La violence sous ses multiples formes et déguisements contemporains

La violence sous ses multiples formes et déguisements contemporains

Interdisciplinarité par le dialogue entre psychologie et sociologie

Collaboration de l'Institut Alfred Adler à la Revue OT (OSSERVATORIO TERRORISMO) de l'ANSSAIF*

*Association Nationale Italienne des Spécialistes de Sécurité et Agence d’Intermédiation Financière

Alessandra Zambelli, Responsable Formation de l’Institut, continue la collaboration avec l’OT, sur la thématique de la violence sous toutes ses formes, notamment celle résultant du malaise des jeunes. Dans le n°17 de la Revue OT, son article (ci-dessous) aborde les activités de l’Institut illustrant les sources et la nature de cette violence contemporaine, dans une perspective adlérienne.

Cette contribution nourrit le dialogue interdisciplinaire et international tel que l’encourage l’IAAP dans sa volonté d’une épistémologie d’ouverture et d’interrelations théoriques et pratiques.

Journée Scientifique 16/03/2019

Journée Scientifique 16/03/2019

(Clic sur l'image pour accéder à l'archive)

Troisième étape pour l’Institut Alfred Adler de Paris dans son parcours de réflexion sur la nature bio-psycho-sociale de la violence en tant que réponse compensatoire inadaptée de l’infériorité, et ses liens avec le processus technologique de la mondialisation.

J’en profite pour remercier M. Pietro Blengino, Rédacteur en Chef de la Newsletter de l’Osservatorio sul Terrorismo (OT, Observatoire sur le Terrorisme) qui sait si bien mettre en évidence l’efficacité de l’interdisciplinarité, en particulier sur des sujets très concrets comme la sûreté et le terrorisme.
Cette affinité méthodologique spontanée est précieuse, car de ses perspectives diversifiées, est née une coopération de recherche scientifique, afin d’approfondir et publier sur ces thématiques de violence et d’adolescence. Thématiques que nous abordons dans le cadre de nos formations, par le biais de nos journées scientifiques comme celle du 16 Mars 2019 qui fut entièrement dédiée à ce phénomène psychologique et social au statut ambigu entre condamnation par les uns et exaltation parfois héroïque par d’autres.

Mme Alessandra Zambelli
Responsable Formation IAAP

Avec leur aimable autorisation, nous publions ici la traduction de l’Introduction en italien de la Newsletter n° 17 de l’Osservatorio Terrorismo, rédigée par le Rédacteur en chef M. Pietro Blengino. Nous publions à la suite notre article « La violence sous ses multiples formes et déguisements contemporains ». »

Pietro Blengino (Caporedattore)
ANSSAIF, Associazione culturale

INTRODUZIONE ALLA NEWSLETTER n°17 DI OT

Cari lettori,

Questa volta abbiamo avuto la tentazione di passare direttamente a OT18 saltando il numero 17. Ovviamente è stato solo un modo per ironizzare sulla nostra superstizione italica ma abbiamo fugato rapidamente i nostri dubbi e abbiamo comunque pubblicato OT17.

Battute a parte proseguiamo con il nostro approccio multidisciplinare e siamo lieti di presentarvi in OT17 la recensione del libro « Lupi bianchi. Rapporto sul terrorismo neonazista in Europa « / Weisse wölfe: eine grafische Reportage über rechten Terror » di David Schraven e Jan Fendt, letto per noi da Carla Capobianchi. È un fumetto che si basa su analisi reali e ci comunica la sensazione di una situazione preoccupante che è purtroppo trascurata. L’alert per l’aumento drammatico del terrorismo di estrema destra è sottolineata sia dall’analisi di Centro Studi Internazionali sia dai rapporti dei servizi di intelligence.

OT 17 ospita poi un articolo molto interessante di Antonio Beraldi, un HR manager di lunga esperienza, sul caso in cui avessimo un sospetto terrorista nella nostra banca/azienda. Come possiamo gestire la situazione, cosa dobbiamo fare da un punto di vista legale e quali sono le accortezze utili.

Ultimo ma non meno importante, vi proponiamo uno studio approfondito e dettagliato dell’Institut Alfred Adler di Parigi che ha accettato con entusiasmo di collaborare con noi sull’analisi dell’origine della violenza. È un argomento che consideriamo cruciale per comprendere una parte delle radici del terrorismo nella mente degli adolescenti. Allo stesso tempo M.me Zambelli illustra l’interessante calendario delle attività dell’Institut Adler nel 2019.

Siamo infine lieti di anticiparvi che stiamo lavorando a una ricerca sulla minaccia terroristica più pericolosa per il sistema bancario nell’Europa meridionale e in America Latina. Sicuramente sarete consapevole del rischio ma siamo sicuri che dall’analisi dei dati potrete trarre idee e suggerimenti utili.

Buona Pasqua a voi e ai vostri cari

La redazione

Osservatorio Terrorismo – Newsletter numero 17

Pietro Blengino (Rédacteur en Chef),
ANSSAIF, Association Culturelle

INTRODUCTION A LA NEWSLETTER n°17 DE L’OT

Chers lecteurs,

Cette fois, nous avons été tentés de sauter le n°17 pour passer directement au n°18. Cela nous aurait permis d’ironiser sur notre superstition italienne, mais nous avons rapidement dissipé nos doutes et nous avons donc publié l’ OT n°17.

Plaisanterie mise à part, nous poursuivons notre approche multidisciplinaire et nous avons le plaisir de vous présenter dans OT n°17 la critique du livre « Lupi bianchi. Rapport sur le terrorisme néo-nazi en Europe » (« Weisse wölfe: eine grafische Reportage über Rechten Terror ») de David Schraven et Jan Fendt, livre lu pour nous par Carla Capobianchi. Cette bande dessinée se base sur une analyse réelle qui transmet le sentiment d’une situation inquiétante mais hélas négligée. L’alerte au sujet de l’augmentation spectaculaire du terrorisme d’extrême droite est soulignée à la fois par l’analyse du Centre d’Etudes International (Centro Studi Internazionali) et par les rapports des services de renseignement.

L’OT n°17 propose ensuite un article très intéressant d’Antonio Beraldi, responsable des ressources humaines à la longue expérience, qui présente une situation dans laquelle un terroriste présumé fait partie du personnel de la banque. Comment gérer la situation, que faire d’un point de vue juridique et quelles sont les précautions utiles à prévoir.

A la suite, nous présentons une étude approfondie et détaillée proposée par l’Institut Alfred Adler de Paris, qui a accepté avec enthousiasme de collaborer avec nous à l’analyse de l’origine de la violence. C’est un sujet que nous jugeons crucial pour comprendre une partie des racines du terrorisme dans l’esprit des adolescents. Parallèlement, Mme Zambelli illustre l’intéressant calendrier des activités de l’Institut Alfred Adler en 2019.

Enfin, nous sommes heureux d’annoncer que nous travaillons à une étude sur la menace terroriste la plus dangereuse pour le système bancaire en Europe du Sud et en Amérique latine. Vous êtes certainement conscient du risque, mais nous vous assurons que l’analyse des données vous permettra d’en retirer des idées et suggestions très utiles.

Joyeuses Pâques à vous et à vos proches.

La rédaction

Observatoire du Terrorisme – Newsletter numéro 17

La violence sous ses multiples formes et déguisements contemporains.

Réflexion brève, sur la nature bio-psycho-sociale de la violence au coeur du paradigme adlérien.

«La violence, une force faible» (Vladimir Jankelevitch)

Nous sommes très heureux de continuer de nous adresser aux lecteurs de l’OT pour leur présenter nos initiatives, car nous apprécions et partageons l’approche multidisciplinaire choisie par l’OT pour aborder la thématique du terrorisme et de ses causes, et les origines de la violence sociétale.

Aujourd’hui, nous avons l’intention d’explorer avec vous les thèmes suivants :

  • a) la relation entre le malaise des adolescents et ses nouvelles formes d’expression,
  • b) la violence résultant d’une recherche extrême de sens,
  • c) la dépression en réaction à une culture de l’absence de limites,
  • d) le terrorisme en tant que réponse paradoxalement cohérente à ces racines psychoculturelles,
  • e) le paradigme adlérien en tant que matrice de solutions multidisciplinaires,
  • f) la réintégration culturelle de la féminité à ces nouvelles formes de violence en tant que « solution symbolique très concrète ».

Ce sont les sujets inclus au programme 2019 de la formation de psychanalyste adlérien à l’Institut Alfred Adler de Paris; nous nous sommes fixés comme objectif culturel ambitieux de créer un temps stimulant pour le débat scientifique européen sur le thème de la violence, de l’identité et des racines du terrorisme dans la société contemporaine.

Adolescents et violence, une approche multidisciplinaire

Reprenant le thème de l’adolescence (et ses façons actuelles et bien spécifiques de composer avec les nouvelles formes de violence adulte) à partir des points laissés ouverts dans notre précédent article (OT n°8), nous retrouvons le sujet de la Conférence tenue à l’IAAP le 16 mars dernier qui avait pour titre « les multiples formes de la violence et ses déguisements contemporains », comme prévu dans l’OT numéro 16, Conférence que nous souhaitons vous résumer ici.

La journée a débuté par l’analyse du fonctionnement de la violence domestique avec la Prof. Simona Fassina, psychothérapeute et analyste Adler (SAIGA, Turin), qui a présenté, avec une grande clarté, la structure psychique de la victime dans le couple (souvent la femme) et souligné la nécessité d’un accueil systémique et coordonné des différents services d’aide aux victimes.

Avec notre collègue la Prof. Barbara Simonelli (référente du groupe de travail sur la violence à l’égard des femmes de l’Ordre des Psychologues du Piémont), nous avons identifié la structure psychique du sujet abuseur, qui à son tour comporte une expérience (appartenant à l’enfance ) évolutive et dissociée de maltraitance et donc une partie interne inconsciente de victime maltraitée, qui provoque aversion et dérangement chez les responsables sociaux de leur prise en charge thérapeutique.

la violence des jeunes

Jean-Louis Aillon est médecin et psychothérapeute adlérien (en Italie une spécialisation d’une durée de 4 ans après une master en Psychologie ou Médecine est obligatoire pour l’exercice de la psychothérapie dans toutes ses formes). Il nous a plongés au cœur du phénomène des jeunes « NEET » (non engagés dans l’éducation, l’emploi ou la formation), plus impressionnant en Italie qu’en France selon les données d’Eurostat.

