entière qui porte la responsabilité évidente de ne pas réussir à cultiver le seul antidote possible : le sentiment d’appartenance. Mais la colère est la réponse qui ne récompense pas votre intelligence, votre effort d’être ici et votre lutte pour le changement».

Il me répondit avec un regard pénétrant : «La rage me fait me sentir vivant, après tout c’est de leur faute et moi je suis seul à affronter le changement!»

Les yeux dans les yeux, je lui offris mon sincère respect : «Ahmed, vous l’avez déjà fait, vous avez déjà gagné, aujourd’hui vous êtes ici car votre changement a déjà démarré. Cette colère veut seulement trouver une voie de sortie. Vous devrez construire votre vie, et chercher les satisfactions refusées : vous obtiendrez votre diplôme et vous ferez votre concours d’infirmier car, même si personne vous l’a jamais dit, vous en avez les capacités, autrement vous ne seriez pas ici. Prenez cette colère, canalisez-la et transformez-la en créativité. Prenez aussi l’exemple des rappeurs de banlieues».

Ainsi commença son chemin vers le changement, jusqu’à l’une des dernières séances où il me dit : «En réalité, Madame, pendant ces mois passés, avec le dialogue, la confrontation, la découverte de la possibilité d’être écouté et compris, j’évolue jusqu’à pouvoir comprendre que le parcours de cette colère qui conduit à la haine nous est commun. Mais celui qui n’a pas la possibilité d’éprouver le changement est susceptible d’être exposé à des pressions extérieures qui veulent exciter notre propre mal-être à des fins… personnelles sans scrupules ni valeurs».

Quelques années se sont écoulées, aujourd’hui Ahmed est infirmier et a même réussi à être élu « représentant des étudiants » pendant ses 3 ans de formation, il a une compagne et de nouveaux amis, il est toujours musulman et respecte le Coran, il a appris à rassurer et transformer sa colère, et l’infériorité qui l’animait, en détermination positive et en responsabilité, sortant ainsi du sentiment d’injustice et d’impuissance. Ce n’est pas le mérite du thérapeute, car chaque patient est l’architecte de son propre changement, mais deux demandes demeurent dans mon esprit : combien d’Ahmed ne nous ont pas encore cherché ? Et pourquoi ?

Dott.ssa Alessandra Zambelli
Supervisore Psicoterapeuta Analista Adleriana e
Responsabile della Formazione
Institut Alfred Adler de Paris (IAAP)

http://institut-alfred-adler-paris.fr

Week-end des 2 et 3 Juin 2018

Week-end des 2 et 3 Juin 2018

Samedi 2 et Dimanche 3 Juin 2018

Formation Psychanalyste FOAD (Formation Ouverte & à Distance)

Week-End de rentrée, 2ème Année

Troubles Alimentaires, Identité, Secrets

Voyage sur la terre des troubles alimentaires, à la recherche du plateau identitaire sous-jacent, avec un détour par la forêt des secrets de famille.

Accès : Sessions ouvertes à tous les adhérents IAAP
Horaires : de 09:00 à 18:00
Adresse : Amphithéâtre (Salle Van Gogh) de l’Hôpital Maison Blanche, 6 rue Pierre Bayle, 75020 Paris

Accès : Sessions filmées réservées aux élèves inscrits (présentiel et/ou streaming)
Horaires : de 09:00 à 14:00
Adresse : Salle F, Pavillon de l’Horloge, Hôpital Sainte-Anne, 14 rue Cabanis, 75014 Paris

Les Troubles du Comportement Alimentaire (TCA): le corps et son image dans la société du virtuel.

Au centre des valeurs occidentales, l’alimentation joue la balance entre consommation à outrance et contrôle perfectionniste. Fortement liée au corps et à son image, l’alimentation est également le premier lien vital à l’autre, dès la séparation du ventre maternel.
Comportement matriciel du bébé, entre passivité et activité, entre besoin et satisfaction, entre moi et l’autre, entre sensualité et sensation, le comportement alimentaire marque le début des tentatives du petit d’homme pour apprendre l’autorégulation physique et psychique, à partir d’une gestion relationnelle et individuelle primitive, dans l’abandon de soi-même à la chair de l’autre.

