week-end-15-16-Juin-2019

Samedi 15 & Dimanche 16 Juin 2019

Formation Psychanalyste FOAD (Formation Ouverte & à Distance)

1ère Session, Année 3

Samedi 15 Juin 2019 :

Journée inaugurale et de lien, cours ouvert au public.

Dépression, le mal du siècle

Cette journée inaugure la nouvelle et troisième année de la Formation triennale pour psychanalyste adlérien de l’Institut Alfred Adler de Paris, en même temps qu’elle renouvelle le lien à son propre territoire, à sa ville et à sa communauté.

La dépression est l’une des causes les plus répandues de morts prématurées, d’incapacité au travail et de ressources médicales mobilisées, ceci dans le monde entier. On la rencontre par ailleurs également chez les enfants et de plus en plus parmi les adolescents. Lors de cette journée, nous abordons son étude à travers le prisme du paradigme bio-psycho-social adlérien.

Accès : Sessions ouvertes à tous les adhérents IAAP
Horaires : de 09:00 à 18:00
Adresse : Salle F (Pavillon de l’Horloge) de l’Hôpital Sainte-Anne, 1 Bis rue Cabanis, 75014 Paris
Accès : Sessions filmées réservées aux élèves inscrits (présentiel et/ou streaming)
Horaires : de 09:00 à 14:00
Adresse : Salle F, Pavillon de l’Horloge, Hôpital Sainte-Anne, 14 rue Cabanis, 75014 Paris

La dépression, de la défense au style de vie

Au vu de la consommation d’antidépresseurs, la dépression concernerait 19% de la population française. Elle est désormais perçue comme une maladie fréquente et sérieuse qui n’épargne pas les enfants, place les adolescents en première ligne et impacte autant l’individu que les organisations, jusqu’à les handicaper lourdement dans leur fonctionnement vital et social.

Nous avons choisi d’aborder ce sujet autant familier que mystérieux, par le dialogue interdisciplinaire et international, en présentant comment la perspective fictionnelle et téléologique adlérienne peut expliquer cette souffrance par sa dynamique duale, en la positionnant entre le sentiment d’infériorité avec sa volonté de puissance résiliant autant que dérivative, et le sentiment d’appartenance avec sa capacité de rééquilibration et de complétude.

Le module Flash-Formation « Le corps vidé : neurophysiologie de la dépression » de Morgane Pidoux décrira la dépression comme l’expression d’un déséquilibre chimique au coeur du système cérébral en lien avec nos affects, pour nous préparer en légèreté au dialogue avec les neurosciences affectives (Panksepp et Northoff).

Hervé Etienne introduira la perspective socio-psychologique de la dépression, en relevant l’accélération sociale du monde de la modernité (Hartmut Rosa) et son organisation comme éléments de l’étiopathologie, qui s’expriment du « burnout » au « bore-out », versions modernes de la dépression, qui s’apparenteraient plutôt au stress post-traumatique en regard de la perte de sens et de la culpabilité qu’elles engendrent.
Mais la société est-elle prête à reconnaître le trauma, ce choc occasionné par le système lui-même, dans sa quête sans fin de supériorité?

A partir de la référence au Psychodynamic Diagnostic Manuel-2 (PDM-2, en cours de traduction en français ) et aux Adlerian Psychodynamic Psychotherapies (APPs) d’Andrea Ferrero (l’Harmattan, 2014), nous parlerons de l’aspect psychodiagnostique et des implications psychothérapeutiques de la dépression avec Barbara Simonelli, en lien avec les troubles de la personnalité narcissique et dépendante;

Chiara Maria Mazzarino, nous présentera ensuite les aspects spécifiques de la dépression à l’adolescence.

Alessandra Zambelli, chairman et directrice des formations IAAP, clôturera la journée en abordant le paradigme adlérien de l’infériorité, « l’Anima et le Minus » par les perspectives philosophique (Hans Vaihinger), éthologique (Frans de Waal) et clinique (Alfred Adler – Onno van der Hart), afin de souligner les métamorphoses défensives dévitalisantes face au sentiment d’infériorité, notamment lorsqu’il se trouve lié à un environnement relationnel structurellement déstabilisant, autant dans le passé et le présent que dans la projection vers le futur, ces trois dimensions formant la véritable matière psychique.

Jour 1 – Samedi 15 Juin – Journée Inaugurale et de Lien

Session ouverte aux élèves et aux adhérents IAAP

Formation I Axe Théorique, II Axe Psychodiagnostique,  Axe III Technique et Axe V Clinique

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9:00 – 9:30

Sainte-Anne

Présentation

Par Alessandra Zambelli, Chairman et Responsable Formation

Accueil et présentation

Accueil des élèves et des participants pour cette journée inaugurale de la 3ème année de formation . Madame Zambelli présente l’Institut Alfred Adler de Paris et la Formation Triennale de Psychanalyste Adlérien.

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09:30 – 10:00

Sainte-Anne

Flash Formation

Par Morgane Pidoux, Responsable de la Revue

Le corps vidé

“Le corps vidé : neurophysiologie de la dépression”

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10:00 – 11:30

Sainte-Anne

Première Session

Hervé Etienne, Psychanalyste Existentiel, Sociologue, Superviseur, Formateur, Conférencier

Une perspective socio-psychologique de la dépression

La perspective socio-psychologique de la dépression, relève l’accélération sociale du monde de la modernité et son
organisation comme éléments de l’étiopathologie. Le « burnout » et le « bore-out », expressions modernes de la dépression, s’apparenteraient plutôt au stress post-traumatique en regard de la perte de sens et de la culpabilité qu’elles
engendrent.

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11:45 – 13:00

Sainte-Anne

Deuxième Session

Pr Barbara Simonelli, Psychologue, Psychothérapeute Adlérienne, Formateur, Superviseur

Narcissisme, dépendance et dépression

« L’aspect psychodiagnostique et les implications psychothérapeutiques psychodynamiques de la dépression, en lien avec les troubles de la personnalité narcissique et dépendante, »

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14:45 – 16:15

Sainte-Anne

Troisième Session

Chiara Maria Mazzarino (PhD), Psychologue, Psychothérapeute Adlérienne

La dépression à l’adolescence

Comportements antisociaux, somatisations, les symptômes fluctuants et parfois trompeurs de la dépression chez les adolescents sont souvent confondus avec les traits « normaux » de la crise d’adolescence, alors qu’une prise en charge psychothérapeutique s’avère particulièrement bénéfique pour ces personnalités encore en formation.

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16:30 – 17:45

Sainte-Anne

Quatrième Session

Alessandra Zambelli (PhD), Philosophe, Psychologue, Psychothérapeute, Psychanalyste

« L’anima et le minus »

Les métamorphoses des défenses dévitalisantes face au sentiment d’infériorité

Téléchargez le programme complet

Jour 2 – Dimanche 16 Juin – Atelier présentiel ou streaming vidéo

Session réservée aux élèves inscrits

Formation : Axe 2 (Psychodiagnostique) – Axe 3 (Technique) – Axe 5 (Clinique)

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09:00 – 11:15

Sainte-Anne

Première Session

Par Chiara Mazzarino (PhD)

Atelier pratique

Psychose et transgénérationnel dans les triangulations maladives. Approche adlérienne psychodiagnostique et psychothérapeutique.

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11:45 – 14:00

Sainte-Anne

Deuxième Session

Par Pr Barbara Simonelli

Etude de cas cliniques

Etude de cas clinique, borderline vs psychotique.

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La violence sous ses multiples formes et déguisements contemporains

La violence sous ses multiples formes et déguisements contemporains

Interdisciplinarité par le dialogue entre psychologie et sociologie

Collaboration de l'Institut Alfred Adler à la Revue OT (OSSERVATORIO TERRORISMO) de l'ANSSAIF*

*Association Nationale Italienne des Spécialistes de Sécurité et Agence d’Intermédiation Financière

Alessandra Zambelli, Responsable Formation de l’Institut, continue la collaboration avec l’OT, sur la thématique de la violence sous toutes ses formes, notamment celle résultant du malaise des jeunes. Dans le n°17 de la Revue OT, son article (ci-dessous) aborde les activités de l’Institut illustrant les sources et la nature de cette violence contemporaine, dans une perspective adlérienne.

Cette contribution nourrit le dialogue interdisciplinaire et international tel que l’encourage l’IAAP dans sa volonté d’une épistémologie d’ouverture et d’interrelations théoriques et pratiques.

Journée Scientifique 16/03/2019

Journée Scientifique 16/03/2019

(Clic sur l'image pour accéder à l'archive)

Troisième étape pour l’Institut Alfred Adler de Paris dans son parcours de réflexion sur la nature bio-psycho-sociale de la violence en tant que réponse compensatoire inadaptée de l’infériorité, et ses liens avec le processus technologique de la mondialisation.

J’en profite pour remercier M. Pietro Blengino, Rédacteur en Chef de la Newsletter de l’Osservatorio sul Terrorismo (OT, Observatoire sur le Terrorisme) qui sait si bien mettre en évidence l’efficacité de l’interdisciplinarité, en particulier sur des sujets très concrets comme la sûreté et le terrorisme.
Cette affinité méthodologique spontanée est précieuse, car de ses perspectives diversifiées, est née une coopération de recherche scientifique, afin d’approfondir et publier sur ces thématiques de violence et d’adolescence. Thématiques que nous abordons dans le cadre de nos formations, par le biais de nos journées scientifiques comme celle du 16 Mars 2019 qui fut entièrement dédiée à ce phénomène psychologique et social au statut ambigu entre condamnation par les uns et exaltation parfois héroïque par d’autres.

Mme Alessandra Zambelli
Responsable Formation IAAP

Avec leur aimable autorisation, nous publions ici la traduction de l’Introduction en italien de la Newsletter n° 17 de l’Osservatorio Terrorismo, rédigée par le Rédacteur en chef M. Pietro Blengino. Nous publions à la suite notre article « La violence sous ses multiples formes et déguisements contemporains ». »

Pietro Blengino (Caporedattore)
ANSSAIF, Associazione culturale

INTRODUZIONE ALLA NEWSLETTER n°17 DI OT

Cari lettori,

Questa volta abbiamo avuto la tentazione di passare direttamente a OT18 saltando il numero 17. Ovviamente è stato solo un modo per ironizzare sulla nostra superstizione italica ma abbiamo fugato rapidamente i nostri dubbi e abbiamo comunque pubblicato OT17.

Battute a parte proseguiamo con il nostro approccio multidisciplinare e siamo lieti di presentarvi in OT17 la recensione del libro « Lupi bianchi. Rapporto sul terrorismo neonazista in Europa « / Weisse wölfe: eine grafische Reportage über rechten Terror » di David Schraven e Jan Fendt, letto per noi da Carla Capobianchi. È un fumetto che si basa su analisi reali e ci comunica la sensazione di una situazione preoccupante che è purtroppo trascurata. L’alert per l’aumento drammatico del terrorismo di estrema destra è sottolineata sia dall’analisi di Centro Studi Internazionali sia dai rapporti dei servizi di intelligence.

OT 17 ospita poi un articolo molto interessante di Antonio Beraldi, un HR manager di lunga esperienza, sul caso in cui avessimo un sospetto terrorista nella nostra banca/azienda. Come possiamo gestire la situazione, cosa dobbiamo fare da un punto di vista legale e quali sono le accortezze utili.

Ultimo ma non meno importante, vi proponiamo uno studio approfondito e dettagliato dell’Institut Alfred Adler di Parigi che ha accettato con entusiasmo di collaborare con noi sull’analisi dell’origine della violenza. È un argomento che consideriamo cruciale per comprendere una parte delle radici del terrorismo nella mente degli adolescenti. Allo stesso tempo M.me Zambelli illustra l’interessante calendario delle attività dell’Institut Adler nel 2019.

