16.09.2018 – Atelier – Chiara Mazzarino & Barbara Simonelli – Le diagnostic psychodynamique

Atelier du 16 Septembre 2018 : Barbara Simonelli & Chiara Mazzarino

« Atelier de diagnostic psychodynamique, exercices et cas cliniques »

Barbara Simonelli est Psychologue, Psychothérapeute Adlérienne SIPI (Société Italienne de Psychologie Individuelle), Psychothérapeute à l’Unité de psychothérapie D.P.A.A. (Centre intégré de Prévention et de Traitement des troubles de la personnalité chez l’adulte et l’adolescent et Professeur à la Faculté de Psychologie de l’Université de Turin.

Chiara Mazzarino est Psychologue, Psychothérapeute APPs (Adlerian Psychodynamic Psychotherapies), Analyste S.I.P.I. (Société Italienne de Psychologie Individuelle), Docteur en Sciences Humaines et Psychologie de la Santé. Elle est spécialiste en Psychologie du Sport.


Egalement, Barbara et Chiara travaillent à Turin en Italie avec la SAIGA, partenaire de l’IAAP. Barbara est formatrice et Vice-Directrice et Chiara est membre du CA.

Barbara et Chiara approfondissent les notions adlériennes dans le cadre du diagnostic en psychothérapie. Nous travaillons sur l’évaluation de la personnalité du patient, la compréhension des symptômes et l’observation des défenses afin d’élaborer la démarche diagnostique et la proposition thérapeutique. Cet atelier est organisé autour de présentations et d’échanges à l’aide d’études de cas cliniques et d’exemples concrets rencontrés dans la pratique.

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15.09.2018 – Intervention – Chiara Mazzarino – Le corps et son jargon

Intervention du 15 Septembre 2018 : Chiara Mazzarino

« Le corps et son jargon dans la relation patient-thérapeute »

Chiara Maria Mazzarino est psychologue, analyste S.I.P.I. (Société italienne de psychologie individuelle), Psychothérapeute Psychodynamique Adlérienne, Docteur en Sciences Humaines (PhD), Spécialiste en Psychologie de la Santé et de la qualité de Vie, Expert en psychologie du sport.

Elle exerce en libéral auprès des adultes et adolescents pour le Studio de Psychologie et Psychothérapie Epimeleia et pour l’UPCDPA (Unité de Psychothérapie et Centre des Troubles de la Personnalité à l’Adolescence) à Turin en Italie.

Alfred Adler appelle les troubles somatiques “le dialecte ou jargon des organes”, puisque ces organes révèlent dans leur langage très expressif l’intention de l’individu, conçu comme organisme en situation.
L’intervention de Mme Chiara Mazzarino intitulée “Le corps et son jargon dans la relation médecin-patient et en psychothérapie” nous permet d’approfondir ce concept théorique et technique.

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15.09.2018 – Intervention – Philippe Bobola – Le psychosomatisme revisité

Intervention du 15 Septembre 2018 : Philippe Bobola

“Nouvelles bases pour une psychobiologie du XXI siècle. Le psychosomatisme revisité”.

Docteur en chimie-physique, Biologiste, Professeur associé d’anthropologie au Centre Hospitalier de Sainte-Anne en partenariat avec l’Université de Strasbourg, Psychanalyste adlérien IAAP, Formateur et Conférencier.


Il a notamment publié « Penser autrement » (Voie Nouvelle 2010) et « Plumes de chaman » (Éd. Vega 2014).

La pensée psychosomatique est aujourd’hui un paradigme et une thérapie complémentaire à la psychothérapie, qui a su évoluer sur l’entrecroisement disciplinaire, notamment à partir des années 90, où l’on établit la connexion entre le système neurologique et le système immunitaire.
C’est cette évolution qu’aborde M. Philippe Bobola dans cette conférence.

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15.09.2018 – Intervention – Morgane Pidoux – Les interactions somatiques

Intervention du 15 Septembre 2018 : Morgane Pidoux

« Le corps innervé : neurophysiologie des interactions somatiques »

Morgane Pidoux est Neurophysiologiste et Enseignante de Sciences de la Vie et de la Terre. Titulaire d’un doctorat en Neurosciences de l’université Pierre et Marie Curie (Paris VI) et ancienne post-doctorante à Cornell University, USA, elle est également élève psychanalyste IAAP. Elle a plusieurs publications dans des revues à comité de lecture et a réalisé des communications dans plusieurs congrès nationaux et internationaux.