Titanesque promesse de sens, génératrice de désir et promotrice d’agressivité. Ce sens commence son parcours avec la tétée, dans une gestuelle dyadique qui traversera les générations par sa densité et portée polysémique. Les troubles alimentaires augmentent aujourd’hui de 3000 cas par an en France. En Italie, ils concernent une population de 3 millions de patients. On voit là le signe d’une appartenance typique aux sociétés économiquement développées (autrefois nommées « industrialisées »), où l’image comme identité, puis le corps comme image, ont pris une place identitaire centrale et prioritaire, parfois même unique.

L’évolution et l’envahissement des média et du virtuel dans les cultures sociales de ces sociétés vont même jusqu’à toucher les populations d’immigrés. Considérés comme caractéristiques de l’adolescence et préadolescence, car les exordes cachés sont souvent positionnés dans cette tranche d’âge, tout particulièrement pour les filles, bien que certaines catégories de garçons soient également touchées (les sportifs, les danseurs..), les troubles alimentaires sont autant des symptômes spécifiques que transverses. Nous chercherons à repérer et éclairer ce continent tellurique, à partir du paradigme biopsychosocial adlérien.

Jour 1 – Samedi 2 Juin – Journée inaugurale et de lien

Session ouverte aux élèves et aux adhérents IAAP

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9:00 – 9:30

Salle V.Gogh

Présentation

Par Alessandra Zambelli, Responsable Formation

Accueil et présentation

Accueil des élèves et des participants pour cette journée de rentrée. Madame Zambelli présente l’Institut Alfred Adler de Paris et la Formation Triennale de Psychanalyste Adlérien. L’accent sera mis sur les détails pédagogiques de cette 2ème année de formation.

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09:30 – 10:00

Salle V.Gogh

Flash Formation

Par Morgane Pidoux, Responsable de la Revue

L'alimentation

L’alimentation, un rapport intime à l’environnement.

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10:00 – 11:00

Salle V.Gogh

Première Session

Par Dr Simona Spada, Formatrice, Médecin Psychiatre

Les TCA, troubles des conduites alimentaires

Les troubles des conduites alimentaires typiques et atypiques (classifications actuelles) : une étude de cas clinique avec TCA, délire chronique, trauma psychique infantile : phénoménologie, psychopharmacologie.

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11:30 – 12:30

Salle V.Gogh

Deuxième Session

Par Simona Fassina, Formatrice, Psychologue, Psychothérapeute

TCA, la clinique

De la pathologie à l’identité, la clinique des troubles alimentaires

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14:30 – 16:15

Salle V.Gogh

Troisième Session

Par Barbara Simonelli, Formatrice, Psychologue, Psychothérapeute

TCA et psychothérapie adlérienne

La psychothérapie adlérienne avec les patients présentant des troubles alimentaires. (Traduction assurée par Alexandra Zambelli)

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16:30 – 17:30

Salle V.Gogh

Quatrième Session

Par Virginie Megglé, Psychanalyste, Superviseur Adlérienne IAAP

Le TCA dans la constellation familiale

« Secrets & Anorexie »: étude d’un cas clinique

Téléchargez le programme complet

Jour 2 – Dimanche 3 Juin – Atelier présentiel ou streaming vidéo

Session réservée aux élèves inscrits

Formation II Axe Psychodiagnostique, Axe III Technique et Axe V Clinique

[Total UV 15,6 deux journées]

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09:00 – 11:15

Pavillon de l'Horloge

Première Session

Par Barbara Simonelli

Atelier pratique

Classe sur le conflit relationnel et le conflit intrapsychique, selon une perspective adlérienne.

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11:45 – 14:00

Pavillon de l'Horloge

Deuxième Session

Par Simona Fassina

Etude de cas cliniques

Cas cliniques sur les troubles alimentaires, (suivant le même schéma précédemment proposé pour l’analyse du cas clinique par la collègue), et présentation de la structuration du parcours psychothérapeutique.