Siamo infine lieti di anticiparvi che stiamo lavorando a una ricerca sulla minaccia terroristica più pericolosa per il sistema bancario nell’Europa meridionale e in America Latina. Sicuramente sarete consapevole del rischio ma siamo sicuri che dall’analisi dei dati potrete trarre idee e suggerimenti utili.

Buona Pasqua a voi e ai vostri cari

La redazione

Osservatorio Terrorismo – Newsletter numero 17

Pietro Blengino (Rédacteur en Chef),
ANSSAIF, Association Culturelle

INTRODUCTION A LA NEWSLETTER n°17 DE L’OT

Chers lecteurs,

Cette fois, nous avons été tentés de sauter le n°17 pour passer directement au n°18. Cela nous aurait permis d’ironiser sur notre superstition italienne, mais nous avons rapidement dissipé nos doutes et nous avons donc publié l’ OT n°17.

Plaisanterie mise à part, nous poursuivons notre approche multidisciplinaire et nous avons le plaisir de vous présenter dans OT n°17 la critique du livre « Lupi bianchi. Rapport sur le terrorisme néo-nazi en Europe » (« Weisse wölfe: eine grafische Reportage über Rechten Terror ») de David Schraven et Jan Fendt, livre lu pour nous par Carla Capobianchi. Cette bande dessinée se base sur une analyse réelle qui transmet le sentiment d’une situation inquiétante mais hélas négligée. L’alerte au sujet de l’augmentation spectaculaire du terrorisme d’extrême droite est soulignée à la fois par l’analyse du Centre d’Etudes International (Centro Studi Internazionali) et par les rapports des services de renseignement.

L’OT n°17 propose ensuite un article très intéressant d’Antonio Beraldi, responsable des ressources humaines à la longue expérience, qui présente une situation dans laquelle un terroriste présumé fait partie du personnel de la banque. Comment gérer la situation, que faire d’un point de vue juridique et quelles sont les précautions utiles à prévoir.

A la suite, nous présentons une étude approfondie et détaillée proposée par l’Institut Alfred Adler de Paris, qui a accepté avec enthousiasme de collaborer avec nous à l’analyse de l’origine de la violence. C’est un sujet que nous jugeons crucial pour comprendre une partie des racines du terrorisme dans l’esprit des adolescents. Parallèlement, Mme Zambelli illustre l’intéressant calendrier des activités de l’Institut Alfred Adler en 2019.

Enfin, nous sommes heureux d’annoncer que nous travaillons à une étude sur la menace terroriste la plus dangereuse pour le système bancaire en Europe du Sud et en Amérique latine. Vous êtes certainement conscient du risque, mais nous vous assurons que l’analyse des données vous permettra d’en retirer des idées et suggestions très utiles.

Joyeuses Pâques à vous et à vos proches.

La rédaction

Observatoire du Terrorisme – Newsletter numéro 17

La violence sous ses multiples formes et déguisements contemporains.

Réflexion brève, sur la nature bio-psycho-sociale de la violence au coeur du paradigme adlérien.

«La violence, une force faible» (Vladimir Jankelevitch)

Nous sommes très heureux de continuer de nous adresser aux lecteurs de l’OT pour leur présenter nos initiatives, car nous apprécions et partageons l’approche multidisciplinaire choisie par l’OT pour aborder la thématique du terrorisme et de ses causes, et les origines de la violence sociétale.

Aujourd’hui, nous avons l’intention d’explorer avec vous les thèmes suivants :

  • a) la relation entre le malaise des adolescents et ses nouvelles formes d’expression,
  • b) la violence résultant d’une recherche extrême de sens,
  • c) la dépression en réaction à une culture de l’absence de limites,
  • d) le terrorisme en tant que réponse paradoxalement cohérente à ces racines psychoculturelles,
  • e) le paradigme adlérien en tant que matrice de solutions multidisciplinaires,
  • f) la réintégration culturelle de la féminité à ces nouvelles formes de violence en tant que « solution symbolique très concrète ».

Ce sont les sujets inclus au programme 2019 de la formation de psychanalyste adlérien à l’Institut Alfred Adler de Paris; nous nous sommes fixés comme objectif culturel ambitieux de créer un temps stimulant pour le débat scientifique européen sur le thème de la violence, de l’identité et des racines du terrorisme dans la société contemporaine.

Adolescents et violence, une approche multidisciplinaire

Reprenant le thème de l’adolescence (et ses façons actuelles et bien spécifiques de composer avec les nouvelles formes de violence adulte) à partir des points laissés ouverts dans notre précédent article (OT n°8), nous retrouvons le sujet de la Conférence tenue à l’IAAP le 16 mars dernier qui avait pour titre « les multiples formes de la violence et ses déguisements contemporains », comme prévu dans l’OT numéro 16, Conférence que nous souhaitons vous résumer ici.

La journée a débuté par l’analyse du fonctionnement de la violence domestique avec la Prof. Simona Fassina, psychothérapeute et analyste Adler (SAIGA, Turin), qui a présenté, avec une grande clarté, la structure psychique de la victime dans le couple (souvent la femme) et souligné la nécessité d’un accueil systémique et coordonné des différents services d’aide aux victimes.

Avec notre collègue la Prof. Barbara Simonelli (référente du groupe de travail sur la violence à l’égard des femmes de l’Ordre des Psychologues du Piémont), nous avons identifié la structure psychique du sujet abuseur, qui à son tour comporte une expérience (appartenant à l’enfance ) évolutive et dissociée de maltraitance et donc une partie interne inconsciente de victime maltraitée, qui provoque aversion et dérangement chez les responsables sociaux de leur prise en charge thérapeutique.

la violence des jeunes

Jean-Louis Aillon est médecin et psychothérapeute adlérien (en Italie une spécialisation d’une durée de 4 ans après une master en Psychologie ou Médecine est obligatoire pour l’exercice de la psychothérapie dans toutes ses formes). Il nous a plongés au cœur du phénomène des jeunes « NEET » (non engagés dans l’éducation, l’emploi ou la formation), plus impressionnant en Italie qu’en France selon les données d’Eurostat.

Il a expliqué comment ce phénomène est lié à un mal-être adolescent en nette augmentation ces dernières décennies, et a été analysé statistiquement en termes de dépression et de suicides (Federico Batini, « NEET: un phénomène qui reste à explorer », Revue trimestrielle de l’éducation, v48 n1 p19-37 févr. 2017) , également lié au pourcentage de la population au chômage (Luigi Zoja, « Les utopies minimalistes. Un monde plus désirable même sans héros », 2013, Chiarelettere). Les données étudiées nous informent également de la recrudescence des comportements violents extrêmes, liés à l’expansion constante des technologies et l’accès toujours plus facile via Internet aux plateformes telles que Knout Out Game, Blue Whale, Fight Club, Daredevil Selfie.

Le modèle interprétatif appliqué par le Dr Aillon fait référence au modèle bio-psycho-social adlérien, désormais soutenu (sans l’étiquette adlérienne) par des psychologues, psychanalystes, sociologues, anthropologues contemporains tels qu’Umberto Galimberti, Miguel Benasayag ou Luigi Zoja. Nous savons qu’en réalité, ils reprennent non seulement Adler, mais également les thèses de Spinoza, Nietzsche et Constantin Noica. C’est dire si les oppositions de chapelle et de disciplines sont finalement surmontées pour permettre de comprendre des phénomènes qui ne seraient sinon que stigmatisés.

L’adolescence actuelle semble souffrir d’une crise existentielle peu commune, ce qui est en jeu, c’est la négation de l’avenir.

Je sais que votre association A.N.S.S.A.I.F. traite de la formation des jeunes et vise des initiatives spécifiques dédiées. C’est pourquoi, il est
important de comprendre que la souffrance des adolescents ne provoque pas de larmes, mais un sentiment d’impuissance, de désintégration et de manque de sens. Les valeurs qui portent les références pour la construction d’une identité semblent être annihilées, à cause du concept même de limite qui est brisé : puisque tout peut être poursuivi indéfiniment, aucune action ne sera réellement suffisante pour obtenir un sentiment de satisfaction, de bien-être et de succès, ce qui est pourtant nécessaire pour forger sa place dans le monde et son identité. La dépression qui en résulte, souvent inconsciente, a donc son origine dans un sentiment d’inadéquation par rapport à un objectif qui ne peut jamais être atteint, tellement il s’est éloigné du réel pour reposer entièrement sur les attentes idéalisantes des autres, de qui semble dépendre notre propre valeur intime : la valeur d’un moi intégré, mais qui, dans ce système, reste séparé. Les jeunes NEET semblent donc signaler que la culture sociale actuelle est assujettie à un narcissisme absolu où la limite est l’impossible, déguisé en «Record», le nouveau dieu incontesté, tel que j’ai pu le décrire dans notre séminaire de Novembre 2018 consacré au thème de l’exploitation de la violence du symbolique dans le monde virtuel (en réalité très concret) et donc social. Ces jeunes se réfugient par conséquent dans un monde personnel dont la seule « valeur » est l’exclusion des valeurs assumées concrètement par notre société.

Ces nouvelles générations NEET cherchent dans ce rejet critique, mais encore inconscient, des voies d’intégration sociale considérées comme normales, une nouvelle façon de procéder dans leur processus d’individuation, mais elles semblent manquer du sentiment d’appartenance suffisant pour achever le processus et rendre leur critique consciente et ouvertement sociale (Zoja, 2013). C’est un schéma typique de la «psychologie individuelle comparée» (nom qu’Adler a donné à sa psychologie) pour comprendre autant la subjectivité du patient que sa pathologie en termes de contexte, notamment socioculturel.


À partir de cette perspective, même le choix du terrorisme par certains jeunes semble pouvoir jouer le même rôle identitaire pour le Dr Elena del Santo, mais sous une forme plus externalisée : une forme d’agencement (agency) contre un non-sens dépressif, favorisé par la concaténation de circonstances et de facteurs contributifs. Comme pour les jeunes NEET, le jeune attiré par le terrorisme ne semble pas souffrir de problèmes psychologiques (John Horgan, « Terroristes, victimes et société: perspectives psychologiques du terrorisme et de ses conséquences », 2003, John Wiley & Sons Ltd), mais il est plutôt inséré dans une situation socioculturelle qui favorise la justification «morale» de la violence en réponse à une grave induction de l’absence d’objet vital, souvent lié aux blessures narcissiques de toute une communauté. Nous savons aujourd’hui que les environnements « facilitants » sont les contacts sur Internet, la détention carcérale et probablement les institutions religieuses, même si c’est dans une forme indirecte. L’analyse comparative proposée par le Dr. Del Santo avec le terrorisme des années 70 des Brigades rouges explore cette voie psychosociale. Nous souhaitons souligner le côté plus psychotique de la violence exercée par le terrorisme du 3ème millénaire, violence qui n’était pas autant accentuée et systématique chez les Brigades Rouges, autant dans leur mode associatif qu’exécutif.

Nous discernons également dans la déclaration d’Horgan une tentative légitime de provoquer un débat épistémologique sur les fondements des modèles « à-priori » des sciences socio-économiques, politiques et psychologiques, utilisés pour comprendre le phénomène du terrorisme, puisque le paradigme bio-psycho-social n’est à ce jour pas encore établi de manière scientifique interdisciplinaire et internationale.