Il a expliqué comment ce phénomène est lié à un mal-être adolescent en nette augmentation ces dernières décennies, et a été analysé statistiquement en termes de dépression et de suicides (Federico Batini, « NEET: un phénomène qui reste à explorer », Revue trimestrielle de l’éducation, v48 n1 p19-37 févr. 2017) , également lié au pourcentage de la population au chômage (Luigi Zoja, « Les utopies minimalistes. Un monde plus désirable même sans héros », 2013, Chiarelettere). Les données étudiées nous informent également de la recrudescence des comportements violents extrêmes, liés à l’expansion constante des technologies et l’accès toujours plus facile via Internet aux plateformes telles que Knout Out Game, Blue Whale, Fight Club, Daredevil Selfie.

Le modèle interprétatif appliqué par le Dr Aillon fait référence au modèle bio-psycho-social adlérien, désormais soutenu (sans l’étiquette adlérienne) par des psychologues, psychanalystes, sociologues, anthropologues contemporains tels qu’Umberto Galimberti, Miguel Benasayag ou Luigi Zoja. Nous savons qu’en réalité, ils reprennent non seulement Adler, mais également les thèses de Spinoza, Nietzsche et Constantin Noica. C’est dire si les oppositions de chapelle et de disciplines sont finalement surmontées pour permettre de comprendre des phénomènes qui ne seraient sinon que stigmatisés.

L’adolescence actuelle semble souffrir d’une crise existentielle peu commune, ce qui est en jeu, c’est la négation de l’avenir.

Je sais que votre association A.N.S.S.A.I.F. traite de la formation des jeunes et vise des initiatives spécifiques dédiées. C’est pourquoi, il est
important de comprendre que la souffrance des adolescents ne provoque pas de larmes, mais un sentiment d’impuissance, de désintégration et de manque de sens. Les valeurs qui portent les références pour la construction d’une identité semblent être annihilées, à cause du concept même de limite qui est brisé : puisque tout peut être poursuivi indéfiniment, aucune action ne sera réellement suffisante pour obtenir un sentiment de satisfaction, de bien-être et de succès, ce qui est pourtant nécessaire pour forger sa place dans le monde et son identité. La dépression qui en résulte, souvent inconsciente, a donc son origine dans un sentiment d’inadéquation par rapport à un objectif qui ne peut jamais être atteint, tellement il s’est éloigné du réel pour reposer entièrement sur les attentes idéalisantes des autres, de qui semble dépendre notre propre valeur intime : la valeur d’un moi intégré, mais qui, dans ce système, reste séparé. Les jeunes NEET semblent donc signaler que la culture sociale actuelle est assujettie à un narcissisme absolu où la limite est l’impossible, déguisé en «Record», le nouveau dieu incontesté, tel que j’ai pu le décrire dans notre séminaire de Novembre 2018 consacré au thème de l’exploitation de la violence du symbolique dans le monde virtuel (en réalité très concret) et donc social. Ces jeunes se réfugient par conséquent dans un monde personnel dont la seule « valeur » est l’exclusion des valeurs assumées concrètement par notre société.

Ces nouvelles générations NEET cherchent dans ce rejet critique, mais encore inconscient, des voies d’intégration sociale considérées comme normales, une nouvelle façon de procéder dans leur processus d’individuation, mais elles semblent manquer du sentiment d’appartenance suffisant pour achever le processus et rendre leur critique consciente et ouvertement sociale (Zoja, 2013). C’est un schéma typique de la «psychologie individuelle comparée» (nom qu’Adler a donné à sa psychologie) pour comprendre autant la subjectivité du patient que sa pathologie en termes de contexte, notamment socioculturel.


À partir de cette perspective, même le choix du terrorisme par certains jeunes semble pouvoir jouer le même rôle identitaire pour le Dr Elena del Santo, mais sous une forme plus externalisée : une forme d’agencement (agency) contre un non-sens dépressif, favorisé par la concaténation de circonstances et de facteurs contributifs. Comme pour les jeunes NEET, le jeune attiré par le terrorisme ne semble pas souffrir de problèmes psychologiques (John Horgan, « Terroristes, victimes et société: perspectives psychologiques du terrorisme et de ses conséquences », 2003, John Wiley & Sons Ltd), mais il est plutôt inséré dans une situation socioculturelle qui favorise la justification «morale» de la violence en réponse à une grave induction de l’absence d’objet vital, souvent lié aux blessures narcissiques de toute une communauté. Nous savons aujourd’hui que les environnements « facilitants » sont les contacts sur Internet, la détention carcérale et probablement les institutions religieuses, même si c’est dans une forme indirecte. L’analyse comparative proposée par le Dr. Del Santo avec le terrorisme des années 70 des Brigades rouges explore cette voie psychosociale. Nous souhaitons souligner le côté plus psychotique de la violence exercée par le terrorisme du 3ème millénaire, violence qui n’était pas autant accentuée et systématique chez les Brigades Rouges, autant dans leur mode associatif qu’exécutif.

Nous discernons également dans la déclaration d’Horgan une tentative légitime de provoquer un débat épistémologique sur les fondements des modèles « à-priori » des sciences socio-économiques, politiques et psychologiques, utilisés pour comprendre le phénomène du terrorisme, puisque le paradigme bio-psycho-social n’est à ce jour pas encore établi de manière scientifique interdisciplinaire et internationale.

Liens familiaux, réalité virtuelle et détresse des jeunes

Il semble donc que l’appauvrissement du lien familial et social [1], causé aussi par l’accès spontané et solitaire à la réalité virtuelle et son usage non critique, conduise à des mécanismes compulsifs de dépendance, en même temps qu’à la rupture psychique entre le Soi et l’Autre. Le jeune – comme ses éducateurs adultes – ne détecte pas l’impact psychocorporel de la confusion perceptive, désormais  banalisée,  entre le réel et le symbolique, non perçue en raison du fait préjudiciable que le virtuel n’est pas le réel et qu’il ne nécessiterait donc pas de compétence spéciale ni d’apprentissage spécifique, à savoir une transmission relationnelle. L’accélération de l’apport de technologies toujours nouvelles dans nos vies ne permet pas la formation de « maîtres » : on pense donc qu’il n’y a pas de transmission possible, puisqu’il n’y a pas de savoir « supérieur ». La transmission ne se conçoit pas encore comme un accompagnement horizontal et non seulement vertical, inséré dans le paradigme de la différence, typique par exemple du contexte thérapeutique dans lequel on ne pense pas à formater le patient, mais d’abord à être avec lui, à l’écoute et dans un accompagnement magistral qui implique également le changement possible du thérapeute. Comme l’a bien mis en évidence le Dr Aillon, si Freud s’adressait à une société aux prises avec un conflit névrotique entre transgression et culpabilité dans sa quête de réalisation du plaisir, ce qui gardait intact la recherche d’un sens possible de la vie, c’est aujourd’hui le modèle d’Alfred Adler qui émerge, puisqu’il peut expliquer ce sentiment fondamental d’insuffisance et d’inadéquation de l’individu qui doit se confronter à l’injonction culturelle et sociale de trouver un sens dans une surenchère sans limite ou l’impossible à réaliser est considéré comme «limite adéquate».

La psychologie individuelle, née au sein de la néophyte psychanalyse freudienne, a conçu l’inconscient humain entre deux pôles sous-jacents : l’un individuel, poussé par le sentiment d’infériorité, et l’autre plus relationnel, favorisé par le sentiment d’appartenance (Gemeinschaftsgefühl). La psyché humaine fonctionne comme un système finaliste (téléologique) qui a besoin de s’orienter vers un but ; bien que ce but soit une construction inconsciente (fiction ou schéma perceptible), il est susceptible de confrontation avec la réalité et d’adaptation, si l’esprit reste dynamique et fluide. Au moment où l’esprit appauvrit la résistance entre ces deux pôles, la rigidité défensive se met en place et les buts fictionnels deviennent inflexibles, se transformant en rationalisations idéologiques qui ne peuvent plus dialoguer avec la réalité. Cela empêche le sentiment d’appartenance de s’incarner et de jouer son rôle fondamental d’équilibre entre les instances de compensation [2] dans le processus identitaire, laissant ainsi le champ libre à la « volonté de puissance » narcissique, à la dissociation et à la dépression, à la domination violente, tels que « styles de vie » devenus dignes d’estime et d’investissement.

La théorie adlérienne analyse ainsi la violence comme une expression de l’agressivité (individuelle et collective) super-compensatoire impulsive et inadaptée, en réponse aux sollicitations extrêmes du sentiment d’infériorité que peut produire l’environnement. Cependant, l’agressivité reste en soi une énergie vitale, si elle est simplement dirigée vers l’extérieur, comme l’éthologie l’a formulé (Konrad Lorenz), énergie vectorielle qui chez l’homme dépend du système complexe de ses « fictions » internes (schémas perceptifs), exprimées par les émotions, les sentiments, les valeurs et le corps avec ses propres perceptions. Dans les premiers temps de l’élaboration de sa théorie, Adler concevait l’agressivité en termes de pulsion interne comme un concept ou une abstraction, puisqu’il percevait le risque de l’hypostasier (la réifier). Au cours de l’évolution de sa pensée, la « pulsion d’agression » fera place au concept de « pouvoir créateur » (compréhensible aujourd’hui par les concepts de « créativité du Soi » ou « Soi Créatif »). Dans les deux concepts (agressivité et créativité), nous retrouvons le rôle régulateur du sentiment d’appartenance en tant qu’instance vitale et motrice pouvant contenir, apaiser et faire évoluer harmonieusement la perception d’une infériorité individuelle universelle vers une compensation sociale de ce sentiment, orienté vers l’Autre plutôt que contre l’Autre, à la recherche d’un partage comme plaisir et réalisation personnelle et sociale, car nous aurons pu accepter le sentiment de dépendance relative que l’homme a intrinsèquement de l’Autre. L’échec de ce sentiment d’appartenance, par déracinement socioculturel, traumatismes relationnels de l’enfance ou même maladie, produit des « fictions tendancieuses » ou des directions « existentielles » non adaptatives du style de vie des individus qui peuvent aller jusqu’à des surcompensations pathologiques et violentes, qui entrainent la tendance universelle à la supériorité vers une surcompensation dominatrice : la « volonté de puissance » de source nietzschéenne.