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Colloque : le manuel de diagnostic psychodynamique (PDM-2)

Colloque : le manuel de diagnostic psychodynamique (PDM-2)

Les vendredi 23 et samedi 24 mars 2018, la conférence a eu lieu respectivement à Rome et à Milan

« Diagnostic: sens et sensibilité, le PDM-2 »

 

« Le PDM-2 est le système de diagnostic le plus sophistiqué actuellement disponible », Otto Kernberg

Une carte détaillée de l’esprit humain: pour une thérapie, où, finalement, le mot d’ordre peut-être « sensibilité ». Une édition entièrement actualisée et remise à jour.

À l’occasion de la conférence sur le Manuel de Diagnostic Psychodynamique (PDM-2) à l’Université Sapienza de Rome, Fulvio Giardina, le président du CNOP (Conseil National de l’Ordre des Psychologues en Italie), a souligné l’importance du nouveau manuel pour le travail clinique des psychologues et des psychothérapeutes. «Avec ce manuel, la profession acquiert un instrument certainement plus proche de l’approche particulière de la psychologie – souligne Giardina – une approche qui ne se concentre pas exclusivement sur les symptômes, mais sur la personne, sa subjectivité, ses ressources et ses équilibres adaptatifs. Les troubles acquièrent un sens et une dimension en relation avec l’histoire personnelle et le contexte spécifique du patient. Le PDM-2 améliore à la fois l’apparence et la pratique clinique et la contribution du psychodiagnostic en tant que composante typique du travail psychologique.»

lingiardi mcwilliams

Pendant des décennies, de nombreux cliniciens, en particulier des psychothérapeutes psychodynamiques et humanistes, se sont refusé à considérer leurs patients en termes de diagnostics catégoriques. À l’heure actuelle, ils doivent choisir entre «accepter à contrecœur» les étiquettes diagnostiques du DSM, les «nier» ou alors développer des alternatives plus cohérentes avec les formulations diagnostiques dimensionnelles, déductives, contextuelles, bio-psycho-sociales, caractéristiques des approches psychanalytiques et humanistes. Le Manuel de Diagnostic Psychodynamique (PDM) reflète cet effort d’articulation d’un diagnostic orienté psycho-dynamiquement, pour combler le fossé entre la complexité clinique et le besoin de validité empirique et méthodologique. Il a été fortement influencé par un effort similaire, la procédure d’évaluation de Shedler-Westen (SWAP-200), dont il s’est largement inspiré. La deuxième édition du PDM (PDM-2) vient d’être présentée en Italie et est actuellement en cours de traduction française.

La première édition du PDM, dirigée par S. Greenspan avec l’aide de N. McWilliams et R. Wallerstein, était parrainée par cinq organisations : l’American Psychoanalytic Association, l’International Psychanalytical Association, la Division de Psychanalyse de l’American Psychological Association, l’Académie américaine de psychanalyse et de psychiatrie dynamique, et le Comité national de l’adhésion sur la psychanalyse dans le travail social clinique. Le PDM-2 sera également parrainé par l’Association internationale pour la psychanalyse relationnelle et la psychothérapie.

Le PDM-1 comportait quatre sections principales:

  • les troubles mentaux chez les adultes
  • Les syndromes de santé mentale des enfants et des adolescents
  • Les troubles du nourrisson et de la petite enfance
  • Les fondements conceptuels et empiriques pour un système de classification psychodynamique pour les troubles de santé mentale.

Schématiquement, sauf lors de l’évaluation des nourrissons et des enfants d’âge préscolaire (évalués avec un système multiaxial spécifique), les cliniciens ont été encouragés à évaluer:

  • Le niveau d’organisation de la personnalité et les types ou troubles de personnalité prédominants (Axe P)
  • Le niveau de fonctionnement mental global (Axe M)
  • Les symptômes et syndromes et l’expérience subjective du patient (Axe S)

Le PDM vise à promouvoir l’intégration entre la compréhension nomothétique et les connaissances idiographiques qui sont utiles pour la formulation de cas individuels et la planification d’un traitement adapté au patient. En mettant l’accent sur la gamme complète des fonctions mentales, il a cherché à compléter les efforts du DSM et de la CIM pour cataloguer les symptômes et les syndromes. Dans le Guide de poche de l’examen de diagnostic du DSM-5, Nussbaum note: «La CIM-10 est axée sur la santé publique, alors que le PDM se concentre sur la santé psychologique et la détresse d’une personne en particulier». Plusieurs groupes psychanalytiques se sont regroupés pour créer un PDM en complément des systèmes descriptifs du DSM-5 et de la CIM-10. Tout comme le DSM-5, le PDM comprend des dimensions qui transcendent les catégories de diagnostic, ainsi qu’un compte rendu détaillé des tendances et des troubles de la personnalité. Le PDM utilise les catégories de diagnostic DSM, mais inclut la prise en compte de l’expérience interne d’une personne qui se présente pour être traitée.