Elle est également responsable éditoriale de la revue scientifique de l’Institut Alfred Adler de Paris « Dynamiques Adlériennes ».

Dans le cadre de la formation IAAP de psychanalyste adlérien et pour introduire la thématique de la médecine psychosomatique, fil conducteur de cette journée scientifique pluridisciplinaire, Morgane Pidoux nous explique comment le système nerveux met en relation le corps avec la psyché.

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15.09.2018 – Intervention – Pr Jacquy Chemouni – Histoire et paradigmes de la pensée psychosomatique

Intervention du 15 Septembre 2018 : Pr jacquy Chemouni

« La pensée psychosomatique : histoire et paradigmes »

Psychologue, Psychanalyste, il a été Professeur de Psychologie clinique et de Psychopathologie à l’Université de Caen, Docteur en Histoire, auteur de nombreux ouvrages parmi lesquels : « Psychosomatique de l’enfant et de l’adulte » (Nathan 2000, In Press 2010), « La conversion de la psyché en soma » (In Press 2012), « Winnicott et la psychosomatique » (In Press 2016). Ses travaux sur le jeu d’oppositions complémentaires que sous-tendent et engagent ces notions de psyché et soma en font un expert reconnu de la médecine psychosomatique.


Il est par ailleurs directeur de la Collection « Freud à la lettre » aux éditions In Press.

Dans cette intervention, le Pr Jacquy Chemouni explore l’évolution des modèles de pensée en psychosomatique, avec une toute particulière attention au paradigme posé par Pierre Marty dans ses deux ouvrages fondamentaux « Les mouvements individuels de vie et de mort, (1976) » et « L’ordre psychosomatique (1980)« , dans la poursuite de la réflexion psychosomatique inaugurée par l’Ecole de Paris.

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15.09.2018 – Intervention – Andrea Ferrero – La théorie de l’attachement

Intervention du 15 Septembre 2018 : Dr Andrea Ferrero

« La théorie de l’attachement et ses perspectives dans la relation patient-thérapeute »

Le Dr Andrea Ferrero est Psychiatre, Psychothérapeute et Psychanalyste Didacticien adlérien et Tuteur de l’école de Spécialité en Psychiatrie de l’Université de Turin. Il est également Président de l’Association Adlerian Psychodynamic Psychotherapies –Training and Research (APPs-TR), membre du CA national de la Société Italienne de Psychothérapie Médicale et Responsable de la Section Internationale Theory & Research de l’IAIP
(International Association of Individual Psychology).


Il est également auteur de maintes publications dont en français “Une psychothérapie modulée sur le fonctionnement psychopathologique. Le modèle sur-mesure de la psychothérapie psychodynamique adlérienne », aux éditions L’Harmattan, 2014, Paris.

La théorie de l’attachement, développée par John Bowlby, en parallèle aux travaux de Donald Winnicott, a changé radicalement la perspective d’observation de l’enfant en psychanalyse freudienne. Adler avait déjà souligné l’importance pour le développement psychique, du milieu extérieur, relationnel et d’hygiène, et insisté sur le rôle déterminant joué par la mère dans sa capacité d’entrer en contact avec son enfant, en lui apportant les soins nécessaires, dont sa tendresse, pour satisfaire son Zärtlichkeitsbedürfnis (besoin
de tendresse) prodromique au Gemeinschaftsgefühl (sentiment d’appartenance) qui ouvre et fonde le sentiment social comme principe équilibrant du psychisme. Ces principes ont été développés de manière autonome, continue et spécialisée depuis les années 1950 par la théorie de l’attachement, devenue aujourd’hui un paradigme à part entière, et comme tel développé de manière intégrative par de multiples techniques et
écoles de pensée, comme nous le voyons ici avec la conférence du Dr Andrea Ferrero.

La théorie de l’attachement peut ainsi constituer une aide complémentaire aux outils médicaux du médecin généraliste face à la crise psychopathologique débutante et insidieuse, lorsque le patient adulte, autant que l’enfant ou le bébé, souffre sans comprendre et exprime cette souffrance par un comportement dysfonctionnel et/ou par le corps qui psychosomatise.

Dans cette présentation, le Dr Ferrero aborde les théories de Bowlby et Ainsworth jusqu’à Fonagy aujourd’hui, à travers le prisme adlérien : “Comment les perspectives biologiques et relationnelles de l’attachement se reflètent dans la relation entre médecin (ou psychologue) et patient ?”