Dépression, difficultés d’adaptation, immigration et situation des femmes : nos prochaines initiatives

http://institut-alfred-adler-paris.fr

Pour continuer ce parcours, nous organisons au mois de Juin un séminaire intitulé « Dépression, le mal du siècle » dans lequel nous aborderons l’aspect biologique avec Mme Morgane Pidoux, élève à la formation de psychanalyste adlérien également post-doctorante en neurosciences, à travers un module appelé Flash-Formation intitulé « Le corps vidé : neurophysiologie de la dépression », ceci pour promouvoir une approche interdisciplinaire du public et des intervenants. Nous aurons également une intervention très intéressante de M. Hervé Etienne, qui analysera l’aspect sociopsychologique de la dépression. Il est sociologue et psychothérapeute et travaille avec nous depuis un certain temps. Il intervient également en tant que consultant auprès d’institutions et d’entreprises qui rencontrent des dysfonctionnements organisationnels, souvent liés aux psychopathologies d’organisation. Comme toujours, nous traiterons de l’aspect psychodiagnostique et psychothérapeutique avec Barbara Simonelli, en particulier des personnalités narcissiques et dépendantes, en lien avec la dépression. Une étude sur la dépression à l’adolescence sera également présentée par Chiara Maria Mazzarino (PhD). Nous conclurons cette journée par mon intervention sur le paradigme d’infériorité, « L’Anima et le Minus », pour souligner les métamorphoses défensives dévitalisantes face à ce sentiment également lié à un environnement relationnel structurellement déstabilisant, autant dans le passé qu’au présent ou dans le futur, dimensions qui forment la véritable matière psychique.

Ce programme est précurseur du séminaire de septembre, Journée Spécialiste Interdisciplinaire, où nous analyserons la figure du médecin généraliste comme guide prioritaire dans les étapes de vie de ses patients qui peuvent s’avérer être des personnes «isolées» autant au sens social qu’au sens psychique du terme, c’est à dire trop structurellement et /ou légitimement incompétents face à leur propre situation de vie pour organiser une demande d’aide cohérente. La personne âgée, déconnectée du sentiment social, ou le nouveau-né qui ne l’a pas encore développé, sont des exemples extrêmes de sujets qui ne peuvent subvenir à leurs besoins ni à leur survie ; il incombe alors au médecin d’organiser leur prise en charge. Le médecin généraliste se trouve donc dans la nécessité de devoir apprécier de complexes situations relationnelles intersystémiques et interdisciplinaires, étant appelé à décider et à coordonner les solutions socio-médicales à mettre en place pour la personne fragile ou fragilisée.

En automne (novembre 2019), une 4ème étape sera consacrée aux nouvelles formes de violence, avec un séminaire plus centré sur les problèmes d’immigration avec en particulier l’impact traumatique du décalage culturel [3] sur l’identité féminine (thème cher à OT qui l’a abordé dans la critique n ° 11 du livre de Giulia Cerino : « Ils reviennent. Les combattants étrangers du jihad racontés par leur mère »).

Cette Journée psychosociologique reprend le thème du lien entre l’adolescence et le terrorisme, vue de l’intérieur des foyers, pour faire émerger la violence familiale comme génératrice d’une solitude psychique malsaine (en soi la solitude psychique est une fonction importante de la satisfaction identitaire, bastion déterminant de l’autonomie), car elle induit un isolement qui conduit parfois à forger un idéal rigide et extrême comme défense contre un sentiment d’absence de valeur : le sentiment d’infériorité réelle et/ou imaginaire (fiction). Le programme, qui est en cours de définition, comprendra une intervention du professeur Houria Abdelouahed (Paris 7) sur l’identité féminine et la religion musulmane; et de la psychiatre Alice Visintin du centre Fanon, sur l’immigration et le sentiment de citoyenneté dans une perspective ethnopsychiatrique et adlérienne. Moi-même j’approfondirai les déboires du sentiment d’appartenance comme base de la surcompensation violente du terrorisme. Enfin, la psychanalyste et écrivaine adlérienne Virginie Megglé formulera une analyse psychanalytique sur la problématique de l’idéologie identitaire, sans rapport avec un territoire d’appartenance réel et vécu ainsi projetée vers une terre promise. Nous espérons accueillir un expert en géopolitique et système de sécurité nationale lié à la sécurité nationale française pour mettre en dialogue nos différents savoir-faire et apprendre à évoluer ensemble.

Ce programme souhaite faire la part belle à une problématique très adlérienne, celle de la féminité, que nous considérons comme paradigmatique pour toutes les identités. Pour Adler, la féminité (de l’homme et de la femme) a été et demeure symbole et réalité d’une infériorité dépréciée et soumise (socialement compensée par une idéalisation autant virginale et sacrée qu’inaccessible), dans un monde qui a opté depuis des millénaires pour la « surcompensation fictionnelle d’une virilisation socioculturelle » [4], sous des formes de domination, de perfectionnisme sadique, de concurrence illimitée, de violence. La place accordée à la féminité au cours des siècles représente en réalité un mode de défense autant inconscient que conscient de la civilisation humaine pour contrôler le sentiment d’infériorité que nous procure le contact avec la différence de l’Autre, lorsqu’il nous renvoie à notre fragilité, en particulier face à un être paradoxal, très puissant pour concevoir la vie, la nôtre, et pourtant si fragile qu’il est capable d’en souffrir et d’en mourir sans en comprendre les raisons. Les formes de violence sont, en termes adlériens, les formes rigides de cette compensation excessive (pour les hommes comme pour les femmes), où le sentiment d’appartenance ne pourrait pas s’enraciner. Aujourd’hui, les femmes immigrées, même celles de deuxième et troisième génération, se trouvent au croisement d’une confrontation interculturelle dont l’impact est aussi invisible qu’impitoyable. Elles le mesurent d’abord avec leur propre corps, prenant à peine conscience de leur urgent et profond besoin de sens face à cette inadéquation et à cette confrontation. Ce n’est que par le calvaire d’une détresse psychique sans langage ni dialogue qu’elles arrivent parfois à nous thérapeutes. Les accueillir dans le contexte thérapeutique est toujours une expérience perturbante et créative d’une grande poésie.

En guise d’au-revoir, ces deux petites phrases citées par Mme Houria Abdelouahed [5] de son mystique préféré, le grand professeur soufi Ibn Arabi : « Stérile [littéralement : » quelque chose sur lequel on ne peut pas compter « ] est le lieu qui n’accepte pas le féminin », puisque : « L’humanité n’est pas la masculinité [ou la virilité] » [6].
Les deux auraient pu être écrits par Alfred Adler.

Dott.ssa Alessandra Zambelli
Superviseur Psychothérapeute Analyste Adlérienne,
Responsable des relations internationales et
des formations de l’Institut Alfred Adler de Paris (IAAP)

Notes :

[1] Thème que vous avez abordé dans le numéro 5 de l’OT lors de la relecture du livre de Luigi Zoja ”Dans l’esprit du terroriste. Conversation avec Omar Bellicini ”.

[2] La notion de compensation, centrale dans la théorie d’Adler, est d’abord élaborée à partir de l’analyse corporelle de l’infériorité d’un organe, en tant que fonction capable de remédier à la déficience initiale par une surcompensation progressive de l’organe inférieur lui-même ou sur la symétrique proximale, ou par une action indirecte réalisée par la fonction psychique, telle que la perception ou la mémoire, mais également par le comportement. Cette fonction vicariante a été confirmée en 1932 par le chercheur américain W.B. Cannon comme « loi de l’homéostasie » (Walter Bradford Cannon, The Wisdom of the Body – La sagesse du corps- , 1932, W. W. Norton & Company, New York). Adler a compris que tout ce qui, dans la nature, se trouve en état d’infériorité tend spontanément vers la supériorité et s’efforce de réagir avec une vigueur particulière aux stimuli qui l’assaillent. Par conséquent, la compensation permet à l’organisme d’atteindre un niveau de sécurité suffisant pour sa survie.
Cette attitude vectorielle est également inscrite dans l’esprit, en particulier l’humain, structuré de manière logique et téléologique, c’est-à-dire un système unitaire de perception, d’analyse et d’anticipation finaliste qui doit toujours être doté d’un objectif conscient et inconscient, ce dernier identifié comme fiction.
La fiction est une structure de l’inconscient qui fonctionne comme une forme symbolique, articulée de manière téléologique, qui dirige toutes nos impulsions et nos attitudes, et constitue de véritables dispositifs psychiques et techniques.
Adler fonde son analyse du fonctionnement mental sur la « Philosophie du Comme Si » du philosophe pragmatiste post-kantien Hans Vaihinger, publiée en 1911, année de sa séparation de Freud pour fonder la Société de psychologie individuelle comparée, et publier en 1912 son texte principal : Le tempérament nerveux.
La psyché est donc conçue comme un système finaliste unitaire qui, pour fonctionner, a toujours besoin de se fixer un objectif unique pour s’orienter dans la réalité, et y adhérer lorsque la fiction reste dynamique, ce qu’Adler désigne comme une fiction « directive ». La fiction devient super-compensatoire si elle se rigidifie sous l’impulsion du sentiment d’infériorité, Minderwertigkeitsgefühl, donnant lieu à la psychopathologie et à la violence, et prenant le nom de fiction « tendancieuse » parce qu’elle est maintenant déconnectée de l’échange dynamique avec la réalité.
Pour Adler, le conflit ne se situe plus entre des pulsions individuelles, mais entre l’individu et son environnement, qui est avant tout relationnel. L’élément équilibrant pour l’esprit humain, le seul qui lui permet de s’élever et de s’affranchir du sentiment d’infériorité de mémoire rousseauienne, élément universel pour la condition humaine qui traverse une longue période de plasticité infantile, est ainsi pour Adler le sentiment d’appartenance, Gemeinschaftsgefühl.
Le petit d’homme atteint la conscience intégrée et équilibrée entre les instances affirmatives liées au sentiment d’infériorité et les instances coopératives stimulées par son besoin de tendresse et d’empathie, Zärtlichkeitsbedürfnis, et son histoire relationnelle avec les affects fondamentaux.

L’équilibre entre ces deux pôles (les instances affirmatives et les instances relationnelles) permettra à la personnalité de se forger un Style de vie comme réponse fictionnelle unique et intime, en dialogue permanent avec la réalité socio-économique et culturelle, ou alors de forger une fiction tendancieuse qui enferme l’individu dans un système de référence isolant : psychopathologie et crime. Pour Adler, l’élan vers la supériorité a été jusqu’ici la fiction la plus créative – la meilleure possible – que l’être humain ait inventée pour satisfaire les deux instances, tant que le but de la supériorité ne tombe pas dans le travers illégitime de la domination. Adler n’a pas opposé de veto au fait que cette recherche créative pour se dépasser puisse un jour se modifier. Nous sommes peut-être arrivés à ce terminus dont il en a perçu la nécessité logique.