Répondant à l’inconfort de nombreux cliniciens face au diagnostic catégorique, le PDM propose un cadre alternatif qui tente de «caractériser la gamme complète de fonctionnement d’un individu – la profondeur ainsi que la surface des modèles émotionnels, cognitifs et sociaux». Le PDM se décrit explicitement comme une «taxonomie des personnes» plutôt que comme une «taxonomie des maladies», comme un effort pour décrire «ce que l’on est plutôt que ce que l’on a». 

En octobre 2013, l’American Psychoanalytic Association (APSA) disait: «Il y a une place sur le terrain pour classer les patients en fonction de la description des symptômes, de l’évolution de la maladie et d’autres faits objectifs. Cependant, en tant que psychanalystes, nous savons que chaque patient est unique. Aucune personne atteinte de dépression, de deuil, d’anxiété ou de toute autre maladie ou trouble mental n’aura le même potentiel, le même besoin de traitement ou de réponse à l’aide apportée. Que l’on trouve ou non une grande valeur dans la nomenclature diagnostique descriptive illustrée par le DSM-5, l’évaluation diagnostique psychanalytique est une voie d’évaluation complémentaire essentielle qui vise à fournir une compréhension de chaque personne en profondeur et en tant qu’individu unique et complexe. Une évaluation approfondie de chaque patient. Même pour les troubles psychiatriques à base biologique forte, les facteurs psychologiques contribuent à l’apparition, à l’aggravation et à l’expression de la maladie. Les facteurs psychologiques influencent également la façon dont chaque patient s’engage dans le traitement; il a été démontré que la qualité de l’alliance thérapeutique est le meilleur prédicteur du résultat de la maladie dans toutes les modalités. »(www.apsa.org). Il a ainsi recommandé le PDM pour cette évaluation complémentaire.

Après la mort de S. Greenspan peu après la publication de PDM-1 en 2006 et le départ à la retraite de R. Wallerstein (décédé en 2014, le PDM-2 sera dédié à Greenspan et à Wallerstein), la direction représentée par cette nouvelle édition évoque à la fois la continuité et le changement. Plusieurs groupes de travail spécifiques ont été organisés, chacun sous la direction de deux rédacteurs: Adults – P Axis (N. McWilliams et J. Shedler); Adultes – Axe M (V. Lingiardi et R. Bornstein); Adultes – Axe S (E. Mundo et J. O’Neil); Adolescents (M. Speranza et N. Midgley); Les enfants (N. Malberg et L. Rosenberg); Petite enfance et petite enfance (A.M. Speranza et L. Mayes); Personnes âgées (F. Del Corno et D. Plotkin); Outils (S. Waldron, F. Gazzillo et R. Gordon); Illustrations de cas et profils PDM-2 (F. Del Corno, V. Lingiardi et N. McWilliams). La deuxième édition conservera la structure multi-axiale de base, mais sera caractérisée par plusieurs changements importants, y compris ceux qui suivent.

La section « Personnalité Adulte » sera intégrée et révisée en fonction d’indications théoriques, cliniques et empiriques, en particulier celles issues de mesures telles que SWAP-200, ses nouvelles versions et applications, et des prototypes diagnostiques psychodynamiques. La section sur les « niveaux de l’organisation de la personnalité » inclura, à la lumière des recherches effectuées depuis 2006 qui indiquent l’utilité clinique de ce concept, un niveau psychotique d’organisation de la personnalité.