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Le corps et l’esprit

Le corps et l’esprit, selon Alfred Adler

« La meilleure clé que nous ayons jusqu’à présent pour comprendre les différences psychologiques est l’examen du degré de la capacité à coopérer » – Alfred Adler (1870-1937)

« Derrière des capacités très exceptionnelles, nous trouverons, non pas un héritage génétique exceptionnel, mais un intérêt et un entrainement soutenus. » – Alfred Adler (1870-1937)

portrait alfred adler

Interactions entre l’esprit et le corps

« Les hommes ont toujours débattu pour savoir si l’esprit gouverne le corps ou si le corps gouverne l’esprit. Les philosophes ont participé à la controverse et pris l’une ou l’autre position ; ils se sont appelés eux-mêmes idéalistes ou matérialistes ; ils ont soulevé des arguments par milliers ; et la question semble toujours aussi délicate et plus controversée que jamais. La psychologie individuelle est peut-être à même de proposer une solution ; car en psychologie individuelle, nous sommes souvent confrontés à de vives interactions entre l’esprit et le corps. L’esprit et le corps du patient sont là pour être traités. Et si notre traitement est mal fondé, nous échouerons à l’aider. Notre théorie doit absolument évoluer à partir de l’expérience et doit absolument supporter l’épreuve de la clinique. Nous évoluons parmi ces interactions et le plus grand défi à relever est de trouver le bon angle de vue. »

Un être en mouvement

« Les découvertes de la psychologie individuelle éliminent une grande partie du stress causé par ce problème. Nous sommes au-delà d’un simple choix sélectif. Nous savons que l’esprit et le corps sont deux expressions de la vie ; les deux font partie intégrante de la vie. Et nous commençons à comprendre leurs relations réciproques au sein de cet ensemble. La vie de l’homme est celle d’un être en mouvement ; développer seulement son corps ne lui suffirait pas. Une plante est enracinée : elle reste au même endroit et ne peut pas bouger. Il serait donc très surprenant de découvrir qu’une plante a un esprit ; à tout le moins un esprit tel que nous l’entendons. Si la plante avait la faculté de prévoir ou d’anticiper (p. 25) les conséquences, cette faculté lui serait inutile. Quel avantage aurait la plante à pouvoir se dire : « Voici quelqu’un qui arrive. Dans une minute, il va me piétiner et je serai morte sous ses pieds » ? Elle serait toujours incapable de se déplacer pour éviter le problème. »

« Ainsi, tous les êtres en mouvement peuvent prévoir et évaluer la direction dans laquelle ils doivent se déplacer ; cet état de fait oblige à postuler qu’ils possèdent un esprit ou une âme.

« Du sens, vous en avez sûrement
Sinon vous ne pourriez-vous mouvoir. »
[Hamlet, acte III, scène 4]

« L’anticipation de la direction du mouvement est le principe central de l’esprit. Dès que nous l’avons compris, nous sommes en mesure de savoir que l’esprit régit le corps – il fixe l’objectif du mouvement. Le simple fait d’initier n’importe quand un mouvement aléatoire ne peut suffire : cet effort doit avoir un but. Comme c’est à l’esprit qu’il appartient de décider du point vers lequel le mouvement doit être fait, l’esprit occupe la position dominante dans la vie humaine. En même temps, le corps influence l’esprit ; c’est le corps qui doit être mis en mouvement » (p. 26).

« l’esprit ne peut déplacer le corps qu’en fonction des possibilités que possède le corps et de celles qu’il peut être entraîné à développer. Si, par exemple, l’esprit propose de déplacer le corps vers la lune, il échouera, à moins de découvrir une technique adaptée aux limites corporelles » (p. 27).

Le but : la ligne d’orientation

« Seul l’enfant qui désire contribuer à la société, et dont l’intérêt n’est pas centré sur lui-même, peut se former avec succès pour compenser ses défauts. Si l’enfant désire uniquement se débarrasser de ses difficultés, il ne pourra que reculer. Il ne peut garder courage que s’il a un objectif en regard de ses efforts et si la réalisation de cet objectif est plus importante pour lui que les obstacles à franchir. Il s’agit de savoir vers où sont dirigés son intérêt et son attention. S’il s’efforce d’atteindre un objectif extérieur à lui-même, il s’entraînera tout naturellement pour le réaliser. Les difficultés surmontées ne devraient représenter que des positions à conquérir (p. 36) sur la voie du succès. Si, par ailleurs, son attention se porte sur ses propres limites ou sur la lutte contre ces limites, et uniquement pour s’en libérer, il ne pourra réaliser de réels progrès. Une main droite maladroite ne peut devenir une main droite habile juste en y pensant, en souhaitant qu’elle soit moins maladroite, ou même en évitant la maladresse. Cela ne peut se faire que par l’exercice de réalisations pratiques ; et l’encouragement à la réalisation doit être ressenti plus profondément que le découragement ressenti jusqu’ici à cause de cette maladresse. Si l’enfant doit mobiliser son potentiel et surmonter ses difficultés, il doit avoir un objectif qui le pousse à se dépasser ; un objectif basé sur l’intérêt pour la réalité, l’intérêt pour les autres et l’intérêt pour la coopération …. »