[3] Terme indiquant la différence entre deux cultures ou plus (nationale et/ou tribale, ou locale) qu’un individu doit composer dans une situation d’immigration. Je préfère utiliser le concept de « décalage », déphasage, plutôt que celui de choc culturel ou de choc des cultures, car il indique une possible neutralité émotionnelle (non traumatisante) dans les connections culturelles que les première, deuxième et troisième génération d’immigrés sont nécessairement amenés à métaboliser, en relation aux différentes sources et formes culturelles. En fait, cette confrontation culturelle implique souvent une surcharge d’informations, la barrière de la langue, un écart générationnel plus important, un éventuel écart technologique, ainsi que le classique « mal du pays ». Tous des éléments potentiellement fortement stressants.

[4] Adler a observé, dès le début du siècle dernier, que l’enfant apprenait tôt à se sentir plus fort en imitant la figure paternelle et à calmer ainsi son sentiment d’infériorité de manière fictive par le biais de cette surcompensation légitime, symbolique et évolutive qui lui restera comme une empreinte. L’accusation qu’Adler apporte à la société de l’époque, et qui s’applique encore à la nôtre, est que la civilisation n’est pas allée plus loin que cet enfant : elle a opté pour une valorisation socio-économique et culturelle des traits masculins comme emblème de la « Volonté de puissance » (terme qu’ Adler a emprunté à Nietzsche) au détriment des traits féminins, sans autre raison que de calmer le sentiment d’infériorité inconscient et non intégré, en l’hypostasiant et en le reléguant à la seule condition féminine, et en opérant des équivalences illégitimes et fictionnelles de féminin = inférieur = femme, viril = supérieur = homme. Ce processus projectif ne permet pas à notre société d’évoluer en adhérant à la réalité de nos besoins et de nos plaisirs profonds, car il repose sur un mécanisme de défense de déni du sentiment d’infériorité, plutôt que sur son intégration réelle. Le génie d’Adler est de l’avoir observé aussi chez les femmes, le nommant « protestation virile », car il apparaît évident chez ces personnes qu’elles doivent nier tous les traits féminins comme s’ils étaient honteux, humiliants : le garçon manqué ou la «mâle» ».

[5] Voir doppio zero (double zéro) https://www.doppiozero.com/materiali/donne-violenza-e-islam

[6] Houria Abdelouahed : Psychanalyste, professeure agrégée et directrice de la recherche du département des études psychanalytiques de l’Université Denis Diderot (Paris 7), membre du CNRS, auteure entre autres du livre lauréat du prix de l’évolution psychiatrique « Figures du féminin en islam », ( PUF, 2012).

Sommet adlérien en ligne

Sommet adlérien en ligne
Adler University

8

MARS, 2019

à partir de 16:00 (heure française)

Événement Adlérien
En anglais
Gratuit

Appartenance. Développement de la personnalité. Évolution Sociale.

Le Centre pour la pratique et l’enseignement adlérien de l’Université Adler de Chicago propose une journée d’ateliers en ligne et en anglais. Intitulée « Appartenance, Développement de la Personnalité et Evolution Sociale » (Belongingness, Personality Development, and Social Evolution), ce sommet de formation est organisé par le Centre pour la deuxième année consécutive. Les ateliers font partie du programme de Formation Continue de l’Université Adler, sponsor approuvé par l’American Psychological Association, et sont exceptionnellement proposés à tous les publics lors de cette journée spéciale. L’événement sera donc également accessible en ligne, avec une session spécialement conçue pour les participants à distance. L’événement est parrainé par le Centre for Adlerian Practice and Scholarship (CAPS) et le Bureau de l’avancement des institutions (OIA). Ne manquez pas l’occasion de participer, même de loin, à une journée riche en expériences et en camaraderie à la manière de Adler, mettant le sentiment d’appartenance en action!

Dès 09:00 le 8 Mars, connectez-vous au sommet en ligne.

La théorie adlérienne considère le sentiment d’appartenance comme le cœur de la personnalité humaine, il est la base logique de son développement vers l’idéal commun et la condition préalable essentielle de l’évolution sociale. Cette journée complète de formation présentera aux participants le concept d’appartenance selon Alfred Adler et Rudolf Dreikurs, son lien avec d’autres idées fondamentales, son rôle dans la santé individuelle et collective et son utilisation dans les relations organisationnelles et humaines.

Inscrivez-vous sur le site de l’événement (en anglais)

Allez-y avant le 1er mars 2019, et pensez à en faire profiter les personnes intéressées.

De nombreux conférenciers thérapeutes et/ou formateurs tous spécialistes adlériens sont les intervenants de cette journée. Vous pourrez assister aux conférences de :

  • Dr Eva Dreikurs Ferguson
  • Dr Julia Yang
  • Dr Richard Watts
  • Dr Claudette Brown
  • Dr Leigh Johnson-Migalski
  • Dr Marina Bluvshtein
  • Dr Mel Markowski

Télécharger le programme

Pour tous les détails, les horaires et les titres des conférences, accédez au programme sur le site de l’organisateur

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93 rue Beliard
75018 Paris

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Pr Andrea Ferrero : Une psychothérapie modulée sur le fonctionnement psychopathologique

Présentation du livre du Pr Andrea Ferrero

En marge de la Conférence Internationale de Psychologie Individuelle qui s’est tenue le 19 Novembre 2018 à Vienne, le Pr Andrea Ferrero de l’Université de Turin, également formateur invité à l’Institut Alfred Adler de Paris, a présenté la version anglaise de son livre « Une psychothérapie modulée sur le fonctionnement psychopathologique. Le modèle sur-mesure de la psychothérapie psychodynamique adlérienne. »

Cet ouvrage est paru dans sa version française en 2014 aux éditions l’Harmattan, Paris, préfacé par Madame Alessandra Zambelli, Directrice des formations et Responsable des Relations Internationales de l’Institut Aldred Adler de Paris.

Pr Andrea Ferrero

Psychiatre, Psychothérapeute

L’auteur, Andrea Ferrero est depuis bientôt 40 ans un médecin psychiatre reconnu. Il est également psychothérapeute adlérien, psychanalyste, superviseur et ancien professeur d’université à Turin en Italie. Grand spécialiste d’Alfred Adler, il est depuis 1999, président de la Section Internationale Theory & Research de l’IAIP (International Association of Individual Psychology). Il est également président du CA et superviseur de l’Adlerian Psychodynamic Psychotherapies, training & research center à Turin.
Il est l’auteur de plusieurs livres et a publié plus de 100 articles dans de nombreuses revues scientifiques en Italie, en Europe et aux États-Unis.

La psychologie individuelle :

3 paradigmes théoriques

L’unité psycho-somatique de l’individu

Tous les individus éprouvent un sentiment d’infériorité inconscient, qui est enraciné et exprimé à la fois dans les traits biologiques du tempérament et dans les traits psycho-sociaux du caractère.
Les individus essaient d’y faire face par des compensations psychiques ou somatiques, selon deux méthodes différentes: accroître leurs compétences (aspiration vers la supériorité) et développer leur capacité d’inclusion et de coopération (sentiment social) ou utiliser les deux.

La régulation du moi

La possibilité pour un individu de construire, dès son plus jeune âge, une image de soi cohérente et une identité stable est liée à la satisfaction des besoins en amour et en la tendresse première des parents.
L’individu développe ses propres stratégies conscientes et inconscientes pour faire face aux difficultés de la vie de manière cohérente avec l’image de lui-même qu’il s’est développée.
Le style de vie unique et irremplaçable décrit la manière spécifique dont il réagit et s’adapte aux événements de la vie et à ses propres expériences intérieures.

Les modules relationnels

Le sens psychologique des manifestations humaines ne peut être séparé des interactions que chaque individu vit avec ses semblables.
Les modalités selon lesquelles ces relations significatives sont enregistrées et intériorisées, même inconsciemment, constituent les « images guides » qui vont conditionner comment s’orienter dans la vie (fictions).
En ce sens, les modules relationnels représentent également le fil rouge symbolique qui relie les éléments du style de vie, qu’ils soient en accord ou en contradiction.

Que sont

les APP ?

Au-delà des symptômes, le contexte psychopathologique

Les APP sont des psychothérapies basées sur une lecture psychopathologique-dynamique de la pathologie, spécifiquement orientée selon la reconnaissance des différents Niveaux de Fonctionnement Psychopathologique (PFL) du patient.

Le diagnostic catégoriel, basé sur une évaluation exclusivement symptomatique, ne fournit pas, en effet, d’indications suffisantes pour guider le projet clinique et le cadre technique de la psychothérapie. Une évaluation des éléments dysfonctionnels à la base du trouble est indispensable.

L’Echelle d’Evaluation des Niveaux de Fonctionnement Psychopatologique (PFL-RS) est un outil visant à identifier, sur 7 niveaux de gravité, le fonctionnement du patient dans 5 domaines :

  • Identité (ID), à savoir l’identification des aspects de déficit de la structure primaire du soi et/ou de dérèglements conflictuels
  • Compréhension (CO), à savoir les diverses capacités de mentalisation et d’orientation de l’attention exécutive dans le sens du projet
  • Émotions négatives (EM), à savoir la qualité, la différenciation, la stabilité et la conformité des émotions négatives
  • Action/Régulation des comportements (RA), à savoir la détection de toute tendance à l’inhibition du comportement ou à l’impulsivité auto/hétéro, et la tendance à mettre en action les vécus psychiques
  • Les compétences sociales (SS), à savoir les problèmes de qualité et de constance des relations sociales et les difficultés de modulation de la distance relationnelle.

La possibilité d’identifier les forces du patient et les zones de dysfonctionnements plus importants permet de façonner des interventions thérapeutiques «sur mesure» pour le patient. Les objectifs cliniques visent à modifier non seulement les symptômes, mais également d’importants aspects du fonctionnement du patient, tout en soutenant et en renforçant ses ressources les plus adaptatives.

Le modèle des PPA prévoit donc la possibilité de configurer des traitements avec un cadre thérapeutique différencié, sans limite de temps ou dans un temps imparti.