Liens familiaux, réalité virtuelle et détresse des jeunes

Il semble donc que l’appauvrissement du lien familial et social [1], causé aussi par l’accès spontané et solitaire à la réalité virtuelle et son usage non critique, conduise à des mécanismes compulsifs de dépendance, en même temps qu’à la rupture psychique entre le Soi et l’Autre. Le jeune – comme ses éducateurs adultes – ne détecte pas l’impact psychocorporel de la confusion perceptive, désormais  banalisée,  entre le réel et le symbolique, non perçue en raison du fait préjudiciable que le virtuel n’est pas le réel et qu’il ne nécessiterait donc pas de compétence spéciale ni d’apprentissage spécifique, à savoir une transmission relationnelle. L’accélération de l’apport de technologies toujours nouvelles dans nos vies ne permet pas la formation de « maîtres » : on pense donc qu’il n’y a pas de transmission possible, puisqu’il n’y a pas de savoir « supérieur ». La transmission ne se conçoit pas encore comme un accompagnement horizontal et non seulement vertical, inséré dans le paradigme de la différence, typique par exemple du contexte thérapeutique dans lequel on ne pense pas à formater le patient, mais d’abord à être avec lui, à l’écoute et dans un accompagnement magistral qui implique également le changement possible du thérapeute. Comme l’a bien mis en évidence le Dr Aillon, si Freud s’adressait à une société aux prises avec un conflit névrotique entre transgression et culpabilité dans sa quête de réalisation du plaisir, ce qui gardait intact la recherche d’un sens possible de la vie, c’est aujourd’hui le modèle d’Alfred Adler qui émerge, puisqu’il peut expliquer ce sentiment fondamental d’insuffisance et d’inadéquation de l’individu qui doit se confronter à l’injonction culturelle et sociale de trouver un sens dans une surenchère sans limite ou l’impossible à réaliser est considéré comme «limite adéquate».

La psychologie individuelle, née au sein de la néophyte psychanalyse freudienne, a conçu l’inconscient humain entre deux pôles sous-jacents : l’un individuel, poussé par le sentiment d’infériorité, et l’autre plus relationnel, favorisé par le sentiment d’appartenance (Gemeinschaftsgefühl). La psyché humaine fonctionne comme un système finaliste (téléologique) qui a besoin de s’orienter vers un but ; bien que ce but soit une construction inconsciente (fiction ou schéma perceptible), il est susceptible de confrontation avec la réalité et d’adaptation, si l’esprit reste dynamique et fluide. Au moment où l’esprit appauvrit la résistance entre ces deux pôles, la rigidité défensive se met en place et les buts fictionnels deviennent inflexibles, se transformant en rationalisations idéologiques qui ne peuvent plus dialoguer avec la réalité. Cela empêche le sentiment d’appartenance de s’incarner et de jouer son rôle fondamental d’équilibre entre les instances de compensation [2] dans le processus identitaire, laissant ainsi le champ libre à la « volonté de puissance » narcissique, à la dissociation et à la dépression, à la domination violente, tels que « styles de vie » devenus dignes d’estime et d’investissement.

La théorie adlérienne analyse ainsi la violence comme une expression de l’agressivité (individuelle et collective) super-compensatoire impulsive et inadaptée, en réponse aux sollicitations extrêmes du sentiment d’infériorité que peut produire l’environnement. Cependant, l’agressivité reste en soi une énergie vitale, si elle est simplement dirigée vers l’extérieur, comme l’éthologie l’a formulé (Konrad Lorenz), énergie vectorielle qui chez l’homme dépend du système complexe de ses « fictions » internes (schémas perceptifs), exprimées par les émotions, les sentiments, les valeurs et le corps avec ses propres perceptions. Dans les premiers temps de l’élaboration de sa théorie, Adler concevait l’agressivité en termes de pulsion interne comme un concept ou une abstraction, puisqu’il percevait le risque de l’hypostasier (la réifier). Au cours de l’évolution de sa pensée, la « pulsion d’agression » fera place au concept de « pouvoir créateur » (compréhensible aujourd’hui par les concepts de « créativité du Soi » ou « Soi Créatif »). Dans les deux concepts (agressivité et créativité), nous retrouvons le rôle régulateur du sentiment d’appartenance en tant qu’instance vitale et motrice pouvant contenir, apaiser et faire évoluer harmonieusement la perception d’une infériorité individuelle universelle vers une compensation sociale de ce sentiment, orienté vers l’Autre plutôt que contre l’Autre, à la recherche d’un partage comme plaisir et réalisation personnelle et sociale, car nous aurons pu accepter le sentiment de dépendance relative que l’homme a intrinsèquement de l’Autre. L’échec de ce sentiment d’appartenance, par déracinement socioculturel, traumatismes relationnels de l’enfance ou même maladie, produit des « fictions tendancieuses » ou des directions « existentielles » non adaptatives du style de vie des individus qui peuvent aller jusqu’à des surcompensations pathologiques et violentes, qui entrainent la tendance universelle à la supériorité vers une surcompensation dominatrice : la « volonté de puissance » de source nietzschéenne.

Dépression, difficultés d’adaptation, immigration et situation des femmes : nos prochaines initiatives

http://institut-alfred-adler-paris.fr

Pour continuer ce parcours, nous organisons au mois de Juin un séminaire intitulé « Dépression, le mal du siècle » dans lequel nous aborderons l’aspect biologique avec Mme Morgane Pidoux, élève à la formation de psychanalyste adlérien également post-doctorante en neurosciences, à travers un module appelé Flash-Formation intitulé « Le corps vidé : neurophysiologie de la dépression », ceci pour promouvoir une approche interdisciplinaire du public et des intervenants. Nous aurons également une intervention très intéressante de M. Hervé Etienne, qui analysera l’aspect sociopsychologique de la dépression. Il est sociologue et psychothérapeute et travaille avec nous depuis un certain temps. Il intervient également en tant que consultant auprès d’institutions et d’entreprises qui rencontrent des dysfonctionnements organisationnels, souvent liés aux psychopathologies d’organisation. Comme toujours, nous traiterons de l’aspect psychodiagnostique et psychothérapeutique avec Barbara Simonelli, en particulier des personnalités narcissiques et dépendantes, en lien avec la dépression. Une étude sur la dépression à l’adolescence sera également présentée par Chiara Maria Mazzarino (PhD). Nous conclurons cette journée par mon intervention sur le paradigme d’infériorité, « L’Anima et le Minus », pour souligner les métamorphoses défensives dévitalisantes face à ce sentiment également lié à un environnement relationnel structurellement déstabilisant, autant dans le passé qu’au présent ou dans le futur, dimensions qui forment la véritable matière psychique.

Ce programme est précurseur du séminaire de septembre, Journée Spécialiste Interdisciplinaire, où nous analyserons la figure du médecin généraliste comme guide prioritaire dans les étapes de vie de ses patients qui peuvent s’avérer être des personnes «isolées» autant au sens social qu’au sens psychique du terme, c’est à dire trop structurellement et /ou légitimement incompétents face à leur propre situation de vie pour organiser une demande d’aide cohérente. La personne âgée, déconnectée du sentiment social, ou le nouveau-né qui ne l’a pas encore développé, sont des exemples extrêmes de sujets qui ne peuvent subvenir à leurs besoins ni à leur survie ; il incombe alors au médecin d’organiser leur prise en charge. Le médecin généraliste se trouve donc dans la nécessité de devoir apprécier de complexes situations relationnelles intersystémiques et interdisciplinaires, étant appelé à décider et à coordonner les solutions socio-médicales à mettre en place pour la personne fragile ou fragilisée.

En automne (novembre 2019), une 4ème étape sera consacrée aux nouvelles formes de violence, avec un séminaire plus centré sur les problèmes d’immigration avec en particulier l’impact traumatique du décalage culturel [3] sur l’identité féminine (thème cher à OT qui l’a abordé dans la critique n ° 11 du livre de Giulia Cerino : « Ils reviennent. Les combattants étrangers du jihad racontés par leur mère »).

Cette Journée psychosociologique reprend le thème du lien entre l’adolescence et le terrorisme, vue de l’intérieur des foyers, pour faire émerger la violence familiale comme génératrice d’une solitude psychique malsaine (en soi la solitude psychique est une fonction importante de la satisfaction identitaire, bastion déterminant de l’autonomie), car elle induit un isolement qui conduit parfois à forger un idéal rigide et extrême comme défense contre un sentiment d’absence de valeur : le sentiment d’infériorité réelle et/ou imaginaire (fiction). Le programme, qui est en cours de définition, comprendra une intervention du professeur Houria Abdelouahed (Paris 7) sur l’identité féminine et la religion musulmane; et de la psychiatre Alice Visintin du centre Fanon, sur l’immigration et le sentiment de citoyenneté dans une perspective ethnopsychiatrique et adlérienne. Moi-même j’approfondirai les déboires du sentiment d’appartenance comme base de la surcompensation violente du terrorisme. Enfin, la psychanalyste et écrivaine adlérienne Virginie Megglé formulera une analyse psychanalytique sur la problématique de l’idéologie identitaire, sans rapport avec un territoire d’appartenance réel et vécu ainsi projetée vers une terre promise. Nous espérons accueillir un expert en géopolitique et système de sécurité nationale lié à la sécurité nationale française pour mettre en dialogue nos différents savoir-faire et apprendre à évoluer ensemble.

Ce programme souhaite faire la part belle à une problématique très adlérienne, celle de la féminité, que nous considérons comme paradigmatique pour toutes les identités. Pour Adler, la féminité (de l’homme et de la femme) a été et demeure symbole et réalité d’une infériorité dépréciée et soumise (socialement compensée par une idéalisation autant virginale et sacrée qu’inaccessible), dans un monde qui a opté depuis des millénaires pour la « surcompensation fictionnelle d’une virilisation socioculturelle » [4], sous des formes de domination, de perfectionnisme sadique, de concurrence illimitée, de violence. La place accordée à la féminité au cours des siècles représente en réalité un mode de défense autant inconscient que conscient de la civilisation humaine pour contrôler le sentiment d’infériorité que nous procure le contact avec la différence de l’Autre, lorsqu’il nous renvoie à notre fragilité, en particulier face à un être paradoxal, très puissant pour concevoir la vie, la nôtre, et pourtant si fragile qu’il est capable d’en souffrir et d’en mourir sans en comprendre les raisons. Les formes de violence sont, en termes adlériens, les formes rigides de cette compensation excessive (pour les hommes comme pour les femmes), où le sentiment d’appartenance ne pourrait pas s’enraciner. Aujourd’hui, les femmes immigrées, même celles de deuxième et troisième génération, se trouvent au croisement d’une confrontation interculturelle dont l’impact est aussi invisible qu’impitoyable. Elles le mesurent d’abord avec leur propre corps, prenant à peine conscience de leur urgent et profond besoin de sens face à cette inadéquation et à cette confrontation. Ce n’est que par le calvaire d’une détresse psychique sans langage ni dialogue qu’elles arrivent parfois à nous thérapeutes. Les accueillir dans le contexte thérapeutique est toujours une expérience perturbante et créative d’une grande poésie.

En guise d’au-revoir, ces deux petites phrases citées par Mme Houria Abdelouahed [5] de son mystique préféré, le grand professeur soufi Ibn Arabi : « Stérile [littéralement : » quelque chose sur lequel on ne peut pas compter « ] est le lieu qui n’accepte pas le féminin », puisque : « L’humanité n’est pas la masculinité [ou la virilité] » [6].
Les deux auraient pu être écrits par Alfred Adler.

Dott.ssa Alessandra Zambelli
Superviseur Psychothérapeute Analyste Adlérienne,
Responsable des relations internationales et
des formations de l’Institut Alfred Adler de Paris (IAAP)

Notes :

[1] Thème que vous avez abordé dans le numéro 5 de l’OT lors de la relecture du livre de Luigi Zoja ”Dans l’esprit du terroriste. Conversation avec Omar Bellicini ”.