Dans l’axe M, le nombre de fonctions mentales passera de neuf à douze: capacité de régulation, d’attention et d’apprentissage; capacité pour la gamme affective, la communication et la compréhension; capacité de mentalisation et de fonctionnement réflexif; capacité de différenciation et d’intégration; capacité de relations et d’intimité; la réglementation de l’estime de soi et la qualité de l’expérience interne; contrôle et régulation des impulsions; fonctionnement défensif; adaptation, résilience et force; capacités d’auto-observation (esprit psychologique); capacité de construire et d’utiliser des normes et des idéaux internes; signification et but. Une procédure d’évaluation avec une échelle de type Likert sera associée à chaque fonction mentale.

L’axe S améliorera son intégration avec le DSM-5 et l’ICD-10. La nouvelle édition donnera une explication plus exhaustive de la raison d’être de la description des «états affectifs», des «modèles cognitifs», des «états somatiques» et des «modèles relationnels», et citera des études cliniques et empiriques connexes. Il mettra davantage l’accent sur l’expérience subjective du patient et sur le contre-transfert probable du clinicien.

Parce qu’il y a des différences psychologiques significatives entre les jeunes enfants et les adolescents, une section Adolescente (11-18 ans) sera séparée de la section Enfant (4-10). La Section spéciale sur la petite enfance et l’enfance inclura une discussion sur les lignes de développement et les continuités homotypiques / hétérotypiques de la petite enfance, de la psychopathologie de l’enfance, de l’adolescence et de l’adulte telles qu’elles ont été étudiées dans la littérature clinique et empirique. Le PDM donnera de meilleures définitions de la qualité des relations primaires (enfants et soignants), en mettant l’accent sur l’évaluation des systèmes familiaux et leurs modèles relationnels caractéristiques, y compris l’attention aux modèles d’attachement et leur relation possible avec la psychopathologie et le développement normatif.

l y aura une section sur les troubles de santé mentale des personnes âgées, absente dans la première édition.

Le PDM-2 contiendra deux sections spéciales sur les outils conviviaux pour les cliniciens (à la fois dérivées du PDM-2 et dérivées d’études antérieures) qui visent à aider les praticiens à mieux comprendre l’approche globale incorporée dans le manuel.

Enfin, le PDM-2 omettra la dernière section extensive sur le soutien aux articles empiriques, et intégrera plutôt des références plus systématiques à la recherche, d’autant plus que les études empiriques informent des descriptions plus opérationnalisées des différents troubles.

En résumé, le PDM a pour but de détecter et de décrire les expériences mentales caractéristiques des patients, augmentant ainsi la capacité des cliniciens à soulager la détresse psychologique de patients nettement différents qui demandent leur aide. Il tente de rétablir le lien entre la compréhension en profondeur et le traitement, sans les exigences des autres systèmes de diagnostic qui sont aussi utiles pour les études démographiques, les comptes, la tenue de dossiers institutionnels, la recherche syndromique et autres utilisations annexes de l’étiquetage diagnostique.

Sans un contrepoint à la tendance actuelle de se concentrer de plus en plus étroitement sur les catégories de troubles discrets, la relation clinique peut être compromise et même endommagée. Éviter ce danger est la principale raison pour laquelle les auteurs des deux éditions du PDM ont offert ce système de classification complémentaire à la communauté de la santé mentale.

 

 

 

Journée du 11 Novembre 2017

Journée du 11 Novembre 2017

3ème journée scientifique interdisciplinaire ouverte au public
le Samedi 11 Novembre 2017

à l’Amphithéatre de l’hôpital Maison Blanche
6 rue Pierre Bayle, 75020 Paris

« Psychotropes et Psychothérapie »

 

Une approche thérapeutique croisée au centre du paradigme bio-psycho-social adlérien

Un modèle holistique, probabiliste et analogique associant notamment, dans l’approche étiologique, la neurobiologie, la neuropsychologie et l’environnement.

Imagerie cérébrale, épistémologie biochimique, paradigme psychopathologique et cadre psychothérapeutique : un dialogue serré au cœur du réseau thérapeutique à mettre en place pour le traitement de la souffrance psychique.