Les interventions limitées dans le temps sont codées selon des modules de 10, 15 ou 24 sessions hebdomadaires (B-APP: Brief Adlerian Psychodynamic Psychotherapy) ou en modules séquentiels de 40 sessions hebdomadaires (SB-APP: Sequential Brief Adlerian Psychothérapie psychodynamique), praticables notamment dans le contexte du service public, en ambulatoire ou même en résidentiel.

Les APP limitées dans le temps ont également fait leurs preuves dans le traitement des troubles anxieux et des troubles mineurs de l’humeur, des troubles alimentaires et des troubles de la personnalité.

Conférence Internationale de Psychologie Individuelle

Vienne, 19 Novembre 2018

"La psychologie individuelle dans le monde actuel : meilleures pratiques"

Une journée de conférences dans la capitale autrichienne où est né et a vécu Alfred Adler.

Le 19 Novembre dernier, la 1ère conférence internationale organisée par l’IAIP (International Association of Individual Psychology) s’est réunie à Vienne au Centre International Alfred Adler, rue Hernalser dans le 17ème district, où Alfred Adler a passé la majeure partie de sa jeunesse.

Les praticiens de la psychologie individuelle et les membres de l’IAIP étaient conviés pour un échange sur les actualités adlériennes internationales et le partage de leurs différentes méthodes de travail.

L’objectif affiché par les organisateurs était de renforcer la communauté au niveau international, d’améliorer la communication entre les Adlériens et de créer des ponts entre les membres de l’IAIP, afin de stimuler les rencontres et promouvoir le développement de la psychologie individuelle.

L’Institut Alfred Adler de Paris était représenté par Madame Alessandra Zambelli, Directrice des Formations et Déléguée Responsable des Relations Internationales.

De par son rôle au sein du département éducation de l’institut, elle a été particulièrement intéressée par le sujet principal de la table ronde organisée en fin de matinée : l’élaboration d’une procédure de Certification Internationale pour les professionnels adlériens.

L’idée de cette certification est apparue très mobilisatrice au sein de l’assemblée présente, pour des raisons diverses. Certains pays (comme Israël, l’Allemagne, l’Italie ou les USA) où l’enseignement d’Adler est organisé et très varié y verraient la validation du sérieux de leur programme de par la qualité des standards requis par l’IAIP. Pour d’autres pays comme la Russie où n’existe aucune reconnaissance légale des programmes de formation adlérien, l’existence de cette certification apporterait la légitimité et la reconnaissance. Les italiens, les israéliens et les américains ont d’ores et déjà fait état de leur volonté d’apporter leur expérience dans la création de cette certification.

Il est certain que l’élaboration de cette Certification se heurte à diverses difficultés tenant principalement aux différentes règles légales nationales concernant les titres et certifications obligatoires pour l’exercice du métier de thérapeute qu’il conviendra de prendre en compte pour une harmonisation possible. D’autres difficultés sont posées par les conditions d’admission dans les différents programmes des organisations membres. Comme l’a rappelé Wilfried Datler, le précédent Président de l’IAIP, il convient de travailler en priorité sur l’élaboration des standards de l’IAIP, standards qui conditionneront l’adhésion des organisations membres s’obligeant à les respecter et par là même se soumettant à l’harmonisation nécessaire. Il a été également précisé que la Certification Internationale pourra concerner diverses formations, faisant évidemment la différence entre le métier de thérapeute et celui d’accompagnant (conseiller-counselor)

La table ronde s’est terminée avec un cahier des charges pour les participants : proposer leurs solutions pour les points suivants :

  • Quel serait le niveau d’étude prérequis ?
  • Quel serait le nombre d’heures de formation à suivre ?
  • Quel doit-être le contenu du programme ?
  • Quels seraient les autres critères ?
  • Quel type de pratique clinique devrait être effectuée par l’étudiant ?

Sujet à suivre, donc…

Le Dr. Daniela Cechova, Présidente de l’IAIP, avec la coopération des membres du board et des organisations membres de l’IAIP, a organisé ce 1er événement qui veut devenir le RV annuel des adlériens du monde entier. Une occasion conviviale de faire le point sur les pratiques, la recherche, la formation, les projets, l’environnement et les orientations. L’ambition est affichée que cette Conférence Internationale de la Psychologie Individuelle devienne, année après année, un événement attrayant et mobilisateur incontournable pour la communauté adlérienne internationale.

Dr. Daniela Cechova

Présidente, IAIP : International Association of Individual Psychology

La Communauté Internationale Adlérienne

 

L’appel a été lancé pour que de nombreux pays participent à la Conférence et que leurs représentants fassent partie du groupe de travail sur le développement de la collaboration au sein de l’IAIP et de l’avenir de l’IAIP.

La journée s’est déroulée autour des 3 présentations principales de Marina Bluvstein (Vice-Présidente de l’IAIP), Erik Mansager et Hermine Sperl-Hicker qui abordèrent l’adlérisme selon divers points de vue, depuis les racines historiques jusqu’aux applications cliniques les plus modernes. Autour de ces conférences, des temps d’échanges et de rencontres ont permis à chacun d’exposer ses divers projets et de nouer des contacts.

Madame Zambelli au eu l’occasion d’échanger avec Madame Barbara Simonelli, représentante de la SIPI (Société Italienne de Psychologie Individuelle), au sujet de la collaboration qui s’est établie entre nos deux instituts, illustrant la volonté de dialogue et de collaboration qui est l’essence de notre Institut parisien. En marge des conférences, Mesdames Zambelli et Simonelli ont pu assister à la présentation en anglais du dernier livre du Professeur Andrea Ferrero « Adlerian Psychodynamic Psychotherapy: A Psychopathology – Based Treatment ».

Les Conférenciers

Marina Bluvshtein, USA

Marina Bluvshtein, USA

Psychologue et Thérapeute conjugale et familiale, Directrice du Centre de Pratique Adlérienne à Adler University

Vice-Présidente de l’IAIP, le Dr. Marina Bluvshtein (Ph.D) est psychologue et thérapeute certifiée en thérapie de couple et thérapie familiale.

Elle est professeure et directrice du Centre de Pratique Adlérienne de l’Université Adler de Chicago (Illinois, USA). Elle enseigne à Chicago et à Vancouver.

Elle est également membre du corps enseignant de l’ICASSI, rédactrice pour le « Journal of Individual Psychology » et peer-reviewer pour le « Journal of Humanistic Psychology».

Elle exprime un intérêt particulier pour l’histoire de la psychologie individuelle et se définit comme «historienne adlérienne, théoricienne et praticienne dans le sens le plus large de la pratique adlérienne».

-> “La Psychologie individuelle dans les contextes personnels et historiques : Vaincre – L’humain avant l’inhumanité“.

Marina Bluvshtein nous rappelle que Novembre 2018 marquera le 80e anniversaire de la Nuit de Cristal (Kristallnacht), ce qui nous évoque nombre de récits liés à l’histoire d’Alfred Adler, telles que celle d’Irene Nemirovsky, ou celle d’Helene et Ernst Papaneks, ou d’autres anecdotes évoquant Valentina Adler ou Raissa Adler. La psychologie adlérienne est une psychologie du dépassement. Tous ces récits – traversant les années et les continents – s’articulent autour d’un thème commun, à savoir comment, dans les jours les plus sombres, les humains se trouvent capables de surmonter l’inhumanité.

Erik Mansager, Switzerland

Erik Mansager, Switzerland

Conseiller professionnel clinique (LCPC), Thérapeute certifié en psychologie des profondeurs adlérienne et superviseur

Erik Mansager, PhD (emansager@gmail.com) est codirecteur des services de conseil familial à Genève, en Suisse, membre du corps professoral de la Webster University / Geneva et également conseiller professionnel agréé en clinique dans l’Illinois.

Diplômé en psychologie adlérienne, il a siégé au conseil d’administration de NASAP pendant de nombreuses années et a terminé son service en tant que président sortant de 2006 à 2008.

Erik a été membre du corps enseignant de l’ICASSI et de l’Université Adler (en tant qu’École de psychologie professionnelle Adler). Il a suivi sa formation initiale d’adlérien à l’Université de l’Arizona et a obtenu le certificat d’études professionnelles en psychologie individuelle de l’Institut américain des études d’Adlerian avant de passer à la psychothérapie classique de la profondeur adlérienne (CADP). Il a obtenu son diplôme CADP en psychothérapie approfondie en 2012 et son certificat d’analyste en formation CADP en 2017.

Erik enseigne actuellement pour le programme de formation à distance CADP de l’Institut Alfred Adler du nord-ouest de Washington.

-> “Respecter les différences: Adler et Dreikurs“.

Erik Mansager, Psychothérapeute, ancien président de NASAP, a apporté son éclairage sur les différences entre les points de vue d’Alfred Adler et de Rudolf Dreikurs. Adler enseignait que le but de la personnalité est le Persönlichkeitsideal (idéal de personnalité), tandis que Dreikurs affirmait que ce but était le sentiment d’appartenir. Erik indique que les tentatives des Adlériens de dire qu’Adler propageait «l’appartenance» comme objectif de la personnalité ne présentent aucune preuve convaincante, ni dans les écrits d’Adler, ni dans les écrits de ses biographes. Dans sa conférence, Erik suggère d’accepter le sujet du but de la personnalité comme une véritable différence entre les deux hommes.

Hermine Sperl-Hicker, Autriche

Hermine Sperl-Hicker, Autriche

Psychothérapeute

Hermine Sperl-Hicker, thérapeute en psychologie individuelle (www.oevip.at) dispose d’un cabinet privé pour adultes, adolescents et enfants. Parallèlement, elle travaille pour le conseil municipal viennois de l’éducation du centre Rudolf Ekstein (www.rez.at) en tant que conseillère scolaire pour les enfants perturbés émotionnellement et socialement. Son travail comprend également les conseils pédagogiques pour les parents et les enseignants.

-> -> «Comprendre et aider les enfants aux prises avec des problèmes sociaux et affectifs dans la vie quotidienne à l’école».

Certains psychologues et conseillers individuels, à Vienne comme ailleurs, s’intéressent principalement au traitement à long terme des enfants et des adolescents perturbés émotionnellement et socialement. Leur travail comprend également l’aide apportée aux parents et enseignants par le biais de conseils pédagogiques pour les accompagner dans la compréhension et la gestion pratique et quotidienne des différents problèmes de comportement des jeunes tant au niveau individuel qu’au niveau des groupes sociaux constitués.