[2] La notion de compensation, centrale dans la théorie d’Adler, est d’abord élaborée à partir de l’analyse corporelle de l’infériorité d’un organe, en tant que fonction capable de remédier à la déficience initiale par une surcompensation progressive de l’organe inférieur lui-même ou sur la symétrique proximale, ou par une action indirecte réalisée par la fonction psychique, telle que la perception ou la mémoire, mais également par le comportement. Cette fonction vicariante a été confirmée en 1932 par le chercheur américain W.B. Cannon comme « loi de l’homéostasie » (Walter Bradford Cannon, The Wisdom of the Body – La sagesse du corps- , 1932, W. W. Norton & Company, New York). Adler a compris que tout ce qui, dans la nature, se trouve en état d’infériorité tend spontanément vers la supériorité et s’efforce de réagir avec une vigueur particulière aux stimuli qui l’assaillent. Par conséquent, la compensation permet à l’organisme d’atteindre un niveau de sécurité suffisant pour sa survie.
Cette attitude vectorielle est également inscrite dans l’esprit, en particulier l’humain, structuré de manière logique et téléologique, c’est-à-dire un système unitaire de perception, d’analyse et d’anticipation finaliste qui doit toujours être doté d’un objectif conscient et inconscient, ce dernier identifié comme fiction.
La fiction est une structure de l’inconscient qui fonctionne comme une forme symbolique, articulée de manière téléologique, qui dirige toutes nos impulsions et nos attitudes, et constitue de véritables dispositifs psychiques et techniques.
Adler fonde son analyse du fonctionnement mental sur la « Philosophie du Comme Si » du philosophe pragmatiste post-kantien Hans Vaihinger, publiée en 1911, année de sa séparation de Freud pour fonder la Société de psychologie individuelle comparée, et publier en 1912 son texte principal : Le tempérament nerveux.
La psyché est donc conçue comme un système finaliste unitaire qui, pour fonctionner, a toujours besoin de se fixer un objectif unique pour s’orienter dans la réalité, et y adhérer lorsque la fiction reste dynamique, ce qu’Adler désigne comme une fiction « directive ». La fiction devient super-compensatoire si elle se rigidifie sous l’impulsion du sentiment d’infériorité, Minderwertigkeitsgefühl, donnant lieu à la psychopathologie et à la violence, et prenant le nom de fiction « tendancieuse » parce qu’elle est maintenant déconnectée de l’échange dynamique avec la réalité.
Pour Adler, le conflit ne se situe plus entre des pulsions individuelles, mais entre l’individu et son environnement, qui est avant tout relationnel. L’élément équilibrant pour l’esprit humain, le seul qui lui permet de s’élever et de s’affranchir du sentiment d’infériorité de mémoire rousseauienne, élément universel pour la condition humaine qui traverse une longue période de plasticité infantile, est ainsi pour Adler le sentiment d’appartenance, Gemeinschaftsgefühl.
Le petit d’homme atteint la conscience intégrée et équilibrée entre les instances affirmatives liées au sentiment d’infériorité et les instances coopératives stimulées par son besoin de tendresse et d’empathie, Zärtlichkeitsbedürfnis, et son histoire relationnelle avec les affects fondamentaux.

L’équilibre entre ces deux pôles (les instances affirmatives et les instances relationnelles) permettra à la personnalité de se forger un Style de vie comme réponse fictionnelle unique et intime, en dialogue permanent avec la réalité socio-économique et culturelle, ou alors de forger une fiction tendancieuse qui enferme l’individu dans un système de référence isolant : psychopathologie et crime. Pour Adler, l’élan vers la supériorité a été jusqu’ici la fiction la plus créative – la meilleure possible – que l’être humain ait inventée pour satisfaire les deux instances, tant que le but de la supériorité ne tombe pas dans le travers illégitime de la domination. Adler n’a pas opposé de veto au fait que cette recherche créative pour se dépasser puisse un jour se modifier. Nous sommes peut-être arrivés à ce terminus dont il en a perçu la nécessité logique.

[3] Terme indiquant la différence entre deux cultures ou plus (nationale et/ou tribale, ou locale) qu’un individu doit composer dans une situation d’immigration. Je préfère utiliser le concept de « décalage », déphasage, plutôt que celui de choc culturel ou de choc des cultures, car il indique une possible neutralité émotionnelle (non traumatisante) dans les connections culturelles que les première, deuxième et troisième génération d’immigrés sont nécessairement amenés à métaboliser, en relation aux différentes sources et formes culturelles. En fait, cette confrontation culturelle implique souvent une surcharge d’informations, la barrière de la langue, un écart générationnel plus important, un éventuel écart technologique, ainsi que le classique « mal du pays ». Tous des éléments potentiellement fortement stressants.

[4] Adler a observé, dès le début du siècle dernier, que l’enfant apprenait tôt à se sentir plus fort en imitant la figure paternelle et à calmer ainsi son sentiment d’infériorité de manière fictive par le biais de cette surcompensation légitime, symbolique et évolutive qui lui restera comme une empreinte. L’accusation qu’Adler apporte à la société de l’époque, et qui s’applique encore à la nôtre, est que la civilisation n’est pas allée plus loin que cet enfant : elle a opté pour une valorisation socio-économique et culturelle des traits masculins comme emblème de la « Volonté de puissance » (terme qu’ Adler a emprunté à Nietzsche) au détriment des traits féminins, sans autre raison que de calmer le sentiment d’infériorité inconscient et non intégré, en l’hypostasiant et en le reléguant à la seule condition féminine, et en opérant des équivalences illégitimes et fictionnelles de féminin = inférieur = femme, viril = supérieur = homme. Ce processus projectif ne permet pas à notre société d’évoluer en adhérant à la réalité de nos besoins et de nos plaisirs profonds, car il repose sur un mécanisme de défense de déni du sentiment d’infériorité, plutôt que sur son intégration réelle. Le génie d’Adler est de l’avoir observé aussi chez les femmes, le nommant « protestation virile », car il apparaît évident chez ces personnes qu’elles doivent nier tous les traits féminins comme s’ils étaient honteux, humiliants : le garçon manqué ou la «mâle» ».

[5] Voir doppio zero (double zéro) https://www.doppiozero.com/materiali/donne-violenza-e-islam

[6] Houria Abdelouahed : Psychanalyste, professeure agrégée et directrice de la recherche du département des études psychanalytiques de l’Université Denis Diderot (Paris 7), membre du CNRS, auteure entre autres du livre lauréat du prix de l’évolution psychiatrique « Figures du féminin en islam », ( PUF, 2012).

Sommet adlérien en ligne

Sommet adlérien en ligne
Adler University

8

MARS, 2019

à partir de 16:00 (heure française)

Événement Adlérien
En anglais
Gratuit

Appartenance. Développement de la personnalité. Évolution Sociale.

Le Centre pour la pratique et l’enseignement adlérien de l’Université Adler de Chicago propose une journée d’ateliers en ligne et en anglais. Intitulée « Appartenance, Développement de la Personnalité et Evolution Sociale » (Belongingness, Personality Development, and Social Evolution), ce sommet de formation est organisé par le Centre pour la deuxième année consécutive. Les ateliers font partie du programme de Formation Continue de l’Université Adler, sponsor approuvé par l’American Psychological Association, et sont exceptionnellement proposés à tous les publics lors de cette journée spéciale. L’événement sera donc également accessible en ligne, avec une session spécialement conçue pour les participants à distance. L’événement est parrainé par le Centre for Adlerian Practice and Scholarship (CAPS) et le Bureau de l’avancement des institutions (OIA). Ne manquez pas l’occasion de participer, même de loin, à une journée riche en expériences et en camaraderie à la manière de Adler, mettant le sentiment d’appartenance en action!

Dès 09:00 le 8 Mars, connectez-vous au sommet en ligne.

La théorie adlérienne considère le sentiment d’appartenance comme le cœur de la personnalité humaine, il est la base logique de son développement vers l’idéal commun et la condition préalable essentielle de l’évolution sociale. Cette journée complète de formation présentera aux participants le concept d’appartenance selon Alfred Adler et Rudolf Dreikurs, son lien avec d’autres idées fondamentales, son rôle dans la santé individuelle et collective et son utilisation dans les relations organisationnelles et humaines.

Inscrivez-vous sur le site de l’événement (en anglais)

Allez-y avant le 1er mars 2019, et pensez à en faire profiter les personnes intéressées.

De nombreux conférenciers thérapeutes et/ou formateurs tous spécialistes adlériens sont les intervenants de cette journée. Vous pourrez assister aux conférences de :

  • Dr Eva Dreikurs Ferguson
  • Dr Julia Yang
  • Dr Richard Watts
  • Dr Claudette Brown
  • Dr Leigh Johnson-Migalski
  • Dr Marina Bluvshtein
  • Dr Mel Markowski

Télécharger le programme

Pour tous les détails, les horaires et les titres des conférences, accédez au programme sur le site de l’organisateur

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Week-end des 16 & 17 Mars 2019

Samedi 16 & Dimanche 17 Mars 2019

Formation Psychanalyste FOAD (Formation Ouverte et à Distance)

6ème Session, Année 2

Samedi 16 Mars :

Journée Scientifique Interdisciplinaire, cours ouvert au public.

La violence, ses formes multiples et déguisements contemporains

Dans « La pulsion d’agression dans la vie et dans la névrose » paru en 1908, Adler conçoit que l’organisme est capable de compenser ses conditions d’infériorité et d’atteindre un niveau de sécurité et de survivance suffisante, grâce à l’intervention de la pulsion d’agression.

Accès : Sessions ouvertes à tous les adhérents IAAP
Horaires : de 09:00 à 18:00
Adresse : Salle F (Pavillon de l’Horloge) de l’Hôpital Sainte-Anne, 1 Bis rue Cabanis, 75014 Paris

Accès : Sessions filmées réservées aux élèves inscrits (présentiel et/ou streaming)
Horaires : de 09:00 à 14:00
Adresse : Salle F, Pavillon de l’Horloge, Hôpital Sainte-Anne, 14 rue Cabanis, 75014 Paris

Violence, agressivité et pulsion d’agression

D’origine latine, le mot « agressivité » a pour étymologie « adgredi » ou « ad-gressere » signifiant aller vers, marcher. Dès 1908 dans l’écrit «La pulsion d’agression dans la vie et dans la névrose», Adler se démarque de Freud en considérant ce qu’il nomme la « pulsion d’agression » comme une réponse dynamique que l’individu apporte aux sollicitations du milieu et aux contraintes intérieures organiques, émotionnelles et affectives, plutôt que comme un instinct impulsif autonome. Adler décrit tout d’abord la pulsion d’agression depuis chaque organe comme leur capacité à une certaine autonomie « pulsionnelle » de compensation; tout en soulignant la nécessaire capacité « pulsionnelle » de coopérer entre eux. Le corps se gère, en effet, grâce à sa capacité de coopération coordonnée, repérable en particulier dans le mécanisme de la compensation, tel que décrit en 1907 dans “La compensation psychique de l’état d’infériorité des organes”.
Adler fait le distinguo entre les pulsions primaires tendant à répondre aux besoins organiques sensoriels et une pulsion supérieure agressive qui dynamise les pulsions des organes, les faisant confluer jusqu’à former un « entrelacement pulsionnel ». La « pulsion d’agression » est cette attitude offensive par rapport aux tâches qui se présentent à l’individu.

Selon Adler les pulsions émergent au niveau conscient soit directement, soit en étant transformées, soit elles sont complètement inhibées par les exigences extérieures (modulées par le Gemeinschaftsgefühl, sentiment d’appartenance et/ou sentiment social) ou le conflit avec une autre pulsion. La dynamique unificatrice de la pulsion d’agression nourrit une «superstructure psychique» capable de gérer le comportement global de la personne, dans un «entrelacement ou croisement [Verschränkung]) pulsionnel» réalisé par la psyché qui régule, inhibe, équilibre les pulsions, ou les transforme et les retourne.