La compensation, un processus dynamique

« Aujourd’hui, il serait difficile de nier que l’esprit puisse influencer le cerveau. L’expérience a montré des cas où un individu ayant perdu la capacité de lire ou d’écrire à cause d’une lésion de l’hémisphère gauche, a pu récupérer cette capacité grâce à l’entrainement d’autres parties du cerveau. Il arrive souvent qu’un individu subisse un AVC et qu’il soit impossible de réparer la partie endommagée du cerveau. Et pourtant, d’autres parties du cerveau compensent, restaurent les fonctions des organes et accomplissent à nouveau les facultés du cerveau. Ceci est particulièrement important pour aider – (p. 43) à comprendre les possibilités de l’application pédagogique de la psychologie individuelle. Si l’esprit peut exercer une telle influence sur le cerveau ; si le cerveau n’est que l’outil de l’esprit – son outil le plus important, mais toujours son outil -, nous pouvons trouver des moyens de développer et d’améliorer cet outil. Quiconque né avec un certain niveau de cerveau ne doit pas rester inévitablement lié à ce niveau toute sa vie : il y a des méthodes pour rendre le cerveau mieux adapté à la vie… (p. 44).

Le style de vie, la loi du mouvement

« Ici, la psychologie individuelle nous donne un indice particulier dans notre perspective éducative et thérapeutique. Nous ne devons jamais traiter un seul symptôme ou une seule pathologie : nous devons découvrir l’erreur commise dans tout le style de vie, dans la manière dont l’esprit a interprété ses expériences, dans le sens qu’il a donné à la vie et dans les actions avec lesquelles il a répondu aux impressions reçues du corps et de l’environnement. C’est là la vraie tâche de la psychologie. On ne peut pas parler de psychologie quand on enfonce des épingles dans la peau d’un enfant pour voir à quelle distance il saute, ou le chatouiller pour voir comme il rit. Ces façons de faire, si courantes chez les psychologues modernes, peuvent en fait nous dire quelque chose de la psychologie d’un individu ; mais seulement dans la mesure où elle donne l’indication (p. 47) d’un style de vie fixe et particulier. Le style de vie est le sujet propre de la psychologie et le matériel à étudier ; les écoles qui s’occupent d’un autre sujet sont concernées principalement par la physiologie ou la biologie. Cela est vrai pour ceux qui étudient les stimuli et les réactions ; ceux qui tentent de retracer l’effet d’un traumatisme ou d’une expérience choquante ; et ceux qui examinent les capacités héritées pour comprendre comment elles se transmettent. En psychologie individuelle, cependant, nous considérons la psyché elle-même, l’esprit unifié ; nous examinons le sens que les individus donnent au monde et à eux-mêmes, leurs objectifs, la direction de leurs efforts et les approches qu’ils adoptent face aux problèmes de la vie. La meilleure clé que nous possédons jusqu’à présent pour comprendre les différences psychologiques est donnée par l’examen du degré de la capacité à coopérer » (p. 48).

L’intérêt, un moteur stimulé par l’encouragement

« Le facteur le plus important dans le développement des capacités intellectuelles est l’intérêt, et nous avons vu à quel point l’intérêt peut-être bloqué, non pas par l’hérédité, mais par le découragement et la peur de l’échec. Il est sans doute vrai que la structure même du cerveau est dans une certaine mesure héritée, mais le cerveau est l’instrument et non pas la source de l’esprit, alors à condition que le défaut ne soit trop handicapant pour le surmonter avec nos connaissances actuelles, le cerveau peut être entraîné pour compenser ce défaut. Derrière des capacités très exceptionnelles, nous trouverons non pas un héritage exceptionnel, mais un intérêt et un entrainement soutenus (p. 145).

* Alfred Adler (1870-1937), What life should mean to you, 1931/1933. Edité par Alan Porter. Extraits choisis par Carroll R. Thomas, Ph.D. Traduits par M.P. Beaufront.

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