Après une introduction générale, Hermine Sperl-Hicker, nous a donné un aperçu de sa pratique concrète auprès des enfants, des parents et des enseignants dans les écoles viennoises, à partir de matériel documentaire et de cas cliniques.

Le matériel clinique

L’après-midi, organisée autour d’un atelier pratique, fut consacrée à l’analyse de matériel clinique, faisant sien le fameux proverbe « L’exercice fait le maître ». Animé par Sylvie Ponty de Paris et Wilfried Datler de Vienne, l’atelier a permis aux participants d’appréhender les différentes manières de travailler à partir de matériel clinique.

Programme de la Journée

  • 09:00 – 09:10 : Présentation de la Journée par Daniela CECHOVA, president de l’IAIP
  • 09:10 – 09:55 : Erik MANSAGER, Suisse : “Respecter les différences: Adler et Dreikurs“
  • 09:55 – 10:40 : Hermine SPERL-HICKER, Autriche : « Comprendre et aider les enfants aux prises avec des problèmes sociaux et affectifs dans la vie quotidienne à l’école »
  • 10:40 – 11:00 : Pause Café
  • 11:00 – 11:45 : Marina BLUVSHTEIN, USA : « La Psychologie individuelle dans les contextes personnels et historiques : Vaincre – L’humain avant l’inhumanité »
  • 11:45 – 12:15 : Pause Café
  • 12:15 – 13:45 : Panel Discussion : « Le développement de la collaboration au sein de l’IAIP et le futur de notre association »
  • 14:00 – 15:30 : Déjeuner
  • 15:30 – 17:00 : Atelier d’analyse du matériel clinique
  • 17:00 – 18:30 : Clôture de la Journée : échange de contacts, discussions informelles, conclusions

Participez!

Pour profiter de toutes nos activités. Pour vous former à la psychanalyse adlérienne. Pour soutenir la recherche. Pour collaborer. Adhérez à l’Institut !

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Adolescence, violence et terrorisme : la genèse de la haine

Adolescence, violence et terrorisme : la genèse de la haine

Interdisciplinarité par le dialogue entre psychologie et sociologie

Collaboration d'Alessandra Zambelli, Responsable Formation de l'Institut, à la Revue OT (OSSERVATORIO TERRORISMO) de l'ANSSAIF*

*Association Nationale Italienne des Spécialistes de Sécurité et Agence d’Intermédiation Financière

L’ébauche d’un dialogue interdisciplinaire tel que l’encourage l’IAAP dans sa volonté d’une épistémologie d’ouverture et d’interrelations théoriques et pratiques.

Journée Scientifique 3/6/2017

Journée Scientifique 3/6/2017

(Clic sur l'image pour accéder à l'archive)

« C’est avec un enthousiasme rigoureux que je me permets de souligner l’accueil rare et fin de M. Pietro Blengino, Rédacteur en Chef de la Newsletter OT Osservatorio sul Terrorismo (Observatoire sur le Terrorisme), membre du Conseil Directif de l’ A.N.S.S.A.I.F. (la plus importante association italienne d’experts de sécurité bancaire et financière), et membre du Comité de Pilotage OSSIF – A.B.I. (Association Bancaire Italienne).
En m’écrivant pour me remercier, ainsi que l’Institut Alfred Adler de Paris, pour la brève mais riche réflexion sur ”la genèse de la haine“, publié sur la Newsletter n° 8 de l’Osservatorio Terrorismo (OT – Observatoire du Terrorisme), M. Blengino a su mettre en évidence l’efficacité de l’interdisciplinarité, en particulier sur des sujets très concrets comme la sûreté et le terrorisme.
Cette affinité méthodologique spontanée (et quelque peu insolite) est précieuse, car de ses perspectives diversifiées, est née une coopération de recherche scientifique, afin d’approfondir et publier sur ces thématiques de violence et d’adolescence. Thématiques que nous abordons dans le cadre de nos formations, par le biais de journées scientifiques (comme celle du 3 Juin 2017) ou de modules spécifiques (comme le module « Ado, violence et terrorisme » inclus dans notre nouvelle formation à l’accompagnement adlérien qui débute à l’automne 2018).

Avec leur aimable autorisation, nous publions ici la traduction des textes en italien extraits de l’Editorial et de l’Introduction de la Newsletter n° 8 de l’Osservatorio Terrorismo, rédigés par le Rédacteur en chef M. Pietro Blengino. Nous publions à la suite notre article « j’ai failli devenir terroriste ». »

Mme Alessandra Zambelli
Responsable Formation IAAP

Editoriale Revue OT

NOTA DELLA REDAZIONE

In questa newsletter, raccogliamo alcune recensioni redatte da colleghi che hanno aderito all’Osservatorio. Noi continueremo nel recensire testi di possibile interesse degli iscritti, e a proporre temi per stimolare il dibattito. Attendiamo i vostri contributi!

Osservatorio Terrorismo – Newsletter numero 8

Editoriale Osservatorio Terrorismo 8

Pietro Blengino (Caporedattore),
ANSSAIF, Associazione culturale

Editorial de la Revue OT

NOTE DE LA REDACTION

Dans ce bulletin, nous présentons des contributions rédigées par des collègues ayant rejoint l’Observatoire. Nous continuerons d’examiner les textes susceptibles d’intéresser les membres et de proposer des thèmes pour stimuler le débat. Nous attendons vos contributions!

Observatoire du terrorisme – Newsletter numéro 8

Editorial du Bulletin de l'Observatoire du Terrorisme, numéro 8

Pietro Blengino (Rédacteur en Chef),
ANSSAIF, Association Culturelle

Introduzione alla newsletter n.8

INTRODUZIONE ALLA NEWSLETTER N 8 DI OT

Partendo dalle riflessioni introdotte nell’editoriale, abbiamo voluto costruire l’ottavo numero della newsletter OT cercando di ampliare gli orizzonti del nostro lavoro analizzando alcuni aspetti sociali, culturali ed economici che dobbiamo imparare a leggere anche come campanelli di allarme. Proprio a supporto di questo ambizioso traguardo ci siamo soffermati su aspetti internazionali che hanno avuto lo “svantaggio” di provare prima di noi, e sulla loro pelle, il confronto con il nuovo modello terroristico.

Osservatorio Terrorismo – Newsletter numero 8

Introduzione alla newsletter n.8

Pietro Blengino (Caporedattore)
ANSSAIF, Associazione culturale

Introduction à la newsletter n.8

INTRODUCTION A LA NEWSLETTER N 8 DE L’OT

A partir des réflexions introduites dans l’éditorial, nous avons voulu construire ce huitième numéro de la newsletter OT en cherchant à élargir l’horizon de nos travaux par l’analyse des aspects sociaux, culturels et économiques que nous devons apprendre à lire aussi comme des signaux d’alarme. Pour soutenir précisément cet objectif ambitieux, nous nous sommes concentrés sur les aspects internationaux, qui ont eu le “désavantage” d’expérimenter avant nous, et donc directement ‘dans leur peau’, la comparaison avec le nouveau modèle terroriste.

Observatoire du Terrorisme – Newsletter numéro 8

Introduction du Bulletin de l'Observatoire du Terrorisme, numéro 8

Pietro Blengino (Rédacteur en Chef),
ANSSAIF, Association Culturelle

J’ai failli devenir terroriste !

Réflexion brève, sur la nature socioéconomique et psychique de la matrice terroriste.

«Vous savez, Madame, j’ai failli devenir terroriste!»

Ces mots lourds, lucides, et apparemment sans appel, ont démarré une séance avec un patient dans mon cabinet du département 93: le Bronx de Paris. Un homme jeune, dont les yeux montraient une dureté plus mature.

Des mots qui étaient le signe d’un grand danger et, en même temps, la ligne de démarcation d’une vraie prise de conscience, d’un risque passé d’une façon ou d’une autre ainsi je me sentais de l’affronter avec une certaine sérénité.

«J’aurais voulu faire payer ma souffrance, ma rage, dans un monde où j’aurais répondu à l’injustice par la vengeance – continuait Ahmed (nom changé par respect pour l’intimité du patient) – tentant de se libérer du poids de la violence dans laquelle il avait grandi – cette société se fonde sur l’injustice, sur le principe de laisser les derniers toujours en dernier, de ne jamais donner la possibilité de se racheter, alors on devient victime de soi-même et la moindre des choses que tu peux faire est de t’abandonner. Il y en a qui le font par les drogues, d’autres avec l’alcool, moi, comme musulman, je le fais par la nourriture, en mangeant dans un très court laps de temps 1 kilo d’épinards surgelés et 8 hamburgers de premier prix».

Voilà le portrait de l’homme que j’avais devant moi, un homme en souffrance qui avait fait le choix le plus important de sa vie : se tenir devant un thérapeute pour trouver le bon moyen de sortir de sa haine et de son mal-être.

Il l’avait fait avec conviction, en choisissant un professionnel privé plutôt qu’une structure sociale publique ; un élément qui en soi reflétait à la fois une importante détermination et un manque de confiance dans la société et dans sa capacité à lui pouvoir l’aider.

Ahmed n’avait pas eu l’opportunité de poursuivre ses études, et, comme beaucoup d’enfants d’immigrés de la 3ième génération, bien que né en France, il vit encore entre deux mondes séparés par une profonde fracture culturelle.

Il eut une enfance désorganisée et difficile, avec des parents eux-mêmes enfants d’émigrés maghrébins ayant vécu l’important décalage culturel et social des deux sociétés d’appartenance comme un trauma banalisé, une évidence, qui vivaient ce sentiment de malaise comme une maltraitance sociale qu’ils déversaient inexorablement en famille.

Ainsi, sans s’en rendre compte, il s’est retrouvé sur un chemin où la haine n’est que la manifestation finale d’une rage accumulée au fil des jours, copieusement nourrie par les injustices familiales et sociales quotidiennes et par un contexte vide d’appartenance : un malaise transgénérationnel.

Un autre de ses mots m’a marqué, qui exprimait l’effort énorme et la force extraordinaire que ce grand garçon utilisait dans un des parcours évolutifs les plus complexe, celui du changement : «Madame, il est difficile d’évoluer seul, tellement injuste d’être toujours attaqué, de ne pas réussir à s’exprimer soi-même, d’être dans la contrainte quotidien de devoir lutter contre une société qui élève constamment le niveau de difficulté, où la bureaucratie complique tout et où on se fatigue au point que les principes… ne me parlent plus, même plus ceux du Coran !»