Cette force de la pulsion d’agression est le moteur de la compensation de l’infériorité, qui en reste la finalité. C’est une combativité, une énergie offensive orientée vers un but de sauvegarde, voire de puissance ou de supériorité, produisant le plaisir psychosomatique de la compensation du sentiment d’infériorité. On la retrouve au cœur de la créativité de la personne, dans ses mécanismes d’adaptation et de défense. Elle est fortement régulée par le sentiment social, le Gemeinschaftsgefühl (qui est à la base de toute relation avec l’environnement extérieur) qui, produisant une action combinée à la pulsion d’agression, donne lieu à un équilibre plus ou moins harmonieux, berceau de la psyché.

Dès 1908, Adler s’éloigne de l’idée freudienne d’une pulsion sexuelle directrice pour se détacher complètement du paradigme pulsionnel freudien à partir de 1911, s’étant attaché au paradigme fictionnel et téléologique.

Ainsi, la pulsion d’agression évoluera vers les notions de «protestation virile» et de «volonté de puissance», mais Adler considérera toujours l’agressivité comme cette force motrice et vitale qui anime la nécessaire compensation du sentiment d’infériorité, en direction de l’Autre.

Et la violence dans tout ça ? On comprend ainsi qu’elle est fortement liée à l’agressivité. Mais là où l’agressivité – désormais acquise au sens éthologique de Konrad Lorenz (1903-1989) – inspire la puissance qui permet l’affirmation de soi et la rencontre avec l’autre, la violence évoque l’impuissance ou la surpuissance, à savoir des processus relationnels déficients. Physique, verbale, familiale, conjugale, communautaire, sexuelle, psychologique, sociale, institutionnelle, symbolique, la violence est un phénomène complexe et protéiforme. Force hostile qui cherche à détruire l’autre pour se défendre soi-même, ou retournée contre soi-même, elle s’inscrit en dehors des cadres sociaux qui fondent l’appartenance de l’individu et court-circuite la psyché par un passage à l’acte qui prend à ce moment-là plus de sens.

La violence est-elle l’expression d’un dérèglement de l’agressivité ? D’une défaillance des mécanismes d’adaptation et de compensation de l’infériorité ? Est-elle une surcompensation ? Un mécanisme de survie psychique ? L’expression d’un déficit du Gemeinschaftsgefühl ? D’une incapacité à supporter l’ambivalence ? Ou tout ça à la fois ? Nous verrons, à travers les différentes interventions de la journée, les dynamiques qui sous-tendent ce phénomène aux multiples formes d’expression et aux manifestations parfois visibles ou invisibles.

Jour 1 – Samedi 16 Mars – Journée Scientifique Interdisciplinaire

Session ouverte aux élèves et aux adhérents IAAP

Formation I Axe Théorique, II Axe Psychodiagnostique,  et Axe V Clinique

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9:00 – 9:30

Sainte-Anne

Présentation

Par Alessandra Zambelli, Responsable Formation

Accueil et présentation

Accueil des élèves et des participants pour cette journée très spéciale . Madame Zambelli présente l’Institut Alfred Adler de Paris et la Formation Triennale de Psychanalyste Adlérien.

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09:30 – 10:30

Sainte-Anne

1ère Session

Par le Pr Filippo Rutto

Les dynamiques sociales de la violence

Sociale et collective ou individuelle et intime, la violence traverse les sociétés depuis l’aube des temps de l’humanité, commun sujet de recherche qui inquiète et fascine tout à la fois. Le Pr Filippo Rutto abordera pour nous les ressorts culturels et sociaux de la violence à travers le prisme du Gemeinschaftsgefühl et du paradigme social adlérien.

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10:30 – 13:00

Sainte-Anne

2ème Session

Par le Pr. Barbara SIMONELLI et le Pr. Simona FASSINA : la violence contre les femmes

La violence contre les femmes

« La victime. Le persécuteur. Les dépendances affectives » : La violence conjugale plutôt que l’angoisse de l’abandon ?

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14:00 – 16:00

Sainte-Anne

3ème Session

Dr. Jean-Louis AILLON et Elena DAL SANTO

Les nouvelles formes d'agentivité (agency) à l'adolescence

Etude d’un lien possible entre le phénomène des NEET (ni étudiant, ni employé, ni stagiaire) et le terrorisme.

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16:30 – 17:30

Sainte-Anne

4ème Session

Par Virginie MEGGLE

La violence indicible

L’abus de pouvoir entre infériorité et supériorité

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17:30 - 18:00

Sainte-Anne

Clôture de la Journée

Par Alessandra ZAMBELLI

Final et Clôture de la Journée

Présentation des prochaines sessions de formation ouvertes au public, dans le cadre du programme de la Formation Triennale de Psychanalyste Adlérien par la Directrice des Formations.

Téléchargez le programme complet

Jour 2 – Dimanche 17 Mars – Atelier présentiel ou streaming vidéo

Session réservée aux élèves inscrits

Formation Axe 2 Psychodiagnostique,  Axe 3 Technique et Axe 5 Clinique

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09:00 – 11:00

Sainte-Anne

1er Atelier

Par le Pr. Simona FASSINA

Etude de cas clinique

Présentation et analyse à partir du cas concret d’un patient (anonyme).

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11:00 - 13:00

Sainte-Anne

2ème Atelier

Par le Dr Jean-Louis AILLON

Etude de cas clinique

Présentation et analyse à partir du cas concret d’un patient (anonyme).

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14:00 - 16:00

Sainte-Anne

3ème Atelier

Par le Pr Filippo RUTTO

Etude de cas clinique

Présentation et analyse à partir du cas concret d’un patient (anonyme).

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16:00 - 18:00

Sainte-Anne

4ème Atelier

Par le Pr Barbara SIMONELLI

Etude de cas clinique

Présentation et analyse à partir du cas concret d’un patient (anonyme).

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18:00

Sainte-Anne

Clôture

Par le Pr Alessandra ZAMBELLI

Clôture de la 2ème Année de Formation

Clôture de la 2ème Année de Formation. Annonce du week-end de révision.

Inscrivez-vous!

Pour vous inscrire et assister à la journée du 16 Mars 2019. Pour profiter de toutes nos activités. Pour vous former à la psychanalyse adlérienne. Pour soutenir la recherche. Pour collaborer. Adhérez à l’Institut !

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Pr Andrea Ferrero : Une psychothérapie modulée sur le fonctionnement psychopathologique

Présentation du livre du Pr Andrea Ferrero

En marge de la Conférence Internationale de Psychologie Individuelle qui s’est tenue le 19 Novembre 2018 à Vienne, le Pr Andrea Ferrero de l’Université de Turin, également formateur invité à l’Institut Alfred Adler de Paris, a présenté la version anglaise de son livre « Une psychothérapie modulée sur le fonctionnement psychopathologique. Le modèle sur-mesure de la psychothérapie psychodynamique adlérienne. »

Cet ouvrage est paru dans sa version française en 2014 aux éditions l’Harmattan, Paris, préfacé par Madame Alessandra Zambelli, Directrice des formations et Responsable des Relations Internationales de l’Institut Aldred Adler de Paris.

Pr Andrea Ferrero

Psychiatre, Psychothérapeute

L’auteur, Andrea Ferrero est depuis bientôt 40 ans un médecin psychiatre reconnu. Il est également psychothérapeute adlérien, psychanalyste, superviseur et ancien professeur d’université à Turin en Italie. Grand spécialiste d’Alfred Adler, il est depuis 1999, président de la Section Internationale Theory & Research de l’IAIP (International Association of Individual Psychology). Il est également président du CA et superviseur de l’Adlerian Psychodynamic Psychotherapies, training & research center à Turin.
Il est l’auteur de plusieurs livres et a publié plus de 100 articles dans de nombreuses revues scientifiques en Italie, en Europe et aux États-Unis.

La psychologie individuelle :

3 paradigmes théoriques

L’unité psycho-somatique de l’individu

Tous les individus éprouvent un sentiment d’infériorité inconscient, qui est enraciné et exprimé à la fois dans les traits biologiques du tempérament et dans les traits psycho-sociaux du caractère.
Les individus essaient d’y faire face par des compensations psychiques ou somatiques, selon deux méthodes différentes: accroître leurs compétences (aspiration vers la supériorité) et développer leur capacité d’inclusion et de coopération (sentiment social) ou utiliser les deux.

La régulation du moi

La possibilité pour un individu de construire, dès son plus jeune âge, une image de soi cohérente et une identité stable est liée à la satisfaction des besoins en amour et en la tendresse première des parents.
L’individu développe ses propres stratégies conscientes et inconscientes pour faire face aux difficultés de la vie de manière cohérente avec l’image de lui-même qu’il s’est développée.
Le style de vie unique et irremplaçable décrit la manière spécifique dont il réagit et s’adapte aux événements de la vie et à ses propres expériences intérieures.

Les modules relationnels

Le sens psychologique des manifestations humaines ne peut être séparé des interactions que chaque individu vit avec ses semblables.
Les modalités selon lesquelles ces relations significatives sont enregistrées et intériorisées, même inconsciemment, constituent les « images guides » qui vont conditionner comment s’orienter dans la vie (fictions).
En ce sens, les modules relationnels représentent également le fil rouge symbolique qui relie les éléments du style de vie, qu’ils soient en accord ou en contradiction.

Que sont

les APP ?

Au-delà des symptômes, le contexte psychopathologique

Les APP sont des psychothérapies basées sur une lecture psychopathologique-dynamique de la pathologie, spécifiquement orientée selon la reconnaissance des différents Niveaux de Fonctionnement Psychopathologique (PFL) du patient.

Le diagnostic catégoriel, basé sur une évaluation exclusivement symptomatique, ne fournit pas, en effet, d’indications suffisantes pour guider le projet clinique et le cadre technique de la psychothérapie. Une évaluation des éléments dysfonctionnels à la base du trouble est indispensable.

L’Echelle d’Evaluation des Niveaux de Fonctionnement Psychopatologique (PFL-RS) est un outil visant à identifier, sur 7 niveaux de gravité, le fonctionnement du patient dans 5 domaines :

  • Identité (ID), à savoir l’identification des aspects de déficit de la structure primaire du soi et/ou de dérèglements conflictuels
  • Compréhension (CO), à savoir les diverses capacités de mentalisation et d’orientation de l’attention exécutive dans le sens du projet
  • Émotions négatives (EM), à savoir la qualité, la différenciation, la stabilité et la conformité des émotions négatives
  • Action/Régulation des comportements (RA), à savoir la détection de toute tendance à l’inhibition du comportement ou à l’impulsivité auto/hétéro, et la tendance à mettre en action les vécus psychiques
  • Les compétences sociales (SS), à savoir les problèmes de qualité et de constance des relations sociales et les difficultés de modulation de la distance relationnelle.

La possibilité d’identifier les forces du patient et les zones de dysfonctionnements plus importants permet de façonner des interventions thérapeutiques «sur mesure» pour le patient. Les objectifs cliniques visent à modifier non seulement les symptômes, mais également d’importants aspects du fonctionnement du patient, tout en soutenant et en renforçant ses ressources les plus adaptatives.

Le modèle des PPA prévoit donc la possibilité de configurer des traitements avec un cadre thérapeutique différencié, sans limite de temps ou dans un temps imparti.

Les interventions limitées dans le temps sont codées selon des modules de 10, 15 ou 24 sessions hebdomadaires (B-APP: Brief Adlerian Psychodynamic Psychotherapy) ou en modules séquentiels de 40 sessions hebdomadaires (SB-APP: Sequential Brief Adlerian Psychothérapie psychodynamique), praticables notamment dans le contexte du service public, en ambulatoire ou même en résidentiel.

Les APP limitées dans le temps ont également fait leurs preuves dans le traitement des troubles anxieux et des troubles mineurs de l’humeur, des troubles alimentaires et des troubles de la personnalité.