La question centrale de la journée, est celle que se posent souvent les soignants et les patients lorsqu’ils ont à affronter la prise en charge de la psychopathologie : « peut-on se passer des psychotropes et de leur effet iatrogène ? »

Cherchant à signifier le passage de la psychopathologie à la thérapie, par l’harmonisation entre fonctionnement mental du patient, psychothérapie et psychotropes, la journée présentera les approches qui ont fait leur chemin en dehors du paradigme psychiatrique classique, pour décrire l’approche psychiatrique psychodynamique bio-psychosociale.

Cette démarche fait la une aujourd’hui dans le monde scientifique international, avec son modèle d’étiopathologie, fondateur d’un travail psychothérapeutique verbal et symbolique.

Le travail relationnel et le travail corporel s’associent de manière individualisée pour soigner les troubles du comportement, autant au niveau symptomatique que curatif. Ils s’appuient également sur l’utilisation d’une pharmacopée équilibrée et intégrée.

Les présentations et débats permettront d’analyser et de discuter l’intervention médicamenteuse dans sa fonction d’aide et/ou de prévention, mais également dans son risque de devenir une fuite en avant, voire une erreur.

La conférence profitera de la présence de quatre professionnels aux différentes expertises pour provoquer une analyse critique des différents savoirs et de leur créative coordination.

Programme de la Journée

  • 9h00- Accueil et enregistrement
  • 9h20- Présentation de l’IAAP et de la journée par le secrétaire et trésorier Basile COSSADE
  • 10h00- Philippe BOBOLA présente : « Neurophysiologie et psychanalyse : un dialogue souhaitable »
  • 10h30- Échanges avec la salle
  • 11h00- Dr Maria-Cristina GALEAZZI présente : « Psychopathologie et médicaments dans le 21 siècle : la modernité des concepts adlériens »
  • 12h00- Discussion avec le public, animée par Alessandra ZAMBELLI

12h30 à 14h15– Déjeuner

  • 14h15– Dr Andrea FERRERO présente : « Une psychothérapie modulée sur le fonctionnement psychopathologique. Le modèle sur-mesure de la psychothérapie psychodynamique adlérienne »
  • 15h30– Echanges avec la salle.

16h15 à 16h30– Pause

  • 16h30– Alessandra ZAMBELLI présente : “La souffrance mentale comme expression du sentiment d’infériorité selon Adler”
    Y-a-t il la nécessité d’un nouveau paradigme pour le diagnostic et donc le traitement ? Par l’analyse du diagnostic différentiel d’un cas de la dépression d’un jeune de 20 ans, l’auteure déclinera le sens central d’un bon psycho-diagnostic pour une thérapie sur mesure.
  • 17h15– Table ronde et débat avec le public, animés par le Dr GALEAZZI
  • 17h45– Clôture et Présentation des prochaines Conférences liées au Programme de la Formation Triennale pour Psychanalyste Adlérien, par le Secrétaire et Trésorier, Basile Cossade

18h00- Clôture de la journée

Cette journée est ouverte à tout public curieux de découvrir la Psychologie Individuelle et sa pertinence sur l’évolution sociopolitique de notre réalité

Entrée gratuite pour les moins de 18 ans.

 

psychanalyse et psychotropes

Conférenciers

    • Philippe BOBOLA, Docteur en chimie-physique, Biologiste, Professeur associé d’anthropologie au Centre Hospitalier de Sainte-Anne et en partenariat avec l’Université de Strasbourg, Psychanalyste et formateur adlérien, auteur de livres tels que « Penser autrement » (Voie Nouvelle 2010) et « Plumes de chaman » (Éd. Vega 2014).
    • Basile COSSADE, Psychanalyste, Secrétaire Général et Trésorier IAAP, diplômé de l’université privée Sigmund Freud Universität, Magister der Psychotherapiewissenschaft, fondée à Vienne.
    • Pr Andrea FERRERO, Psychiatre et Psychothérapeute Adlérien, Responsable de la Section Internationale Theory and Research de la IAIP (International Association Individual Psychology), Directeur de l’Unité de Psychothérapie et du Centre pour le Traitement des Troubles de la Personnalité de l’Adolescence dans le Département de Santé Mentale de l’ASL Turin 4, enseigne aux Ecoles de Spécialisation en Psychiatrie et en Psychologie de la Santé de l’Université de Turin. Il a publié articles et livres en italien, en anglais, et en 2014 son premier livre en français chez l’Harmattan : « Une psychothérapie modulée sur le fonctionnement psychopathologique. Le modèle sur-mesure de la psychothérapie psychodynamique adlérienne« .
    • Dr Maria-Cristina GALEAZZI, Psychiatre et Psychothérapeute, Présidente et Superviseur IAAP, Médecin Responsable de la Qualité et de la Gestion des Risques de la Direction commune EPS Maison Blanche, CH Sainte-Anne, GPS Perray Vaucluse et Expert Visiteur à la Haute Autorité de Santé (HAS)
    • Alessandra ZAMBELLI, Philosophe, Psychologue, Psychothérapeute et Docteur en Psychopathologie et Psychanalyse, Psychodramatiste d’enfants, Responsable de la Formation IAAP, membre SAIGA. Elle a publié entre autres « Adler face à Freud : une différence à sauvegarder » (l’Harmattan, 2014), préface et direction de la publication de la traduction française du livre d’Andrea Ferrero : « Une psychothérapie modulée sur le fonctionnement psychopathologique »