A cet instant, toutes ses blessures me sont apparues : «Ahmed, vous m’enseignez, et avec le Coran, que cette dureté, cette fatigue peut se transformer en orgueil, qui n’est que le déguisement du sentiment d’infériorité, paradoxalement imaginaire et relationnel à la fois, parce que sollicité concrètement par votre famille, par le milieu où vous travaillez, par la société toute entière qui porte la responsabilité évidente de ne pas réussir à cultiver le seul antidote possible : le sentiment d’appartenance. Mais la colère est la réponse qui ne récompense pas votre intelligence, votre effort d’être ici et votre lutte pour le changement».

Il me répondit avec un regard pénétrant : «La rage me fait me sentir vivant, après tout c’est de leur faute et moi je suis seul à affronter le changement!»

Les yeux dans les yeux, je lui offris mon sincère respect : «Ahmed, vous l’avez déjà fait, vous avez déjà gagné, aujourd’hui vous êtes ici car votre changement a déjà démarré. Cette colère veut seulement trouver une voie de sortie. Vous devrez construire votre vie, et chercher les satisfactions refusées : vous obtiendrez votre diplôme et vous ferez votre concours d’infirmier car, même si personne vous l’a jamais dit, vous en avez les capacités, autrement vous ne seriez pas ici. Prenez cette colère, canalisez-la et transformez-la en créativité. Prenez aussi l’exemple des rappeurs de banlieues».

Ainsi commença son chemin vers le changement, jusqu’à l’une des dernières séances où il me dit : «En réalité, Madame, pendant ces mois passés, avec le dialogue, la confrontation, la découverte de la possibilité d’être écouté et compris, j’évolue jusqu’à pouvoir comprendre que le parcours de cette colère qui conduit à la haine nous est commun. Mais celui qui n’a pas la possibilité d’éprouver le changement est susceptible d’être exposé à des pressions extérieures qui veulent exciter notre propre mal-être à des fins… personnelles sans scrupules ni valeurs».

Quelques années se sont écoulées, aujourd’hui Ahmed est infirmier et a même réussi à être élu « représentant des étudiants » pendant ses 3 ans de formation, il a une compagne et de nouveaux amis, il est toujours musulman et respecte le Coran, il a appris à rassurer et transformer sa colère, et l’infériorité qui l’animait, en détermination positive et en responsabilité, sortant ainsi du sentiment d’injustice et d’impuissance. Ce n’est pas le mérite du thérapeute, car chaque patient est l’architecte de son propre changement, mais deux demandes demeurent dans mon esprit : combien d’Ahmed ne nous ont pas encore cherché ? Et pourquoi ?

Dott.ssa Alessandra Zambelli
Supervisore Psicoterapeuta Analista Adleriana e
Responsabile della Formazione
Institut Alfred Adler de Paris (IAAP)

http://institut-alfred-adler-paris.fr

De retour du congrès IAIP

De retour du congrès IAIP

Minneapolis : un congrès de grande qualité

Du 10 au 13 Juillet 2017 s’est tenu à l’Adler Graduate School of Minnesota, le 27ème Congrès de l’Association Internationale de Psychologie Individuelle (IAIP) sur le thème : «Sentiment d’Infériorité : nouvelles manifestations, nouvelles approches».

Cette rencontre de haut niveau a été organisée par l’IAIP en collaboration avec l’AGS (Adler Graduate School) sur le Campus de Saint-Thomas, downtown Minneapolis. Etaient présents à ce Congrès de nombreux participants venus d’Europe, du Canada, des USA. Parmi eux, représentant pour la 1ère fois l’Institut Alfred Adler de Paris, Mme Alessandra Zambelli avait fait le déplacement.

Il faut souligner tout d’abord le succès de ce congrès grâce notamment à sa parfaite organisation : accueil chaleureux, espaces agréables, fluidité des sessions, respect des horaires et des temps d’interventions. Et grâce également à la qualité des présentations qui ont contribué au rayonnement et au succès des théories adlériennes et de leurs applications au niveau de la formation, de la recherche et de la clinique.
Une journée de pré-congrès avait été organisée le samedi 9 Juillet dans les locaux de l’Adler Graduate School à Richfield, Minnesota, pour nous permettre de participer à des présentations en petits groupes et des ateliers intimistes, autant d’opportunités d’apprentissage et de préparation autour de la thématique du sentiment d’infériorité. Nous avons pu visiter la faculté, rencontrer les élèves et les membres du comité d’organisation.
Ce furent ensuite 3 jours intenses avec un mélange stimulant de sessions plénières, de tables rondes et de sessions individuelles. Le thème principal du sentiment d’infériorité a servi de toile de fond à l’événement d’ouverture, aux 8 présentations et 56 séances en petits groupes. Nous avons eu de très belles interventions, avec de nombreuses illustrations, photos et vidéos. Tous ces composants parfaitement cohérents et bien intégrés, ont permis de stimuler la réflexion et les échanges fructueux.
Une ambiance festive lors du dîner croisière sur le fleuve Mississippi entre Minneapolis et St. Paul. Nous avons navigué à travers les écluses qui permettent aux bateaux de descendre la rivière en direction du golfe du Mexique : des panoramas exceptionnels sur fond de coucher de soleil, musique, détente et un dîner convivial et très réussi !
27ème congres IAIP
 

La thématique du congrès : le sentiment d’infériorité

 
En 1907, Alfred Adler a édité son premier livre important intitulé « Étude de l’infériorité des organes ». Il y a abordé le terme de «compensation» qu’il a ensuite élargi au concept de «sentiment d’infériorité». 110 ans plus tard, ce concept reste fondamental pour la théorie et la pratique de la psychologie individuelle.
Tout au long de l’évolution de l’humanité, depuis les 110 dernières années mais aussi dans les milliers d’années précédentes, nous avons pu observer le bien nommé « pouvoir créateur » d’Alfred Adler : l’aspiration créative individuelle à compenser ce sentiment d’infériorité, d’imperfection, d’incomplétude. Ce pouvoir n’est jamais facile et rarement conscient, avec un but ultime de supériorité ressemblant à une ligne d’horizon. Un voyageur déterminé ne l’atteindra jamais, mais il continuera néanmoins à se mettre en mouvement d’une manière saine, socialement utile, coopérative ou alors d’une manière délétère, inutile et hostile.
Le 27ème Congrès International de Psychologie Individuelle a souligné l’importance de cette pensée fondamentale et montré comment il est utilisé dans la théorie et la pratique Adlerienne contemporaine, dans différents domaines de la société et dans différents pays. Des praticiens et des scientifiques du monde entier ont discuté de la manière dont ils traitent les sentiments d’infériorité dans la vie quotidienne, la pratique clinique et l’appartenance à l’humanité.
alfred adler
 

Des intervenants passionnants

 

Sessions plénières et ateliers de groupe

 

  • Teal Maedel (Canada) : Le sentiment d’infériorité, logique privée et contrevenants dans le système de justice pénale canadien (Inferiority Feelings, Private Logic and Offenders in the Canadian Criminal Justice System)
  • John Newbauer (USA) : Le sentiment d’infériorité, logique privée et le système américain de réhabilitation des criminels (Inferiority Feelings, Private Logic and the American Criminal Rehabilitation System)
  • TBD et Ursula Oberst (Espagne) – Wilfried Datler, (AT) Modérateur : Perspectives générales de la formation clinique adlérienne (Global Perspectives on Adlerian Clinical Training)
  • Erik Mansager et Phillip C.Shon : Criminologie et psychologie individuelle (Criminology and Individual Psychology)
  • Marion Balla (Canada) et Marina Bluvshtein (USA) : Une étude de cas sur l’intégration sociale et la responsabilité sociale: le pouvoir créateur d’Alfred Adler et Raissa Epstein de Minus à Plus (A Case Study of Social Embeddedness and Social Responsibility: Alfred Adler’s and Raissa Epstein Adler’s movement from Minus to Plus)
  • Anna Maria Bastianini et Gian Sandro Lerda (Italie) avec Anita Schedl (AT) and Marina Bluvshtein (USA) : Psychothérapie à l’ère digitale : infériorité et compensation entre le réel et le virtuel (Psychotherapy in the digital age: Inferiority and Compensation between ‘real’ and ‘virtual’)
  • Eva Dreikurs Ferguson (USA) : Le sentiment d’infériorité et l’intérêt social ( Inferiority Feelings and Social Interest)
  • K. Ogura, R. Hasegawa, et H. Nakajima, (Japon) avec Jana Goodermont (USA) et Rebecca LaFountain (USA) Modérateur : Perspectives générales pour susciter et encourager la pratique adlérienne (Global Perspectives on Raising and Encouraging Adlerian Practitioners)
  • Christelle Schläpfer (Suisse), Galina Dimitrova et Zhaneta Stoykova (BG) avec Anita Schedl (AT) : Comment les écoles et leurs enseignants peuvent-ils travailler pour entrainer les élèves du sentiment d’infériorité à la coopération? Ou « enseigner dans le sens Adlérien » (How teachers and schools can work to lead pupils out from inferiority feeling to cooperation – Or: Teaching in an Adlerian way – What does this mean exactly?)
  • Wilfried Datler (AT) interview Gian Giacomo Rovera (Italie) : Le développement de la Psychologie Individuelle en Italie (the Development of Individual Psychology in Italy)
  • Andrea Ferrero (Italie),Christopher Shelley (Canada) et Alessandra Zambelli (France) : La dépression comme expression de l’infériorité : de nouvelles approches d’évaluation et de traitement sont-elles nécessaires ? (Depression as an expression of inferiority: new assessment and treatment approaches are needed ?)
  • Julia Yang (USA/Taïwan) : Volonté de puissance, ambition et dépassement: la poursuite d’un tout (Will to Power, Striving, and Overcoming: The Pursue of Wholeness)
  • Gisela Eife (Allemagne) : Le complexe d’infériorité et le sentiment d’appartenance comme éléments affectifs fondateurs de la dualité dans le concept psychodynamique adlérien (Inferiority feeling and community feeling as basic affective elements of Adler’s concept of the dual dynamic)
  • Erik Mansager (Suisse), Gisela Eife et Karl H. Witte (Allemagne) : Eléments intersubjectifs et relationnels dans la psychothérapie des profondeurs adlérienne (Intersubjective and relational elements in Adlerian Depth Psychotherapy)
  • Alessandra Bianconi (Italie), Marion Balla (Canada) & Gisela Eife (Allemagne) : Comment traitons-nous les sentiments d’infériorité en pratique clinique? (How we are dealing with Inferiority Feelings in clinical practice?)
  • Andrea Ferrero (Italie) : La réponse du thérapeute à l’infériorité du patient en psychothérapie (Therapists responses to patients inferiority in psychotherapy)
  • Margit Datler (AT) Qui a peur de qui ? Quelques réflexions sur les professeurs inexpérimentés qui enseignent aux étudiants réfugiés (Who is afraid of whom? Some thoughts about inexperienced teachers working with refugee-students)