Week-end des 10 & 11 Novembre 2018

Samedi 10 & Dimanche 11 Novembre 2018

Formation Psychanalyste FOAD (Formation Ouverte & à Distance)

4ème Session, Année 2

Samedi 10 Novembre :

Journée Scientifique Interdisciplinaire, cours ouvert au public.

Jeu & Ludique, du virtuel au social

Nous aborderons cette journée avec la perspective de différencier jeu et ludique pour comprendre comment la dimension ludique est une énergie essentielle au pouvoir créateur, et comment le nouveau paradigme du virtuel redéfinit les représentations symboliques et la participation de l’imaginaire fictionnel à la
construction de la réalité.

Accès : Sessions ouvertes à tous les adhérents IAAP
Horaires : de 09:00 à 18:00
Adresse : Salle F (Pavillon de l’Horloge) de l’Hôpital Sainte-Anne, 1 Bis rue Cabanis, 75014 Paris

Accès : Sessions filmées réservées aux élèves inscrits (présentiel et/ou streaming)
Horaires : de 09:00 à 14:00
Adresse : Salle F, Pavillon de l’Horloge, Hôpital Sainte-Anne, 14 rue Cabanis, 75014 Paris

Jeu & Ludique : une exploitation de la violence symbolique du monde virtuel au monde social ? Ou vice-versa ?

Du défi phylogénétique de l’homme face à l’infosphère et à l’anthropocène, au combat ontogénétique dans le relationnel quotidien.

La trame virtuelle de la perception, le système fictionnel et téléologique du psychisme, le monde virtuel géopolitique :
Quel cadre ontologique pour l’existence corporelle de l’homme ?
Quel impact socio-économique sur le psychisme ?

Quel est le rôle du psychothérapeute et de sa discipline dans ce monde en vertigineux changement ?
Quelle culture pour une sauvegarde du symbolique psychique face au virtuel consumériste social?
Quelle protection pour que l’homme ne soit pas diminué par les passions tristes?

réalité virtuelle

Lorsqu’en 1985, Jaron Lanier emploie le terme oxymore de «réalité virtuelle» pour désigner la nouvelle technologie informatique qui permet la simulation de l’expérience physique, cognitive et sensorielle d’un environnement généré par des logiciels, le monde du virtuel, numérique et immatériel, n’était pas encore devenu ce qu’il est aujourd’hui : un mode de fonctionnement et d’organisation du monde, ancré dans la réalité quotidienne.
Prenons le smartphone, notre objet préféré, devenu à la place de notre cher doudou, l’objet fétiche puissant qui s’est substitué à «l’objet transitionnel». Il ne «transitionne» plus, il reste allumé en permanence et vit de lui-même. Il est là pour rester, s’infiltrer, s’imposer. A l’époque de la TV, on avait encore le choix, mais notre monde est désormais organisé dans cet espace parallèle virtuel ; qui ne l’est donc plus, si l’on fait référence au sens étymologique médiéval de virtuel, dérivé de virtus, qui signifie force, faculté,

une qualité intérieure pas nécessairement exprimée, celle qu’Aristote conceptualisait par le dunaton pour désigner l’être en puissance, animé par cette dunamis susceptible de se mettre en mouvement, de s’exprimer pour devenir à un moment précis «puissance en acte».

Le concret du virtuel peut-il donc être un avantage ? Dans ce cas, qu’est ce qui le rend si dangereux ? Il semble que ce soit son alliance avec cette autre importante dimension qui le constitue : le symbolique, et ses représentations entre imaginaire fictionnel et réalité sociétale.
Ce monde virtuel apparaît plein de confusions : une appli qui me permet d’acheter rapidement mon billet de train sans me déplacer à la gare parait pratique et ancrée dans le réel, mais celle qui me permet de poster des photos privées, sans prendre conscience que je partage mon intimité avec des inconnus à l’autre bout de la planète et sans garder le pouvoir sur leur utilisation ou leur suppression ultérieures, qu’en est-il ? Quelles conséquences pour mon psychisme ? Ce n’est plus du virtuel, mais bien de l’actuel, du concret, qui ne prend pas le sens du vrai réel. Mon smartphone, «objet du virtuel», est bien un «robot-gate» sur le symbolique, mais un symbolique prisonnier du virtuel, lui-même prisonnier de l’actuel. Quelle confusion !

Que sont en fait le symbolique et le virtuel ? Sont-ils forgés de la même chair ?
Nous enquêterons, décrirons, analyserons ce labyrinthe autant pragmatique qu’incorporel, à travers différents prismes :
. Les prismes philosophique et psychologique pour poser les points cardinaux de notre boussole qui nous aidera à maintenir la direction où la vision s’offusquera.
. Les prismes clinique et psychothérapeutique pour vérifier les hypothèses sur l’impact de ce nouveau monde sur le psychisme en évolution, tout particulièrement celui des adolescents et sa problématique identitaire centrale.

. Le prisme sociologique pour découvrir ce qui déjà se pervertit dans l’espace politique : la communication et les relations interpersonnelles dans la gestion du pouvoir.
. Le prisme technique pour dénicher l’algorithme qui transforme le virtuel en actuel, où l’outil technologique s’installe non plus comme «media», intermédiaire entre soi et l’autre, mais peut s’enraciner sous une forme addictive en lieu et place de l’expérience relationnelle.
. Le prisme du paradigme adlérien qui cherche à comprendre la souffrance humaine à partir de l’hypothèse d’un inconscient structuré entre le pôle du sentiment d’infériorité et le pôle du sentiment d’appartenance, à partir d’une chair fictionnelle et téléologique où le pouvoir créateur a statut de dunaton mais l’exigence et la responsabilité de sa dunamis.
La perspective de cette Journée de différencier Jeu et Ludique, défiant le sens étymologique et en consonance avec l’histoire de sa praxis, indique une voie de sortie de cette confusion par la récupération perceptive et la revalorisation ontologique d’une dimension intersubjective fondamentale, s’appuyant sur le paradigme bio-psycho-social adlérien.

Nous l’aborderons aussi depuis la vision du phénoménologue Eugen Fink qui donne à cette liberté le statut d’essence de la vie : la nécessité pour l’homme de s’exercer à l’existence, de ne pas se laisser fixer rigidement dans un but final, d’ouvrir son dunaton à sa dunamis, jamais achevée, dans un moment présent où il peut vivre l’actuel et le potentiel avec la dimension ludique du «comme si».
Finalement perdre cette dimension, expression d’une exigence fondamentale, signifie augmenter la souffrance de l’être humain par la perte du plaisir essentiel, par la perte de l’énergie associée à l’intégration de son esprit à son corps et son milieu.

Jour 1 – Samedi 10 Novembre – Journée Scientifique Interdisciplinaire

Session ouverte aux élèves et aux adhérents IAAP

Formation I Axe Théorique, Axe II Psychodiagnostique et Axe V Clinique

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9:00 – 9:30

Sainte-Anne

Présentation

Par Alessandra Zambelli, Responsable Formation

Accueil et présentation

Accueil des élèves et des participants. Madame Zambelli présente l’Institut Alfred Adler de Paris, la thématique de cette journée scientifique et la Formation Triennale de Psychanalyste Adlérien.

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09:30 – 10:00

Sainte-Anne

Flash Formation

Par Morgane Pidoux, Responsable de la Revue

Le cerveau, un organe ludique

Le monde réel nous envoie chaque secondes des milliers d’informations de distance, d’espace, de sons, de volumes, de vitesse, de pression et de positions que le cerveau intègre naturellement, qu’en est-il lorsque le virtuel envahit notre réalité quotidienne ?

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10:00 – 11:30

Sainte-Anne

Première Session

Alessandra Zambelli, Philosophe, Psychothérapeute, Psychanalyste, Responsable Formation IAAP

La perte du ludique dans notre vie contemporaine

« La perte du ludique dans notre vie contemporaine ». Une analyse philosophique et clinique de la dimension ludique dans la fonction symbolique et son adaptation évolutive à la vie technologique et virtuelle.

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11:45 – 13:00

Sainte-Anne

Deuxième Session

Pr Filippo Rutto, Psychologue, Maître de conférences à l’Université de Turin

Le virtuel et les ados

« Dépendance aux réseaux sociaux et aux relations virtuelles à l’adolescence. Pour cette génération, l’impact est décisif ».

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14:45 – 16:15

Sainte-Anne

Troisième Session

Hervé Etienne, Psychanalyste Existentiel, Sociologue, Superviseur, Formateur, Conférencier

Espace potentiel et jeu social

« Espace potentiel et jeu social. Comment la confusion s’installe »

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16:30 – 17:45

Sainte-Anne

Quatrième Session

Basile Cossade, Psychanalyste

"Identité et virtuel"

“ »Identité et Virtuel. Sexualité et Rapport à l’Autre par l’univers virtuel”. L’outil technologique n’est plus seulement media, moyen de transmission entre soi et l’autre, mais vient se substituer à l’expérience de l’autre.

Téléchargez le programme complet

Jour 2 – Dimanche 11 Novembre – Atelier présentiel ou streaming vidéo

Session réservée aux élèves inscrits

Formation Axe II Psychodiagnostique, Axe III Technique et Axe V Clinique

}

09:00 – 11:15

Sainte-Anne

Première Session

Par Barbara Simonelli

Atelier pratique

Le cadre thérapeutique de la psychothérapie adlérienne

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11:45 – 14:00

Sainte-Anne

Deuxième Session

Par Pr Filippo Rutto

Etude de cas cliniques

Cas cliniques : structuration du parcours psychothérapeutique (suivant le même schéma que celui précédemment proposé par la collègue pour l’analyse de cas clinique).

Inscrivez-vous!

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Quand l’enfant nous dérange et nous éclaire

Quand l’enfant nous dérange et nous éclaire

L’enfant qui n’entre pas dans le
moule est bien souvent
le révélateur d’un dysfonctionnement,
en exprimant à travers
son symptôme des conflits familiaux inconscients.

 

“Voici un ouvrage à faire découvrir à tous les parents: il permet une vraie remise en question de notre rôle, sur notre manière de fonctionner avec nos enfants, à comprendre leurs petits et grands maux.”

Line

Blog, 2petitsloulous

“Un livre qui ne laisse pas indifférent tant il pousse le questionnement. L’enfant perçu comme difficile, comme l’enfant qui « rentre dans le moule » peut avoir quelque chose à dire de par son comportement.”

Maman Chameau

blog, seveilleretsepanouir

Virginie Megglé

Psychanalyste

Virginie Megglé est psychanalyste en région parisienne, spécialisée dans les dépendances affectives et les troubles de l’enfance et de l’adolescence. Elle est également Superviseur Adlérienne IAAP et Professeur à la SFU (Branche Française de la Sigmund Freud Université, Vienne). Sa pratique s’étend aux constellations familiales, à la psychanalyse transgénérationnelle et à la psychosomatique. Elle est notamment l’auteur de : Le bonheur d’être responsable: vivre sans culpabiliser (Odile Jacob 2014), Les séparations douloureuses, guérir de nos dépendances affectives (Eyrolles 2015), Frères, sœurs : guérir de ses blessures d’enfance (Leduc 2015), Face à l’anorexie : Le visible et l’invisible (Eyrolles 2006). Elle est également fondatrice de l’association et animatrice du site Psychanalyse en mouvement

.

Dans ce dernier ouvrage, Quand l’enfant nous dérange et nous éclaire, Virginie Megglé nous montre qu’en redonnant du sens aux maux, en comprenant les interdépendances systémiques ou transgénérationnelles, le symptôme chez l’enfant peut être l’occasion pour une famille de grandir et pour chacun de retrouver sa juste place.

… le courage que confère une intime connaissance de soi.