Télécharger la brochure.

 

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TARIF JOURNÉE : 20 € – GRATUIT POUR LES MOINS DE 18 ANS

Pour réserver, contacter l'Institut

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Journée du 14 Octobre 2017

Journée du 14 Octobre 2017

Journée scientifique interdisciplinaire le Samedi 14 Octobre 2017 à l’Amphithéatre de l’Hopital Maison Blanche, 6 rue Pierre Bayle, 75020 Paris

« Le Sentiment d’Infériorité, nouvelles manifestations, nouvelles approches »

suivi de : « L’ère digitale, son impact sur le psychisme et sur le cadre thérapeutique »

« Etre humain signifie avoir un sentiment d’infériorité qui presse constamment vers sa propre conquête » – Alfred Adler

Le thème principal de cette 3ème étape de la Formation Triennale de Psychanalyste Adlérien (la 2ème à caractère public) est celui du Congrès de l’International Association of Individual Psychology (IAIP), qui s’est tenu à Minneapolis du 9 au 13 Juillet 2017.

Nous aborderons les nouvelles approches du sentiment d’infériorité, notamment à la lumière des avancées dans des domaines aussi divers que les neurosciences, l’anthropologie sociale, la philosophie ou encore le management. Des conférenciers spécialistes de ces domaines viendront dialoguer avec des cliniciens, des psychanalystes et des psychothérapeutes.

Nous aborderons également les nouvelles manifestations du sentiment d’infériorité à l’ère de la digitalisation, son impact sur le psychisme ainsi que ses conséquences sur le cadre thérapeutique. Depuis la révolution industrielle, ou ce que les anthropologues appellent l’Anthropocène, l’ère où l’homme est devenu une force géologique capable même d’influencer la biosphère, l’humanité s’est engagée dans un double processus d’individuation et de massification dont le «terrorisme kamikaze» ou les «massmurders» semblent l’ultime expression.
Nombreux sont les penseurs et les savants qui perçoivent la pente dans laquelle s’est engagée l’humanité comme menant tout droit à l’auto-anéantissement. L’enjeu de la compréhension des nouvelles formes du sentiment d’infériorité est donc tout autant thérapeutique que civilisationnel..

mur d'écrans

Programme de la Journée

  • 9h00-9h20– Accueil et enregistrement
  • 9h20– Présentation de l’IAAP et de la journée par le Responsable de la Formation, Mme Alessandra ZAMBELLI.
  • 9h30– Flash-formation, Morgane PIDOUX présente : “Le développement neural au travers des écrans”
  • 10h00– Virginie MEGGLE présente : “Addictions et dépendances affectives”. Ils sont
    souvent confondus mais ces termes désignent bien des phénomènes différents. Qu’est-ce qui les distinguent? Qu’est-ce qui les rassemblent? Quelles sont les solutions pour ces manifestations très souvent citées en termes de santé et de pathologie, et qui sont abordées ici à travers le prisme du sentiment d’infériorité
  • 10h45– Echanges avec la salle
  • 11h15: Basile COSSADE présente : “Identité au Numérique”. L’identification massive
    et le processus d’individuation
  • 12h00: Discussion avec le public, animée par Alessandra ZAMBELLI
  • 12h30 à 14h15 : DEJEUNER