 

Présentations

 

  • Aleksandrov, D. (USA), Abnormality: A convenient fashion
  • Balfany, C. (USA), Striving to overcome inferiority feelings in the professional identity of an Adlerian Art Therapist
  • Bauman, G. (USA), Sweetening the Soup: Heightening Your Client’s Appetite for Change
  • Blagen, M. T. (USA), Moving Beyond Addictive Behavior: Inferiority, Striving and Creative Power
  • Bosetto,D. (IT), Marasco,E.E. (IT), Vitali,V. (IT) & Rodope, G. (IT), Eating Disorders and Inferiority Feelings
  • Branke, W.(DE), From utilization of resources to development of potential
  • Buck, H. (USA), Inferiority feelings, immigration and cross-cultural application Chen, J.-Y. (TW), Triangle problem: mother-daughter-in-law and son
  • Close, R. (USA), Understanding Counselor Moral Distress: Adlerian Assessment and Logotherapeutic Intervention.
  • Cheng, P.-C. (TW), Inferiority Complex of Adlerian Psychotherapy is the antidote to the dispute between mother and daughter – in – law in Chinese?
  • Chibisova, M. (RU), Between force and agreement: inferiority feelings in parent counseling in a post-totalitarian society
  • Datler, W. (AT), Are all feelings of inferiority goal-directed? A contribution to the theory of emotions within the theoretical frame of Individual Psychology
  • De Santis, G. (IT) & Esposito, A. (IT), The plague after Adler (original: La peste dopo Adler)
  • Delgado da Silva, R. (BR). The Relationship between Feelings of inferiority generated by prejudice and social inequality in patients with chemical dependency and family codependents
  • Erguner-Tekinalp, B. (USA), Positive Psychology Interventions for Inferiority Feelings
  • Filatov,P. (RU), Inferiority Complex in the historical context: ideological fictions and collective traumas
  • Fujita,H. (JP), Hasegawa,R. (JP), Hosoda,M. (JP) & Nakajima, H. (JP), An Activity for Understanding Episodes through the Basic Assumptions of Individual Psychology
  • Hanson, D.L. (USA). Leadership Inferiority Feelings: Measuring the Law of Movement in Organizations
  • Hartshorne, T.S. (USA), Joffe Ellis,D. (USA), & Maedel, T.G. (CA), Dealing with the loss of a loved one: Adlerian and REBT perspectives
  • He, Y.-Y. (TW), The solving way of married men of Taiwan middle-class between « Mother » and « Wife » conflicts – analysis use the view of Alfred Adler’s inferiority complex
  • Hiller, G. (USA) & Rochon, M. (USA), Repair My House: Lunch with Alfred Adler and Francis of Assisi
  • Hofbauer-Kaufman, J.A. (USA) & Rafferty-Bugher, E. (USA), The Fourth, and Fundamental, Task of Life: What it is and why it Matters
  • Hsiao, CJ. (TW), Obesity of teenager in health-promoting school based on Adler’s inferiority complex to reform student’s self-efficacy via an action-research approach in TaiwanHsiao, CJ. (TW), Obesity of teenager in health-promoting school based on Adler’s inferiority complex to reform student’s self-efficacy via an action-research approach in Taiwan
  • Katz, R. (USA) & Bluvshtein, M. (USA), Mim Pew: A life of curiosity and contribution
  • Kepalaite, A. (LT), Correlates of inferiority feeling among students
  • Lerda, G.S. (IT), New children in psychotherapy: from omnipotence-impotence dynamics to inferiority-superiority process. Reflections and therapeutic strategies
  • Linden, G.W. (USA), The Fifth Task
  • Marchand, G. (FR), From the Inferiority Feelings to the Edification of Self
  • Mayer, A. (DE) & Bieliauskaite, R. (LT) Adlerian reflections on the Holocaust denial in Lithuania and current refugee crises in Germany: the challenge of power and identity in multicultural context
  • Mendel, E. (USA) & Bluvshtein, M. (USA), « Making Peace with the Dreamer and Doubter »: Margot Adler’s « Pathways to the Stars » as Overcoming Inferiority Feelings
  • Mourier, O. (FR), From uncertain origin: a case study of a young man dealing with his inferiority feelings
  • Nakajima, H. (JP), Rimmer,D. (AU) & Umezaki, I. (JP), Adlerian psychodrama incorporating traditional Japanese martial art techniques
  • Ursula Oberst (Espagne), Feeling inferior on the web: fear of missing out and addiction to online social networks
  • Thierry Paulmier (France), Homo Emoticus: A neo-Adlerian anthropological model for social sciences
  • Park, Y. (KR) & Kang, H. (KR), A Therapeutic Model for Understanding the Early Recollections of Individuals with Alcohol Addiction
  • Post, P.C. (USA) & Gregory R. Anderson (USA), The Two Sides of the ADHD Coin: Examining the Subtypes and their Relationship to Inferiority and Social Interest
  • Rader, B. (USA), Incidental Recollections and Revealing Repressions
  • Reardon, J.M. (USA), Mapping Authentic Adler
  • Roach, S. (USA), Using Adlerian Principles in the psychoeducation and treatment of women in a dual diagnosis treatment center
  • Rodope,G. (IT), Bosetto,D. (IT), Marasco,E.E.(IT) & Vitali, V.(IT), Developmental age disorders: An Adlerian interpretation to new discomfort in Italian children
  • Rovera, G.M. (IT), Severe obese people have low self-worth and inferiority complex?
  • Saxner, R. (USA), How Can ABA and the Crucial Cs Effectively Work Together with Children with Autism?
  • Schürer, Y. (CH), A Powerful Tool for Therapists: Understanding and Addressing Inferiority Feelings with the Andriessens Questionnaire
  • Schwartz, L. (USA), Healing Attachment Trauma: When Words Are Not Enough
  • Shelley, C. (CA), Adlerian Psychology and the Integral Paradigm: A Discussion
  • Simonelli,B. (IT), Fassina, S. (IT), Lerda, S. (IT), Overcompensation for Inferiority and Violent Behaviour against Women
  • Steinbeck, J. (DE), Psychoanalytic approaches to homosexuality
  • Trail, S. (USA), Striving Toward Health Equity: Collective Movement to Eliminate Health Disparities
  • Venable, L. (USA), Self-Compassion: An Innovative Approach to the Inferiority Feeling
  • Vitali,V. (IT), Rodope,G. (IT), Bosetto,D. (IT),& Marasco, E.E. (IT), Cyberbullying and inferiority feeling
  • White, L. (USA), A Fun and Simple Approach to Lifestyle Assessment Williams, L. (USA), & Saxner, R. (USA), Moving towards perfection within an evolving Autism community
  • Wu, Y.-Y. (TW). How a group of pre-service teacher trainees helping youngsters achieving academic success: from common inferior feeling to cooperative support
  • Yamamoto, T. (JP) & Nakajima, H. (JP). Individual psychology approach in bullying problem Yang, J. (USA/TW), Liu, T.-S. (TW),Yiru, L. (TW), Chiu, W.T. (TW), & Chie, M.-J. (TW), Process and Outcome of the Four Cs of Parent Teacher Consultant Training and Supervision in an Urban City of Taiwan

 

Quelques photos souvenir !

 


 

27ème Congrès de l’IAIP – 10-13 Juillet 2017

27ème Congrès de l’IAIP – 10-13 Juillet 2017

Le congrès international adlérien aura lieu cette année à Minneapolis (USA)

C’est l’université américaine Adler Graduate School (AGS) qui a été choisie pour accueillir sur son campus cette année le 27ème Congrès International de l’IAIP qui se déroulera du 10 au 13 Juillet 2017.

27ème congrès IAIP

L’IAIP, l’Association Internationale de Psychologie Individuelle

Organisation à but non lucratif, l’IAIP (International Association of Individual Psychology) vise à faciliter le dialogue international et la coopération entre les personnes et les organisations qui utilisent activement la psychologie individuelle et se sentent proches de l’héritage d’Alfred Adler. Elle émet également les directives de conformité pour l’agrément de psychanalyste adlérien, garantissant la certification des divers cursus de formation. Récemment créé, l’Institut Alfred Adler de Paris est en cours de certification pour sa Formation Triennale de Psychanalyste Adlérien.
L’IAIP contribue ainsi à promouvoir au niveau international le développement de la théorie, de la recherche et de l’application de la psychologie individuelle en fédérant les professionnels adlériens du monde entier. Elle regroupe de nombreuses organisations nationales (Allemagne, Angleterre, Autriche, Belgique, Canada, Danemark, France, Grèce, Hollande, Israël, Italie, Slovaquie, Hongrie, Lituanie, Japon, Suisse… ainsi que de nombreuses organisations américaines où l’adlérisme est très développé) et encourage le développement des activités professionnelles de ses membres, en soutenant la bonne entente entre les membres, favorisant les opportunités de networking et l’intégration de l’activité individuelle de chacun au sein d’une cause commune : l’adlérisme.
L’organisation réunit ses membres en congrès triennal organisé à chaque fois par une association hôte différente. Les deux derniers congrès ont eu lieu à Vienne en 2011 et à Paris en 2014. Cette année, c’est donc l’Adler Graduate School qui accueillera cet été les participants sur son campus de Minneapolis.
Nul doute qu’en participant au 27e Congrès de l’IAIP, les participants vont se trouver une nouvelle fois plongés dans un dialogue international stimulant, axé sur le rayonnement de la psychologie individuelle et de ses applications contemporaines.

L’AGS, Adler Graduate School à Minneapolis

Le Congrès IAIP 2017 se tiendra donc sur le campus de l’Université de St. Thomas au centre-ville de Minneapolis. Le thème central retenu pour cette année sera celui du sentiment d’infériorité. Le thème prévu est « Sentiment d’infériorité: nouvelles manifestations et nouvelles approches ». Il est certain que la perspective d’Alfred Adler sur le sentiment d’infériorité en tant que fondement de la personnalité animera un bon nombre des présentations prévues au programme.

Plus d’informations sur le site de l’International Association of Individual Psychology

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