Extrait de

l’avant-propos

Il existe des enfants joyeux, mais rares sont ceux qui n’ont jamais fait l’expérience de la souffrance… Ne serait-ce que celle de se sentir obligés de rendre leurs parents heureux ! De s’efforcer à être sages plus que de raison en s’adonnant à d’extraordinaires mais invisibles contorsions mentales pour ne procurer aucun désagrément… La réponse à la prière implicite qu’on leur adresse de rester charmants comme au premier jour n’est pas une sinécure.

Il existe aussi des enfants heureux, très heureux qui nous comblent de leur bonheur, jusqu’à ce que survienne un signal, une contradiction, un doute, un accident… parfois un drame. C’est alors que surgira, non plus des bobos, mais l’ombre de traumas passés inaperçus. Leur reviviscence énigmatique à travers des cris et des expressions de douleurs inattendus en révélera les traces et l’empreinte profonde, éprouvante, au-delà de toute imagination.

L’enfance est généreuse et le désir la pousse à minimiser la souffrance une fois les difficultés surmontées et à pardonner aux adultes dont la volonté se fait parfois trop arbitraire ou coercitive.

Mais la pratique nous enseigne qu’une souffrance continue à agir en nous, si ce qui la produit n’est pas élucidé. Et, paradoxalement, que la manifestation d’une souffrance peut nous enseigner la joie par l’attention qu’on lui porte. Il n’est de souffrance anodine ni de difficulté méprisable. Il n’en est qui ne fassent sens quand nous les interrogeons. La vie secrète qu’elles recèlent est un trésor à l’égal de celle des arbres et des forêts. Une mine d’or et d’ingéniosité, un monde souterrain éclairant qui nous permet de redécouvrir le nôtre, de mieux entrer en contact avec notre vérité.

Les enfants sont naturellement disposés à apprendre, à aimer, à participer, à se sentir utiles, ils le sont aussi pour nous apprendre à aimer. Leur bienveillance est innée avant d’être mise en question par un climat excluant la considération de ce qui peine et laissant peu de voies à l’empathie.

Leurs difficultés, celles que nous rencontrons à leur contact, sont celles dont nous parlent les fictions. Pourquoi ne pas y porter la même attention que celle que nous portons aux chapitres d’un roman ou aux épisodes d’une série, pour mieux les connaître et se connaître, mieux se comprendre et les comprendre, mieux aimer ?

En nous ouvrant à l’enfantine souffrance, en refusant de la négliger, nous nous donnons les moyens de la transformer en une fiction heureuse. Tout en se dissipant, elle cesse dès lors de sembler inutile. Son écoute aura permis de réinsuffler du sens à la vie. Si la joie est à l’origine de la vie, elle est aussi un point d’arrivée une fois pris en compte sincèrement ce qui la contrarie.

Ce que nous percevons de nous-mêmes et du monde, au quotidien, n’est qu’une infime part de ce qui nous anime… En ouvrant notre perception au-delà du visible, nous nous offrons les moyens de transformer ce qui nous perturbe et d’optimiser notre puissance bien plus que si nous cherchions à agir directement dessus.

C’est une petite fenêtre sur ce vaste monde qu’est l’inconscient que je propose ici d’ouvrir, afin de dégager à travers un certain regard de nouvelles perspectives d’avenir.

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Week-end des 15 & 16 Septembre 2018

Samedi 15 & Dimanche 16 Septembre 2018

Formation Psychanalyste FOAD (Formation Ouverte & à Distance)

2ème Session, Année 2

Samedi 15 Septembre :

Journée Scientifique Interdisciplinaire, cours ouvert au public.

Attachement et Psychosomatique au cabinet médical

Nous aborderons la perspective psychosomatique de ce mécanisme puissant du rapport entre soma et psyché, à partir du paradigme biopsychosocial adlérien, concrétisé aujourd’hui de manière cohérente et scientifique par la théorie de l’attachement.

Accès : Sessions ouvertes à tous les adhérents IAAP
Horaires : de 09:00 à 18:00
Adresse : Salle F (Pavillon de l’Horloge) de l’Hôpital Sainte-Anne, 1 Bis rue Cabanis, 75014 Paris
Accès : Sessions filmées réservées aux élèves inscrits (présentiel et/ou streaming)
Horaires : de 09:00 à 14:00
Adresse : Salle F, Pavillon de l’Horloge, Hôpital Sainte-Anne, 14 rue Cabanis, 75014 Paris

La médecine Psychosomatique

La médecine psychosomatique – fondée sur la thèse que l’esprit peut être impliqué dans les symptômes somatiques – a émergé au début du XXe siècle, en réaction à une vision mécaniste du vivant qui avait envahi la médecine. Son concept avait été déjà posé au début du siècle précédent par le psychiatre Heinroth, professeur à l’Université de Leipzig, et avait vu évoluer sa structure épistémologique selon différents paradigmes.

Adler élabore, avec beaucoup de courage et non sans difficulté pour sa carrière professionnelle, une nouvelle conception médicale qui considère la liaison esprit-corps d’une façon directe et spécifique, anticipant de beaucoup les principes contemporains en matière de psychosomatique. Cette nouvelle conception médicale est déjà exposée en 1907 dans « La compensation psychique de l’état d’infériorité des organes ». Il démontre que, dans la sphère psychique, l’infériorité organique donne lieu à une tension, à une focalisation axée sur le domaine de l’organe déficient, qui conduit à une surcompensation par une action vicariante parfois imparfaite, sur laquelle le psychisme construira un sentiment, le plus souvent d’infériorité.

Adler observera ce sentiment, même en l’absence d’une infériorité organique. Ainsi il affirme que la maladie est un « comportement » qui investit l’organisme dans son unité. Cette définition implique que la relation d’adaptation entre un organisme et son milieu est centrale : l’organisme est toujours considéré dans son contexte.

Adler appelle ainsi les troubles somatiques “le dialecte ou jargon des organes”, puisque ces organes révèlent dans leur langage très expressif l’intention de l’individu, conçu comme organisme en situation.

L’intervention de Mme Chiara Mazzarino nous permettra d’approfondir ce concept théorique et technique.

La vision adlérienne n’était pas une conception totalement étrangère dans la pensée de certains psychanalystes. Si Freud entrevit seulement une vague possibilité d’une vraie pensée psychosomatique au-delà de la conversion hystérique, les pionniers psychosomaticiens tels Georg Groddeck, Smith Ely Jelliffe et Felix Deutsch, mais aussi l’exclu Wilhelm Reich, se repèrent parmi l’armée freudienne.

Nous explorerons avec M. Jacquy Chemouni l’évolution des modèles de pensée en psychosomatique, avec une toute particulière attention au paradigme posé par Pierre Marty dans ses deux ouvrages fondamentaux Les mouvements individuels de vie et de mort (1976) et L’ordre psychosomatique (1980), dans la poursuite de la réflexion psychosomatique inaugurée par l’Ecole de Paris.

La pensée psychosomatique est aujourd’hui un paradigme et une thérapie complémentaire à la psychothérapie, qui a su évoluer sur l’entrecroisement disciplinaire, notamment à partir des années 90, où l’on établit la connexion entre le système neurologique et le système immunitaire.

Nous aborderons cette évolution avec la conférence de M. Philippe Bobola.

La théorie de l’attachement

La théorie de l’attachement, développée par John Bowlby, en parallèle aux travaux de Donald Winnicott, a changé radicalement la perspective d’observation de l’enfant en psychanalyse freudienne.

Adler avait déjà souligné l’importance pour le développement psychique, du milieu extérieur, relationnel et d’hygiène, et insisté sur le rôle déterminant joué par la mère dans sa capacité d’entrer en contact avec son enfant, en lui apportant les soins nécessaires, dont sa tendresse, pour satisfaire son Zärtlichkeitsbedürfnis (besoin de tendresse) prodromique au Gemeinschaftsgefühl, (sentiment d’appartenance) qui ouvre et fonde le sentiment social comme principe équilibrant du psychisme.

Ces principes ont été développés de manière autonome, continue et spécialisée depuis les années 1950 par la théorie de l’attachement, devenue aujourd’hui un paradigme à part entière, et comme tel développé de manière intégrative par de multiples techniques et écoles de pensée, comme nous le verrons avec la conférence du Dr Andrea Ferrero.

relation attachement

 

La théorie de l’attachement peut ainsi constituer une aide complémentaire aux outils médicaux du médecin généraliste face à la crise psychopathologique débutante et insidieuse, lorsque le patient adulte, autant que l’enfant ou le bébé, souffre sans comprendre et exprime cette souffrance par un comportement dysfonctionnel et/ou par le corps qui psychosomatise.

Lors de cette Journée Scientifique Interdisciplinaire, nous chercherons à repérer et éclairer la perspective psychosomatique de ce mécanisme puissant et encore obscur du rapport entre soma et psyché, à partir du paradigme biopsychosocial adlérien que la théorie de l’attachement concrétise et relève aujourd’hui de manière cohérente et scientifique.

Jour 1 – Samedi 15 Septembre – Journée Scientifique Interdisciplinaire

Session ouverte aux élèves et aux adhérents IAAP

Formation I Axe Théorique, II Axe Psychodiagnostique,  Axe III Technique et Axe V Clinique

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9:00 – 9:30

Sainte-Anne

Présentation

Par Alessandra Zambelli, Responsable Formation

Accueil et présentation

Accueil des élèves et des participants pour cette journée très spéciale . Madame Zambelli présente l’Institut Alfred Adler de Paris et la Formation Triennale de Psychanalyste Adlérien.

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09:30 – 10:00

Sainte-Anne

Flash Formation

Par Morgane Pidoux, Responsable de la Revue

Le corps innervé

“Le corps innervé : neurophysiologie des interactions somatiques »

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10:00 – 11:30

Sainte-Anne

Première Session

Pr. Jacquy CHEMOUNI, Psychologue, Psychanalyste, Professeur de Psychopathologie

Pensée psychosomatique: histoire et paradigmes

“La pensée psychosomatique : Histoire et paradigmes”. Les rapports qu’entretiennent le corps et l’esprit sont au centre du questionnement de la psychosomatique qui replace l’humain au cœur du processus d’apparition de la pathologie.

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11:45 – 13:00

Sainte-Anne

Deuxième Session

Chiara MAZZARINO, Psychologue, Psychothérapeute

Le corps et son jargon

“Le corps et son jargon dans la relation médecin-patient et en psychothérapie”. (Traduction assurée par Alexandra Zambelli)

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14:45 – 16:15

Sainte-Anne

Troisième Session

Dr. Andrea Ferrero, Psychiatre, Psychothérapeute, Psychanalyste

L'attachement dans la relation thérapeutique

“Comment les perspectives biologiques et relationnelles de l’attachement se reflètent dans la relation entre médecin (ou psychologue) et patient ?”. Réflexions psychologiques, à partir d’Adler, sur les théories de Bowlby et Ainsworth jusqu’à Fonagy aujourd’hui. (Traduction assurée par Alexandra Zambelli)

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16:30 – 17:45

Sainte-Anne

Quatrième Session

Philippe Bobola, Docteur en chimie-physique, Biologiste, Professeur d’anthropologie

"Le psychosomatisme revisité"

“Nouvelles bases pour une psychobiologie du XXI siècle. Le psychosomatisme revisité”

Téléchargez le programme complet

Jour 2 – Dimanche 16 Septembre – Atelier présentiel ou streaming vidéo

Session réservée aux élèves inscrits

Formation II Axe Psychodiagnostique,  Axe III Technique et Axe V Clinique

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09:00 – 11:15

Sainte-Anne

Première Session

Par Barbara Simonelli

Atelier pratique

L’alliance thérapeutique selon une perspective adlérienne

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11:45 – 14:00

Sainte-Anne

Deuxième Session

Par Chiara Mazzarino

Etude de cas cliniques

Cas cliniques : structuration du parcours psychothérapeutique (suivant le même schéma que celui précédemment proposé par la collègue pour l’analyse de cas clinique).