  • 14h15– Jean-Louis AILLON présente : “Les adolescents et les nouvelles infériorités : du soin de l’individu au soin de la société”. De l’infériorité et sa compensation depuis Adler jusqu’à aujourd’hui, pour comprendre l’origine, le sens et la direction de la souffrance des jeunes, que
    l’auteur lie à la dimension culturelle, et les implications dans la cure dans une perspective adlérienne
  • 15h30– Echanges avec la salle
  • 16h00 à 16h30 : PAUSE

  • 16h30– Thierry PAULMIER présente : “Homo Emoticus” : un modèle anthropologique
    néo-adlérien pour les sciences humaines
  • 17h15– Table ronde et réponses aux questions, animé par Alessandra ZAMBELLI
  • 17h45– Présentation des prochaines Conférences liées au Programme de la Formation Triennale pour Psychanalyste Adlérien, par Alessandra Zambelli Responsable de la Formation
  • 18h00 : FIN DE LA JOURNEE

Cette journée est ouverte à tout public curieux de découvrir la Psychologie Individuelle et sa pertinence sur l’évolution sociopolitique de notre réalité.

L’entrée est proposée au tarif de 20 €.
Elle est gratuite pour les moins de 18 ans.

l'infériorité selon adler

Conférenciers

    • Jean-Louis AILLON, Médecin et Psychothérapeute Adlérien (école S.A.I.G.A. de Turin, Italie), doctorant en anthropologie et psychologie à l’Université de Gènes (Genova, Italie) sur le sujet
      de recherche : malaise des adolescents. Il travaille au Centre Frantz Fanon dans le domaine de l’ethnopsychiatrie critique.
    • Basile COSSADE, Psychanalyste, Secrétaire Général et Trésorier IAAP, diplômé de l’université privée Sigmund Freud Universität, Magister der Psychotherapiewissenschaft, fondée à
      Vienne.
    • Virginie MEGGLE, Psychanalyste, Professeur à la SFU (Branche Française de la Sigmund Freud Université, Vienne), elle est Superviseur à l’IAAP, auteure de nombreux ouvrages, notamment de: « Vivre sans culpabiliser. Le bonheur d’être responsable », chez Odile Jacob – « Frères, sœurs, guérir de ses blessures d’enfance » chez Leduc – « Les séparations douloureuses, guérir de ses dépendances affectives » chez Eyrolles.
    • Thierry PAULMIER, Politologue, Economiste et Comédien, est titulaire d’un doctorat en science politique de l’Université Paris Est et d’un doctorat en sciences économiques de l’Université Paris
      II. Il est aussi diplômé de l’American Academy of Dramatic Arts de New York. Ancien fonctionnaire de l’ONU, il travaille aujourd’hui comme consultant international dans le domaine de l’intelligence émotionnelle. Il est expert à l’Association Progrès du Management. Il enseigne notamment à l’EDHEC et à l’ENA.
    • Morgane PIDOUX, Titulaire d’un doctorat en Neurosciences de l’université Pierre et Marie Curie – Paris VI et ancienne post-doctorante à Cornell University, USA, précédemment enseignante au centre médico-pédagogique Édouard Rist auprès d’adolescents hospitalisés et élève psychanalyste IAAP. Elle a plusieurs publications dans des revues à comité de lecture et a réalisé des communications dans plusieurs congrès nationaux et internationaux.
    • Alessandra ZAMBELLI, Philosophe, Psychologue, Psychothérapeute et Docteur en Psychopathologie et Psychanalyse, Psychodramatiste d’enfants, Responsable de la Formation IAAP, membre IAAP et SAIGA. Elle a publié entre autres « Adler face à Freud : une différence à sauvegarder » (l’Harmattan, 2014), préface et direction de la publication de la traduction française du livre d’Andrea Ferrero : « Une psychothérapie modulée sur le fonctionnement psychopathologique »

Télécharger la brochure.

 

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TARIF DE LA JOURNEE : 20 € – GRATUIT POUR LES – DE 18 ANS

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