Inscrivez-vous!

Pour vous inscrire et assister à la journée du 15 Septembre 2018. Pour profiter de toutes nos activités. Pour vous former à la psychanalyse adlérienne. Pour soutenir la recherche. Pour collaborer. Adhérez à l’Institut !

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Adolescence, violence et terrorisme : la genèse de la haine

Adolescence, violence et terrorisme : la genèse de la haine

Interdisciplinarité par le dialogue entre psychologie et sociologie

Collaboration d'Alessandra Zambelli, Responsable Formation de l'Institut, à la Revue OT (OSSERVATORIO TERRORISMO) de l'ANSSAIF*

*Association Nationale Italienne des Spécialistes de Sécurité et Agence d’Intermédiation Financière

L’ébauche d’un dialogue interdisciplinaire tel que l’encourage l’IAAP dans sa volonté d’une épistémologie d’ouverture et d’interrelations théoriques et pratiques.

Journée Scientifique 3/6/2017

Journée Scientifique 3/6/2017

(Clic sur l'image pour accéder à l'archive)

« C’est avec un enthousiasme rigoureux que je me permets de souligner l’accueil rare et fin de M. Pietro Blengino, Rédacteur en Chef de la Newsletter OT Osservatorio sul Terrorismo (Observatoire sur le Terrorisme), membre du Conseil Directif de l’ A.N.S.S.A.I.F. (la plus importante association italienne d’experts de sécurité bancaire et financière), et membre du Comité de Pilotage OSSIF – A.B.I. (Association Bancaire Italienne).
En m’écrivant pour me remercier, ainsi que l’Institut Alfred Adler de Paris, pour la brève mais riche réflexion sur ”la genèse de la haine“, publié sur la Newsletter n° 8 de l’Osservatorio Terrorismo (OT – Observatoire du Terrorisme), M. Blengino a su mettre en évidence l’efficacité de l’interdisciplinarité, en particulier sur des sujets très concrets comme la sûreté et le terrorisme.
Cette affinité méthodologique spontanée (et quelque peu insolite) est précieuse, car de ses perspectives diversifiées, est née une coopération de recherche scientifique, afin d’approfondir et publier sur ces thématiques de violence et d’adolescence. Thématiques que nous abordons dans le cadre de nos formations, par le biais de journées scientifiques (comme celle du 3 Juin 2017) ou de modules spécifiques (comme le module « Ado, violence et terrorisme » inclus dans notre nouvelle formation à l’accompagnement adlérien qui débute à l’automne 2018).

Avec leur aimable autorisation, nous publions ici la traduction des textes en italien extraits de l’Editorial et de l’Introduction de la Newsletter n° 8 de l’Osservatorio Terrorismo, rédigés par le Rédacteur en chef M. Pietro Blengino. Nous publions à la suite notre article « j’ai failli devenir terroriste ». »

Mme Alessandra Zambelli
Responsable Formation IAAP

Editoriale Revue OT

NOTA DELLA REDAZIONE

In questa newsletter, raccogliamo alcune recensioni redatte da colleghi che hanno aderito all’Osservatorio. Noi continueremo nel recensire testi di possibile interesse degli iscritti, e a proporre temi per stimolare il dibattito. Attendiamo i vostri contributi!

Osservatorio Terrorismo – Newsletter numero 8

Editoriale Osservatorio Terrorismo 8

Pietro Blengino (Caporedattore),
ANSSAIF, Associazione culturale

Editorial de la Revue OT

NOTE DE LA REDACTION

Dans ce bulletin, nous présentons des contributions rédigées par des collègues ayant rejoint l’Observatoire. Nous continuerons d’examiner les textes susceptibles d’intéresser les membres et de proposer des thèmes pour stimuler le débat. Nous attendons vos contributions!

Observatoire du terrorisme – Newsletter numéro 8

Editorial du Bulletin de l'Observatoire du Terrorisme, numéro 8

Pietro Blengino (Rédacteur en Chef),
ANSSAIF, Association Culturelle

Introduzione alla newsletter n.8

INTRODUZIONE ALLA NEWSLETTER N 8 DI OT

Partendo dalle riflessioni introdotte nell’editoriale, abbiamo voluto costruire l’ottavo numero della newsletter OT cercando di ampliare gli orizzonti del nostro lavoro analizzando alcuni aspetti sociali, culturali ed economici che dobbiamo imparare a leggere anche come campanelli di allarme. Proprio a supporto di questo ambizioso traguardo ci siamo soffermati su aspetti internazionali che hanno avuto lo “svantaggio” di provare prima di noi, e sulla loro pelle, il confronto con il nuovo modello terroristico.

Osservatorio Terrorismo – Newsletter numero 8

Introduzione alla newsletter n.8

Pietro Blengino (Caporedattore)
ANSSAIF, Associazione culturale

Introduction à la newsletter n.8

INTRODUCTION A LA NEWSLETTER N 8 DE L’OT

A partir des réflexions introduites dans l’éditorial, nous avons voulu construire ce huitième numéro de la newsletter OT en cherchant à élargir l’horizon de nos travaux par l’analyse des aspects sociaux, culturels et économiques que nous devons apprendre à lire aussi comme des signaux d’alarme. Pour soutenir précisément cet objectif ambitieux, nous nous sommes concentrés sur les aspects internationaux, qui ont eu le “désavantage” d’expérimenter avant nous, et donc directement ‘dans leur peau’, la comparaison avec le nouveau modèle terroriste.

Observatoire du Terrorisme – Newsletter numéro 8

Introduction du Bulletin de l'Observatoire du Terrorisme, numéro 8

Pietro Blengino (Rédacteur en Chef),
ANSSAIF, Association Culturelle

J’ai failli devenir terroriste !

Réflexion brève, sur la nature socioéconomique et psychique de la matrice terroriste.

«Vous savez, Madame, j’ai failli devenir terroriste!»

Ces mots lourds, lucides, et apparemment sans appel, ont démarré une séance avec un patient dans mon cabinet du département 93: le Bronx de Paris. Un homme jeune, dont les yeux montraient une dureté plus mature.

Des mots qui étaient le signe d’un grand danger et, en même temps, la ligne de démarcation d’une vraie prise de conscience, d’un risque passé d’une façon ou d’une autre ainsi je me sentais de l’affronter avec une certaine sérénité.

«J’aurais voulu faire payer ma souffrance, ma rage, dans un monde où j’aurais répondu à l’injustice par la vengeance – continuait Ahmed (nom changé par respect pour l’intimité du patient) – tentant de se libérer du poids de la violence dans laquelle il avait grandi – cette société se fonde sur l’injustice, sur le principe de laisser les derniers toujours en dernier, de ne jamais donner la possibilité de se racheter, alors on devient victime de soi-même et la moindre des choses que tu peux faire est de t’abandonner. Il y en a qui le font par les drogues, d’autres avec l’alcool, moi, comme musulman, je le fais par la nourriture, en mangeant dans un très court laps de temps 1 kilo d’épinards surgelés et 8 hamburgers de premier prix».

Voilà le portrait de l’homme que j’avais devant moi, un homme en souffrance qui avait fait le choix le plus important de sa vie : se tenir devant un thérapeute pour trouver le bon moyen de sortir de sa haine et de son mal-être.

Il l’avait fait avec conviction, en choisissant un professionnel privé plutôt qu’une structure sociale publique ; un élément qui en soi reflétait à la fois une importante détermination et un manque de confiance dans la société et dans sa capacité à lui pouvoir l’aider.

Ahmed n’avait pas eu l’opportunité de poursuivre ses études, et, comme beaucoup d’enfants d’immigrés de la 3ième génération, bien que né en France, il vit encore entre deux mondes séparés par une profonde fracture culturelle.

Il eut une enfance désorganisée et difficile, avec des parents eux-mêmes enfants d’émigrés maghrébins ayant vécu l’important décalage culturel et social des deux sociétés d’appartenance comme un trauma banalisé, une évidence, qui vivaient ce sentiment de malaise comme une maltraitance sociale qu’ils déversaient inexorablement en famille.

Ainsi, sans s’en rendre compte, il s’est retrouvé sur un chemin où la haine n’est que la manifestation finale d’une rage accumulée au fil des jours, copieusement nourrie par les injustices familiales et sociales quotidiennes et par un contexte vide d’appartenance : un malaise transgénérationnel.

Un autre de ses mots m’a marqué, qui exprimait l’effort énorme et la force extraordinaire que ce grand garçon utilisait dans un des parcours évolutifs les plus complexe, celui du changement : «Madame, il est difficile d’évoluer seul, tellement injuste d’être toujours attaqué, de ne pas réussir à s’exprimer soi-même, d’être dans la contrainte quotidien de devoir lutter contre une société qui élève constamment le niveau de difficulté, où la bureaucratie complique tout et où on se fatigue au point que les principes… ne me parlent plus, même plus ceux du Coran !»

A cet instant, toutes ses blessures me sont apparues : «Ahmed, vous m’enseignez, et avec le Coran, que cette dureté, cette fatigue peut se transformer en orgueil, qui n’est que le déguisement du sentiment d’infériorité, paradoxalement imaginaire et relationnel à la fois, parce que sollicité concrètement par votre famille, par le milieu où vous travaillez, par la société toute entière qui porte la responsabilité évidente de ne pas réussir à cultiver le seul antidote possible : le sentiment d’appartenance. Mais la colère est la réponse qui ne récompense pas votre intelligence, votre effort d’être ici et votre lutte pour le changement».

Il me répondit avec un regard pénétrant : «La rage me fait me sentir vivant, après tout c’est de leur faute et moi je suis seul à affronter le changement!»

Les yeux dans les yeux, je lui offris mon sincère respect : «Ahmed, vous l’avez déjà fait, vous avez déjà gagné, aujourd’hui vous êtes ici car votre changement a déjà démarré. Cette colère veut seulement trouver une voie de sortie. Vous devrez construire votre vie, et chercher les satisfactions refusées : vous obtiendrez votre diplôme et vous ferez votre concours d’infirmier car, même si personne vous l’a jamais dit, vous en avez les capacités, autrement vous ne seriez pas ici. Prenez cette colère, canalisez-la et transformez-la en créativité. Prenez aussi l’exemple des rappeurs de banlieues».

Ainsi commença son chemin vers le changement, jusqu’à l’une des dernières séances où il me dit : «En réalité, Madame, pendant ces mois passés, avec le dialogue, la confrontation, la découverte de la possibilité d’être écouté et compris, j’évolue jusqu’à pouvoir comprendre que le parcours de cette colère qui conduit à la haine nous est commun. Mais celui qui n’a pas la possibilité d’éprouver le changement est susceptible d’être exposé à des pressions extérieures qui veulent exciter notre propre mal-être à des fins… personnelles sans scrupules ni valeurs».

Quelques années se sont écoulées, aujourd’hui Ahmed est infirmier et a même réussi à être élu « représentant des étudiants » pendant ses 3 ans de formation, il a une compagne et de nouveaux amis, il est toujours musulman et respecte le Coran, il a appris à rassurer et transformer sa colère, et l’infériorité qui l’animait, en détermination positive et en responsabilité, sortant ainsi du sentiment d’injustice et d’impuissance. Ce n’est pas le mérite du thérapeute, car chaque patient est l’architecte de son propre changement, mais deux demandes demeurent dans mon esprit : combien d’Ahmed ne nous ont pas encore cherché ? Et pourquoi ?

Dott.ssa Alessandra Zambelli
Supervisore Psicoterapeuta Analista Adleriana e
Responsabile della Formazione
Institut Alfred Adler de Paris (IAAP)

http://institut-alfred-adler-paris.fr

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